Entretien agence d’intérim : les 8 questions clés

Une femme à lunettes mène un entretien face à un candidat, de part et d'autre d'un bureau

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Entretien en agence d’intérim : les 8 questions qui décident vraiment

Un entretien en agence d’intérim ressemble à un entretien d’embauche et n’en est pas un. En face de vous, quelqu’un qui ne recrute pas pour un poste mais pour un portefeuille de missions. Au 27 septembre 2026, Adecco publie 4 289 offres actives sur 291 métiers et 90 départements, CRIT sur 381 métiers : votre interlocuteur cherche à savoir où il pourra vous placer, pas si vous collez à une fiche de poste. Voici les huit questions qui en découlent, et ce qu’elles cachent.

Une femme à lunettes mène un entretien face à un candidat, de part et d'autre d'un bureau
37 288 offres en intérim au 27 septembre 2026, soit un quart de notre index : l’agence est une porte d’entrée majeure. — Photo : Vitaly Gariev / Unsplash

Ce qu’une agence est réellement, en chiffres

Avant les questions, comprenez à qui vous parlez. Au 27 septembre 2026, notre index compte 37 288 offres en intérim sur 151 221 offres actives, soit un quart du marché. Les agences en sont les premiers employeurs déclarés de toute notre base. Toutes graphies confondues :

  • Adecco : 4 289 offres actives — 3 311 en intérim, 788 en CDI, 148 en CDD ;
  • Manpower : 3 956 offres — 2 989 en intérim, 754 en CDI ;
  • CRIT : 3 785 offres — 2 981 en intérim, 734 en CDI ;
  • Randstad : 2 736 offres — 2 296 en intérim, 358 en CDI ;
  • Synergie : 2 028 offres — 1 665 en intérim, 273 en CDI ;
  • Proman : 1 972 offres — 1 793 en intérim, 128 en CDI ;
  • Adéquat : 1 935 offres — 1 718 en intérim, 189 en CDI.

Deux enseignements. D’abord, une agence vend aussi du CDI : 788 offres chez Adecco, 734 chez CRIT. Se présenter en agence n’est donc pas renoncer à la stabilité. Ensuite, la largeur du catalogue explique tout le déroulé de l’entretien : un chargé de recrutement qui couvre 291 métiers ne peut pas vous interroger sur la technique de chacun. Il vous interroge sur ce qui décide du placement — disponibilité, mobilité, habilitations, polyvalence.

Un dernier chiffre pour situer l’enjeu : les sept enseignes ci-dessus totalisent à elles seules plus de 20 000 offres actives, sur un index qui en compte 151 221 et qui recense 40 130 employeurs nommés. Aucune entreprise industrielle, aucune enseigne de distribution n’atteint ce niveau de volume. C’est pourquoi un entretien d’agence réussi vaut plusieurs candidatures spontanées : il vous inscrit dans le vivier de l’acteur qui publie le plus.

Les 8 questions qui décident du placement

1. « Quelles sont vos disponibilités ? »

C’est la première, et c’est la plus lourde. Elle n’a pas l’air d’une question d’évaluation : elle en est une. Une mission se pourvoit parfois pour le lendemain matin, et le candidat retenu est celui qui peut y aller.

Ce qu’il faut dire : une réponse datée et bornée. « Je suis disponible immédiatement, du lundi au samedi, et j’accepte les 2×8. Je ne peux pas faire de nuit avant janvier. » Une contrainte annoncée franchement ne vous écarte pas ; une contrainte découverte la veille d’une mission, oui.

2. « Jusqu’où êtes-vous prêt à vous déplacer ? »

Les agences sont des réseaux nationaux : Randstad publie dans 96 départements, Proman dans 95, Manpower dans 93. La question mesure le rayon dans lequel votre dossier sera sorti.

Ce qu’il faut dire : un rayon en kilomètres et en temps de trajet, plus une mention de votre moyen de transport. « 40 kilomètres, soit 45 minutes, avec mon véhicule personnel. Au-delà, si la mission dure plus de trois semaines. » Donner un rayon large sans le tenir est la première cause de rupture de confiance avec une agence.

3. « Avez-vous des habilitations, des CACES, des permis ? »

Question centrale, et voici pourquoi elle tombe toujours : les annonces, elles, n’en parlent presque jamais. Sur les offres de cariste, la conduite d’un chariot élévateur dans le respect des normes de sécurité n’est citée que par 6 % des offres de la famille (échantillon de 1 308) ; chez les soudeurs, les techniques de soudage n’apparaissent que dans 3 % et la lecture de plans dans 3 % (échantillon de 655). Le recruteur d’agence sait que l’annonce ne le dit pas. Il vous le demande donc de vive voix, parce que c’est ce qui rend une mission facturable sans formation préalable.

Ce qu’il faut dire : la liste, avec les numéros de catégorie et les dates de validité. « CACES R489 catégories 1A et 3, valides jusqu’en mars 2028. Habilitation électrique B0. Permis B depuis 2009. » Si vous n’en avez aucune, dites-le et demandez lesquelles l’agence finance — beaucoup le font pour placer un candidat qu’elles veulent garder.

Un homme conduit un chariot élévateur dans l'allée d'un entrepôt
La conduite de chariot n’est citée que par 6 % des offres de cariste : c’est en entretien que l’agence vérifie le CACES. — Photo : fr0ggy5 / Unsplash

Le cas des habilitations périmées

Une habilitation expirée vaut une habilitation absente, et c’est un motif de refus immédiat au moment de l’affectation. Vérifiez vos dates avant le rendez-vous et apportez les cartes : un CACES dont vous annoncez la validité de mémoire, sans la carte, sera traité comme un CACES à repasser. Les recyclages coûtent une journée et sont souvent pris en charge par l’agence dès lors qu’elle a une mission à vous confier.

4. « Sur quels postes vous voyez-vous ? »

Le piège est de répondre par un seul intitulé. L’agence cherche l’inverse : l’étendue. Les métiers qui reviennent le plus dans les catalogues sont d’ailleurs presque toujours les mêmes — préparateur de commandes, cariste, manutentionnaire, magasinier, agent de conditionnement, assembleur monteur. Chez Adecco, l’agent de conditionnement pèse 490 offres à lui seul ; chez Manpower, l’assembleur monteur 376 ; chez CRIT, le préparateur de commandes 160.

Ce qu’il faut dire : un poste principal, puis deux postes voisins que vous accepteriez, en les nommant avec les intitulés du métier. « Préparateur de commandes en priorité. J’accepte aussi magasinier et manutentionnaire — j’ai déjà fait du chargement et du tri de colis. »

5. « Parlez-moi de votre dernière expérience »

Question classique, attente particulière. Le chargé de recrutement n’écoute pas votre trajectoire : il écoute des gestes qu’il pourra recopier dans la fiche de mission. Nos mesures montrent ce que les offres réclament vraiment :

  • Préparateur de commandes (échantillon de 1 259) : « charger, décharger, manutentionner des produits » 98 %, « prélever les produits selon les instructions de préparation » 96 % ;
  • Manutentionnaire (échantillon de 823) : charger et décharger 99 %, gestes et postures de manutention 96 %, trier et répartir les colis 93 % ;
  • Agent de conditionnement (échantillon de 855) : inspecter visuellement les produits finis 99 %, conditionner des produits 98 %, approvisionner une machine 96 % ;
  • Assembleur monteur (échantillon de 604) : vérifier le montage 99 %, positionner et fixer les pièces 98 %, contrôler la qualité 33 %.

Ce qu’il faut dire : trois phrases, trois gestes, un volume. « Sur ma dernière mission, je préparais 180 colis par jour au scan vocal, je chargeais les palettes au transpalette électrique, et je signalais les non-conformités au chef d’équipe. » La méthode complète pour construire ce type de réponse est dans notre article sur la présentation en entretien.

Vaste entrepôt logistique rempli de cartons empilés sur plusieurs niveaux de rayonnages
« Charger, décharger, manutentionner des produits » apparaît dans 98 % des offres de préparateur de commandes, sur un échantillon de 1 259. — Photo : Alberto Rodríguez / Unsplash

6. « Le travail posté, le port de charges, le froid : c’est possible pour vous ? »

Ce n’est pas une question de curiosité, c’est une question de responsabilité. L’agence est votre employeur juridique : elle répond des conditions dans lesquelles elle vous envoie travailler. Les gestes et postures de manutention apparaissent dans 96 % des offres de manutentionnaire — l’agence a intérêt à savoir avant, pas après.

Ce qu’il faut dire : la vérité, précisément. « Le port de charges jusqu’à 25 kilos, sans problème. Le froid positif, oui. Le surgelé, non, j’ai une contre-indication. » Cacher une limite pour obtenir une mission finit par une mission interrompue et un dossier abîmé.

7. « Quelles sont vos prétentions ? »

En intérim, la marge est étroite, et vous pouvez la connaître à l’avance. Voici les médianes du brut mensuel relevées sur les offres chiffrées des six derniers mois :

  • Préparateur de commandes : 1 900 € de médiane, fourchette 1 867–2 000 € (2 717 offres chiffrées) ;
  • Cariste : 1 941 €, fourchette 1 868–2 059 € (1 945 offres) ;
  • Magasinier : 1 975 €, fourchette 1 875–2 084 € (2 360 offres) ;
  • Soudeur : 2 048 €, fourchette 1 957–2 123 € (636 offres) ;
  • Agent de conditionnement : 1 875 €, fourchette 1 867–1 975 € (2 024 offres) ;
  • Manutentionnaire : 1 869 €, fourchette 1 867–1 975 € (1 926 offres).

Les médianes des agences elles-mêmes confirment cet étalement : Adecco affiche 1 916 € de médiane sur 2 210 offres chiffrées, Manpower 1 961 € sur 3 220, CRIT 1 995 € sur 3 607, Synergie 1 975 € sur 1 876.

Ce qu’il faut dire : un taux horaire, pas un salaire annuel, et n’oubliez pas ce qui s’ajoute. « Je me situe à 12,50 € brut de l’heure sur ce type de poste. J’imagine que s’ajoutent l’indemnité de fin de mission et l’indemnité de congés payés. » Mentionner ces deux indemnités vous fait passer pour quelqu’un qui connaît le cadre. Pour convertir ces montants, notre outil de conversion du salaire brut en net fait le calcul.

8. « Avez-vous des questions ? »

Ne la traitez pas comme une politesse de sortie : c’est la seule où vous mesurez la qualité de l’agence. Trois questions suffisent, et elles portent toutes sur le concret.

  1. « Combien de missions correspondant à mon profil avez-vous ouvertes en ce moment, et dans quel rayon ? »
  2. « Sous quel délai me rappelez-vous, et par quel canal ? »
  3. « Financez-vous des habilitations — CACES, habilitation électrique — pour les intérimaires que vous placez régulièrement ? »

Notre article sur les questions à poser au recruteur couvre les autres situations d’entretien ; en agence, ces trois-là suffisent.

Deux ouvriers en gilet de haute visibilité examinent des plans sur un chantier
Randstad publie dans 96 départements, Proman dans 95, Manpower dans 93 : le rayon que vous annoncez décide de ce qu’on vous propose. — Photo : RONNAKORN TRIRAGANON / Unsplash
Deux femmes se serrent la main de part et d'autre d'un bureau à la fin d'un entretien
Le chargé de recrutement qui vous reçoit gère un catalogue de 291 à 381 métiers : il vous reverra pendant des années. — Photo : Vitaly Gariev / Unsplash

Les trois erreurs qui coûtent le plus cher en agence

  • Annoncer une mobilité qu’on ne tient pas. Un refus de mission à 50 kilomètres après en avoir annoncé 60 sort votre dossier de la liste courte pendant des semaines.
  • Se présenter avec un seul intitulé. Face à un catalogue de 291 à 381 métiers, un candidat mono-poste est un candidat difficile à placer.
  • Traiter l’agence comme un guichet. Le chargé de recrutement qui vous reçoit vous reverra pendant des années. C’est une relation, et elle se cultive par un appel toutes les deux semaines, pas par dix relances en trois jours.

Après l’entretien : ce qui se passe réellement

Vous ne repartez presque jamais avec une mission. Vous repartez inscrit dans un vivier, et c’est là que la suite se joue. Trois gestes utiles dans les quarante-huit heures :

  1. Envoyez un message court qui redonne vos disponibilités, votre rayon et vos habilitations en trois lignes. Notre modèle de mail de remerciement après entretien s’adapte en changeant l’objet.
  2. Inscrivez-vous dans deux autres agences. Les catalogues se recoupent peu : Adecco met en avant l’agent de conditionnement, Manpower l’assembleur monteur, Gojob le métier de facteur avec 92 offres. Trois inscriptions triplent réellement votre exposition.
  3. Rappelez au bout de dix jours, une fois, en citant le métier et le rayon. Pas pour demander où ça en est : pour signaler que vous êtes toujours disponible.

Si l’agence vous propose un poste en CDI plutôt qu’une mission, l’entretien qui suivra sera un entretien classique, chez le client. Le guide complet de l’entretien d’embauche reprend alors la main.

Une femme signe un document tandis qu'une autre personne présente les papiers sur la table
Un contrat de mission se signe avant le premier jour travaillé : exigez-le, c’est votre seul document opposable. — Photo : Gabrielle Henderson / Unsplash

Vos questions sur l’entretien en agence d’intérim

Comment se déroule un entretien en agence d’intérim ?

En vingt à trente minutes, dans les locaux de l’agence ou en visio. Le chargé de recrutement vérifie votre identité et vos documents, passe en revue vos disponibilités, votre mobilité et vos habilitations, puis balaie vos expériences pour repérer les gestes réutilisables. Il ne teste presque jamais la technique métier : son catalogue est trop large pour cela — de 291 à 381 métiers chez les grandes enseignes.

Faut-il apporter un CV en agence d’intérim ?

Oui, et un CV orienté gestes plutôt que parcours. Listez les tâches, les volumes, les machines et les habilitations, avec les intitulés exacts des métiers visés. Notre guide complet du CV détaille la structure ; en agence, la partie compétences pèse plus lourd que la chronologie.

Une agence d’intérim propose-t-elle des CDI ?

Oui, et bien plus qu’on ne l’imagine. Au 27 septembre 2026, nous comptons 788 offres en CDI publiées sous le nom d’Adecco, 754 sous celui de Manpower et 734 sous celui de CRIT. À cela s’ajoute le CDI intérimaire, qui vous salarie en continu entre les missions. Demandez explicitement si l’agence en propose.

Combien gagne-t-on en intérim ?

Les médianes mesurées sur les offres chiffrées des six derniers mois vont de 1 869 € brut par mois pour manutentionnaire à 2 048 € pour soudeur, la plupart des postes logistiques se situant entre 1 875 et 1 975 €. S’y ajoutent l’indemnité de fin de mission, égale à 10 % de la rémunération brute totale, et l’indemnité compensatrice de congés payés, égale à 10 % également.

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