Questions d’entretien de serveur : les 8 qui tombent vraiment, salle par salle
Les questions d’entretien de serveur ne sont pas les mêmes en brasserie, dans un restaurant gastronomique, derrière un bar ou au comptoir d’une enseigne de restauration rapide. Au 15 octobre 2026, 2 020 offres de notre index portent l’intitulé « serveur », et 2 255 celui d’équipier polyvalent. Leurs exigences diffèrent nettement d’une salle à l’autre. Voici les huit questions qui en découlent, et comment y répondre.
2 020 offres portent l’intitulé « serveur » au 15 octobre 2026, dans des salles aux exigences différentes. — Photo : Viktor SOLOMONIK / Unsplash
Pourquoi « serveur » recouvre au moins quatre métiers
La méthode est celle de notre article sur les questions d’entretien par métier : une question d’entretien se déduit d’une compétence que l’annonce écrit noir sur blanc. Nous avons mesuré ces compétences, en pourcentage des offres de chaque famille métier, pour quatre types de salle :
Brasserie et restaurant traditionnel (1 753 offres mesurées) : accueillir et installer le client 98 %, mise en place de la salle 95 %, service des plats à table 95 %, prise de commande 41 %, conseil sur les plats et les boissons 28 % ;
Restaurant gastronomique (chef de rang, 87 offres mesurées, échantillon mince) : prise de commande 89 %, conseil au client 87 %, en plus des trois gestes de base ;
Bar (209 offres mesurées) : accueil 93 %, service en salle 81 %, hygiène du bar 11 %, ambiance 9 %, réglementation des débits de boissons 5 % ;
Restauration rapide (équipier polyvalent, 1 470 offres mesurées) : nettoyage des lieux 96 %, assemblage de plats simples 90 %, produits de snacking 86 %.
La différence la plus nette tient en deux chiffres : la prise de commande passe de 41 % des annonces en brasserie à 89 % en gastronomie, et le conseil de 28 % à 87 %. Plus la salle monte en gamme, plus le serveur devient un vendeur. Notre pilier traitait déjà trois questions de brasserie — le coup de feu, la mise en place, le plat renvoyé ; celles qui suivent sont différentes.
Brasserie : les 3 questions de la salle
Dans la grande majorité des annonces, trois gestes reviennent au-dessus de 95 % : accueillir, mettre en place, servir. Le recruteur d’une brasserie vérifie que vous les maîtrisez dans l’ordre, et sans trou.
1. « Le restaurant est complet, un couple arrive sans réservation. Que leur dites-vous ? »
L’accueil est cité dans 98 % des annonces : c’est la compétence la plus constante du métier. Cette question teste l’accueil quand il n’y a rien à offrir, la situation où il compte le plus.
Formulation à reprendre : « Je les salue tout de suite, même si je suis occupé, pour qu’ils ne restent pas seuls à l’entrée. Je leur dis franchement que la salle est complète, je donne un délai réaliste si une table se libère, et je propose une alternative : le bar en attendant, une heure plus tard, ou une réservation pour un autre jour. »
2. « Par quel côté servez-vous une assiette, et par lequel débarrassez-vous ? »
Le service des plats à table figure dans 95 % des annonces. C’est la question technique la plus simple à poser, et un débutant peut la réussir s’il l’a préparée.
La règle enseignée en école hôtelière : on sert l’assiette par la droite, on débarrasse par la droite ;
le service au plat, quand on présente un plat dans lequel on sert le client, se fait par la gauche ;
les boissons se servent par la droite.
Ajoutez une phrase qui montre votre souplesse : « Je m’adapte aux habitudes de la maison, et je ne débarrasse jamais une assiette tant que toute la table n’a pas terminé. » Ce détail rassure plus qu’une récitation.
3. « Vous prenez la commande d’une table de six. Comment vous assurez-vous que chaque plat arrive à la bonne personne ? »
La prise de commande n’est citée que dans 41 % des annonces de brasserie, souvent parce qu’elle passe par une tablette ou une caisse. La question vise pourtant un défaut classique : le serveur qui arrive avec six assiettes et demande « Qui a pris le tartare ? ».
Les trois éléments d’une bonne réponse
Numéroter les places selon un repère fixe, par exemple à partir de la place la plus proche de l’entrée, dans le sens des aiguilles d’une montre ;
Noter la commande par numéro de place, sur le carnet ou la tablette ;
Servir sans poser de question, dans l’ordre que la maison a fixé.
En gastronomie, la prise de commande figure dans 89 % des annonces de chef de rang, contre 41 % en brasserie. — Photo : Ronan / Unsplash
Gastronomie : les 2 questions du chef de rang
Dans les annonces de chef de rang, deux compétences presque absentes ailleurs deviennent la norme : prendre la commande (89 %) et conseiller le client (87 %). Celles de maître d’hôtel insistent sur les « techniques du service en salle », citées dans 86 % des 124 offres mesurées. Les échantillons sont minces — 87 et 124 offres —, mais la tendance est nette.
4. « Présentez-moi notre plat signature comme vous le feriez à table. »
Le recruteur ne teste pas votre mémoire, mais votre capacité à donner envie en quinze secondes. Avant l’entretien, lisez la carte en ligne et choisissez un plat. Puis structurez votre présentation en trois temps :
le produit principal et son origine si la carte la mentionne ;
la cuisson ou la préparation, en un mot ;
l’accompagnement, puis une suggestion de vin ou de boisson.
Exemple : « Un filet de bar de ligne, cuit sur la peau, servi avec un risotto au citron. Il se marie très bien avec un blanc sec de Loire. » Préparer cette réponse, c’est aussi montrer que vous avez regardé la maison : le recruteur le remarque toujours.
5. « Un client vous demande quel vin accompagne son plat, et vous ne connaissez pas toute la carte. Que faites-vous ? »
Le conseil sur les boissons et les plats est cité dans 87 % des annonces de chef de rang. La question teste votre honnêteté autant que vos connaissances. La pire réponse est d’inventer.
Formulation à reprendre : « Je propose ce que je connais avec certitude, en restant dans l’accord le plus classique. Si le client veut aller plus loin, je fais appel au sommelier ou au maître d’hôtel, et je profite du service pour apprendre. » Montrez que vous connaissez au moins les accords de base — blanc sec et poisson, rouge léger et viande blanche, rouge charpenté et viande rouge — et que vous savez passer la main.
Le conseil au client est cité dans 87 % des annonces de chef de rang, contre 28 % pour les serveurs de brasserie. — Photo : Sylvester Sabo / Unsplash
Bar : les 2 questions du comptoir
Derrière le bar, l’accueil reste dominant (93 %), mais deux sujets apparaissent qu’on ne voit guère en salle : l’hygiène du bar et la réglementation des débits de boissons. Ils pèsent peu en pourcentage, 11 % et 5 %, mais ce sont ceux qui engagent l’établissement.
6. « Un client a visiblement trop bu et vous redemande un verre. Que faites-vous ? »
La loi interdit de servir des boissons alcoolisées à une personne manifestement ivre, et c’est l’établissement qui en répond. Le recruteur veut savoir si vous refuserez, et comment.
Refuser calmement, sans humilier, à voix basse et sans témoin si possible ;
Proposer une alternative : un soft, de l’eau, quelque chose à manger ;
Prévenir le responsable si le client insiste, et ne jamais rester seul face à une situation qui dégénère.
7. « Comment gardez-vous votre bar propre en plein coup de feu ? »
« Maintenir une hygiène irréprochable du bar et des équipements » figure dans 11 % des annonces de barman. La réponse attendue est une routine continue, pas un grand ménage de fin de service : essuyer le comptoir à chaque verre servi, rincer les ustensiles entre deux cocktails, vider les égouttoirs et les poubelles avant qu’ils débordent, garder le plan de travail dégagé. Concluez par la fermeture : stock vérifié, frigos rangés par date, bar prêt pour l’équipe suivante.
Hygiène du bar (11 %) et réglementation des débits de boissons (5 %) : peu cités, mais ce sont eux qui engagent l’établissement. — Photo : Lila Jimenez / Unsplash
Restauration rapide : la question de l’équipier
Le métier d’équipier polyvalent n’est pas celui de serveur, mais beaucoup de candidats passent de l’un à l’autre. Ses annonces ont un profil à part : le service à table disparaît, et la propreté passe devant tout.
8. « Il n’y a aucun client pendant dix minutes. Que faites-vous ? »
« Entretenir, nettoyer un espace » est cité dans 96 % des 1 470 annonces mesurées, devant l’assemblage de plats simples (90 %) et la connaissance des produits de snacking (86 %). La remise de la commande au client n’arrive qu’à 14 %. Le recruteur pose cette question pour savoir si vous attendrez les bras croisés.
Formulation à reprendre : « Je nettoie ce qui en a besoin — tables, comptoir, sols autour des caisses —, je réapprovisionne mon poste pour le prochain rush, et je vérifie les dates des produits. S’il ne reste rien à faire, je demande à mon manager où il a besoin de moi. »
En restauration rapide, 96 % des annonces citent le nettoyage, devant l’assemblage des plats (90 %). — Photo : Harrison Plouzek / Unsplash
Ce que chaque salle paie, d’après nos offres
Les salaires bruts mensuels affichés par les offres des six derniers mois (premier quartile / médiane / troisième quartile, offres chiffrées) suivent la même hiérarchie que les compétences :
Équipier polyvalent de restauration rapide : 1 867 / 1 867 / 1 885 € (3 356 offres) ;
Entre l’équipier et le chef de rang, la médiane progresse de plus de 400 €. En brasserie, l’écart entre le premier et le troisième quartile dépasse 230 € : il y a une vraie marge de discussion, que notre article pour parler salaire en entretien vous aide à formuler. Ces chiffres n’incluent pas les pourboires ni les avantages en nature, comme les repas, que les annonces mentionnent sans les chiffrer.
Où les offres se trouvent en ce moment
Sur les vingt départements que nous avons interrogés, Paris arrive en tête avec 79 offres de serveur, suivi de près par la Savoie (75), puis le Nord (52), l’Hérault et le Var (45 chacun) et la Haute-Savoie (44). À la mi-octobre, la présence des deux départements alpins ressemble au recrutement de la saison d’hiver : c’est notre lecture, pas une mesure. Autre trait du métier : ses 2 052 offres sont publiées par 1 558 employeurs distincts. Presque chaque restaurant recrute pour lui-même, ce qui rend la candidature spontanée particulièrement efficace.
Préparer ces 8 questions en une soirée
Identifiez le type de salle : brasserie, gastronomie, bar ou restauration rapide.
Lisez la carte en ligne et choisissez un plat à présenter, avec sa boisson.
Révisez les règles de service : côté de service, ordre de débarrassage, numérotation des places.
Préparez un exemple vécu par question, avec un chiffre : nombre de couverts, de tables, de cocktails par soirée.
Quelles questions pose-t-on lors d’un entretien de serveur ?
Elles dépendent de la salle. En brasserie : l’accueil, la mise en place et le service, tous cités dans plus de 95 % des annonces. En gastronomie : la prise de commande (89 %) et le conseil (87 %). Au bar : l’hygiène et la réglementation. En restauration rapide : le nettoyage, cité dans 96 % des offres.
Faut-il de l’expérience pour être serveur ?
Pas en brasserie ni en restauration rapide, où les gestes s’apprennent vite : un job d’été, un extra ou une expérience associative suffisent à les illustrer. En gastronomie, le conseil sur les plats et les vins suppose une formation ou plusieurs saisons de service, d’où des salaires plus élevés.
Quel salaire demander pour un poste de serveur ?
Sur 3 997 offres chiffrées, la médiane est de 1 896 € brut mensuels, et le troisième quartile de 2 102 €. Demander le haut de la fourchette est raisonnable avec de l’expérience. Un chef de rang peut viser 2 300 €, médiane mesurée sur 276 offres. Les pourboires et les repas s’ajoutent.
Comment se présenter en entretien de serveur ?
En deux minutes : votre expérience de salle, le type d’établissement où vous avez servi, un chiffre (couverts par service, tables tenues), puis la raison qui vous amène dans cette maison. Terminez par votre disponibilité, notamment les soirs et les week-ends : c’est souvent la première chose que le recruteur veut savoir.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Préparateur de commandes : 8 chiffres à connaître avant de postuler en entrepôt
Le métier de préparateur de commandes recrute partout, mais pas comme on l’imagine. Au 15 octobre 2026, 1 895 offres actives de notre index relèvent de ce métier, et les mêmes chiffres reviennent : deux gestes exigés dans la quasi-totalité des annonces, neuf offres sur dix publiées par une agence d’intérim, un salaire serré autour de 1 900 € brut. Voici les huit mesures à connaître avant d’envoyer votre candidature, et ce qu’elles changent pour vous.
1 895 offres actives relèvent du métier de préparateur de commandes au 15 octobre 2026. — Photo : Lance Chang / Unsplash
Comment nous avons mesuré le métier
Les chiffres de cet article viennent tous de la base d’offres de Matchemploi, interrogée le 15 octobre 2026. Elle compte ce jour-là 155 891 offres actives, toutes sources confondues. Pour le préparateur de commandes, nous avons croisé trois lectures :
le code métier (fiche ROME N1103, « préparation de commandes ») : 1 895 offres actives, dont 1 320 portent l’intitulé exact ;
les compétences écrites dans les annonces, mesurées sur un échantillon de 1 207 offres qui les détaillent ;
les salaires affichés sur six mois d’offres France Travail, soit 3 773 annonces chiffrées.
Une précaution vaut pour toute la suite : ces chiffres décrivent ce que les employeurs écrivent. Ils ne disent rien des horaires réels, de la cadence ou de l’ambiance d’un entrepôt, que nos données ne contiennent pas. Nous le signalons chaque fois que la tentation de conclure plus loin se présente.
1. 98 % et 96 % : deux gestes, et presque rien d’autre
La première mesure est la plus frappante. Sur les 1 207 annonces qui détaillent leurs compétences, deux reviennent presque systématiquement :
« Charger, décharger, manutentionner des produits » : 98 % des offres ;
« Prélever les produits selon les instructions de préparation de commande et constituer les colis » : 96 %.
Puis plus rien. La troisième compétence, « préparer les commandes en suivant les procédures », tombe à 4 %. Le conditionnement est à 3 %, le suivi des stocks sur informatique, l’inventaire et les gestes et postures de manutention à 1 % chacun.
Ce que cela veut dire pour votre candidature
Les annonces de préparateur de commandes sont standardisées : elles reprennent la définition du métier et s’arrêtent là. Un recruteur n’attend donc pas une liste de dix compétences. Il attend la preuve que vous savez faire les deux gestes, et que vous les tenez dans la durée. Sur un CV, cela s’écrit en une ligne concrète plutôt qu’en adjectifs :
« Préparation de 120 à 150 colis par poste, au scanner, en entrepôt de produits frais » ;
« Chargement et déchargement de semi-remorques, filmage et étiquetage des palettes ».
Si vous n’avez jamais travaillé en entrepôt, notre guide pour remplir un CV sans expérience montre comment traduire un job étudiant ou un déménagement associatif dans ce langage.
2. 90 % : la porte d’entrée est une agence d’intérim
Qui publie ces offres ? Nous avons classé les 200 premiers employeurs du métier, qui totalisent 1 255 offres. 140 d’entre eux sont des agences d’intérim, et ils publient à eux seuls 1 128 offres, soit 90 % du volume.
140 des 200 premiers employeurs du métier sont des agences d’intérim, et publient 90 % de leurs offres. — Photo : Remy Gieling / Unsplash
Les agences qui recrutent le plus
Les volumes ci-dessous fondent les graphies d’un même nom quand l’agence publie sous plusieurs enseignes :
CRIT : 143 offres (CRIT Intérim 76, CRIT 67) ;
Proman : 121 offres, réparties sur 44 départements ;
Manpower : 115 offres (Manpower France 68, Manpower 47) ;
Adecco : 105 offres (Adecco 70, Adecco France 35) ;
Randstad : 87 offres, dans 42 départements ;
Synergie : 84 offres, dans 42 départements.
Viennent ensuite Adéquat (39), Iziwork (36), Partnaire (32) et Start People (27). Le métier compte 632 employeurs distincts, mais la demande visible est concentrée dans une douzaine de réseaux.
Ce que cela change pour vous
Postuler à une annonce d’agence, c’est rarement postuler à un poste précis : c’est entrer dans un vivier. L’agence vous rappellera pour la mission du moment, puis pour la suivante. Il est donc plus efficace de s’inscrire dans deux ou trois agences proches de chez vous que de répondre à vingt annonces identiques. Et l’entretien d’agence obéit à ses propres règles, que nous détaillons dans notre article sur l’entretien en agence d’intérim.
3. 10 % : le CDI existe, mais il est rare
Sur les 1 255 offres des 200 premiers employeurs, la répartition des contrats est sans appel :
intérim : 1 080 offres, soit 86 % ;
CDI : 120 offres, soit 10 % ;
CDD : 43 offres ;
alternance : 12 offres, portées notamment par un GEIQ, un CFA et quelques agences.
Pour comparaison, le CDI pèse 46 % de l’ensemble de notre base, tous métiers confondus (71 269 offres sur 155 891). Le préparateur de commandes est donc l’un des métiers où l’intérim domine le plus nettement.
Où trouver les CDI directs
Les employeurs « en direct » sont rares et publient peu chacun. Parmi eux : Leader Temps Partagé, qui propose 8 CDI, Lidl (7 offres, dont 4 CDI), le distributeur alimentaire Sysco (4), Elior Restauration et le transporteur STEF (3 chacun). Une partie des CDI publiés par les agences elles-mêmes sont des CDI intérimaires : notre analyse du CDI intérimaire explique ce que ce contrat garantit, et ce qu’il ne garantit pas.
La stratégie la plus fréquente reste l’embauche à l’issue d’une mission : un intérimaire fiable, sur un site qui recrute, finit souvent par se voir proposer un contrat. Nos données ne permettent pas de chiffrer ce passage, nous ne le chiffrerons donc pas.
4. 1 884 € : un salaire au plancher, et seulement 108 € d’écart
Sur 3 773 offres chiffrées publiées ces six derniers mois, le salaire brut mensuel du préparateur de commandes s’établit ainsi :
premier quartile : 1 867 € ;
médiane : 1 884 € ;
troisième quartile : 1 975 €.
Moins de 110 € séparent une offre du quart bas d’une offre du quart haut. C’est l’une des fourchettes les plus serrées de notre salaire par métier : le fixe se négocie peu. Ce qui fait varier la fiche de paie, ce sont les éléments que l’annonce mentionne parfois et que nos chiffres ne captent pas — primes de froid, de nuit ou d’équipe, heures supplémentaires, prime de productivité. Pour passer du brut au net, notre simulateur de salaire brut en net fait le calcul.
Sur 3 773 offres chiffrées, moins de 110 € séparent le premier et le troisième quartile. — Photo : Thomas Rodriguez / Unsplash
Ce que paient les départements qui recrutent le plus
Mesurés sur les seules offres de chaque département (premier quartile / médiane / troisième quartile, offres chiffrées) :
Loire-Atlantique : 1 867 / 1 972 / 2 059 € (111 offres), la médiane la plus haute du lot ;
Nord : 1 867 / 1 867 / 1 941 € (131 offres), où la médiane se confond avec le plancher.
L’écart entre départements ne dépasse pas une centaine d’euros sur la médiane. Déménager pour gagner davantage n’a donc guère de sens dans ce métier ; choisir le bon entrepôt, avec ses primes, en a beaucoup plus.
5. 80 offres : où se trouvent les entrepôts qui recrutent
Les offres se concentrent le long des grands axes logistiques, loin des centres-villes. Les dix départements qui en comptent le plus au 15 octobre :
Ille-et-Vilaine : 80 offres ;
Rhône : 70 ;
Nord : 70 ;
Eure-et-Loir : 66 ;
Isère : 58 ;
Ain : 53 ;
Somme : 52 ;
Pas-de-Calais : 47 ;
Loiret : 46 ;
Loire-Atlantique : 46.
Ensemble, ils réunissent 588 offres, soit 31 % du total. À l’inverse, Paris n’en compte que 2 et les Hauts-de-Seine 5, quand la Seine-et-Marne en affiche 41 et l’Essonne 20. Le métier vit en périphérie, là où le foncier permet de grands bâtiments.
Ce que cela suppose côté transport
Un entrepôt de grande périphérie est rarement desservi aux heures de prise de poste, surtout en équipe du matin ou de nuit. Des annonces le disent à leur manière, en demandant un « véhicule » ou « permis B ». Nous ne pouvons pas chiffrer cette exigence, mais vérifiez le trajet avant de postuler : c’est souvent lui, plus que le salaire, qui décide si un poste est tenable.
6. Moins de 1 % : le CACES n’est presque jamais écrit
On lit partout que le CACES est indispensable pour travailler en entrepôt. Les annonces de préparateur de commandes disent autre chose : aucune certification de conduite ne figure parmi les quinze compétences les plus citées, dont la dernière pèse 1 %. Même chez les caristes, « conduire un chariot élévateur en respectant les normes de sécurité » n’est écrit que dans 7 % des annonces (échantillon de 1 288 offres).
Notre lecture, qui n’est pas une mesure : le CACES est rarement écrit parce qu’il est vérifié ailleurs, au moment de l’inscription en agence ou de l’accueil sur site. Le préparateur de commandes utilise souvent un transpalette électrique, qui relève de la catégorie 1A du CACES R489 (transpalettes à conducteur porté et préparateurs de commandes au sol). Le posséder ne vous sera pas toujours demandé, mais il vous fera passer devant.
Le CACES est rarement écrit dans les annonces, mais il ouvre l’accès aux postes de cariste. — Photo : Andy Sartori / Unsplash
7. 2 333 € : les postes vers lesquels évoluer
Le préparateur de commandes n’est pas un métier sans suite. Trois évolutions se dessinent dans nos données, chacune avec son salaire médian mesuré sur six mois :
Cariste : 1 867 / 1 919 / 2 048 € (2 740 offres chiffrées). L’accès passe par le CACES R489, catégorie 3 pour les chariots frontaux, finançable par le CPF ;
Magasinier : 1 868 / 1 972 / 2 075 € (3 307 offres). Le métier ajoute la gestion des stocks, citée dans 6 % des annonces seulement : la marche est courte ;
Chef d’équipe logistique : 2 137 / 2 333 / 2 708 € (430 offres). C’est le premier vrai saut de salaire, environ 450 € de médiane au-dessus du préparateur.
Pour mesurer le chemin, comparez aussi avec le manutentionnaire, payé 1 867 / 1 868 / 1 975 € (2 775 offres) : le préparateur gagne un peu plus parce qu’il prélève et contrôle, pas seulement parce qu’il porte. Si vous envisagez de financer un CACES ou un titre professionnel, notre sélection des formations CPF qui débouchent recense celles qui mènent à des métiers qui recrutent.
8. Ce que nos chiffres ne disent pas
Un article honnête doit aussi dire ses limites. Trois réalités du métier échappent à nos mesures :
la cadence : beaucoup d’entrepôts fixent un nombre de colis ou de lignes par heure. Les annonces le mentionnent rarement de manière structurée ;
les horaires : travail en équipe, de nuit, le week-end, dans le froid pour les produits frais. Rien de tout cela n’est un champ exploitable de nos offres ;
la pénibilité : le port de charges est implicite dans les 98 % de « manutentionner », mais son poids réel varie d’un entrepôt à l’autre.
Demandez ces trois points à l’agence ou au chef d’équipe avant d’accepter une mission. Ce ne sont pas des questions déplacées : ce sont celles d’un candidat qui compte rester.
Décrocher un poste de préparateur de commandes en 5 étapes
Repérez les entrepôts à moins de trente minutes de chez vous, en tenant compte des horaires de prise de poste.
Inscrivez-vous dans deux ou trois agences parmi celles qui publient le plus dans votre département.
Écrivez un CV d’une page qui illustre les deux gestes exigés, avec un chiffre par expérience.
Préparez l’entretien d’agence : disponibilités, mobilité, permis, expérience du scanner.
Visez la mission qui embauche : demandez dès le départ si le site recrute en CDI à l’issue des missions.
S’inscrire dans deux ou trois agences proches de chez soi vaut mieux que répondre à vingt annonces identiques. — Photo : Kat von Wood / Unsplash
Si ce métier est pour vous une étape de reconversion, notre guide de la reconversion professionnelle détaille les dix étapes, du bilan au premier emploi.
Vos questions sur le métier de préparateur de commandes
Quel est le salaire d’un préparateur de commandes ?
Sur 3 773 offres chiffrées publiées ces six derniers mois, le salaire brut mensuel médian est de 1 884 €, avec un premier quartile à 1 867 € et un troisième quartile à 1 975 €. Les primes de nuit, de froid ou de productivité, que ces chiffres n’incluent pas, font l’essentiel de la différence entre deux postes.
Faut-il un diplôme pour devenir préparateur de commandes ?
Non. Aucune certification ne figure parmi les compétences les plus citées par les annonces, qui exigent surtout de savoir manutentionner (98 %) et prélever selon les instructions (96 %). Un CACES R489, catégorie 1A, reste un atout : il vous fait passer devant les candidats qui n’en ont pas.
Peut-on trouver un CDI de préparateur de commandes ?
Oui, mais il est rare : 10 % des offres des 200 premiers employeurs du métier, contre 86 % d’intérim. La voie la plus courante passe par une mission d’intérim sur un site qui recrute. Les employeurs en direct, comme les enseignes de la distribution ou les transporteurs, publient peu d’offres chacun.
Où recrute-t-on le plus de préparateurs de commandes ?
Dans les départements logistiques : Ille-et-Vilaine (80 offres au 15 octobre 2026), Rhône et Nord (70 chacun), Eure-et-Loir (66), Isère (58). Paris n’en compte que 2. Les entrepôts sont installés en périphérie, ce qui rend souvent le permis ou un véhicule nécessaire.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
CDI intérimaire : ce que 4 161 CDI publiés par 14 agences révèlent
Le CDI intérimaire promet la stabilité d’un CDI sans quitter le monde de l’intérim. Mais qui en propose vraiment, pour quels métiers, et à quel prix ? Au 6 octobre 2026, les quatorze grandes agences d’intérim que nous suivons publient 4 161 offres en CDI, sur 27 031 annonces. Nous les avons passées au crible, métier par métier : le résultat contredit l’idée d’un CDI ouvert à tous les intérimaires. Voici ce qu’il dit, et ce que le contrat change pour vous.
Les quatorze grandes agences d’intérim publient 4 161 offres en CDI au 6 octobre 2026. — Photo : Adrian Sulyok / Unsplash
Le CDI intérimaire, en quelques lignes
Le CDI intérimaire est un contrat à durée indéterminée signé avec une agence d’emploi, et non avec l’entreprise où vous travaillez. L’agence vous détache en missions successives chez ses clients et reste votre employeur entre deux missions. Il est né d’un accord de la branche du travail temporaire en 2013, et la loi du 5 septembre 2018 l’a inscrit durablement dans le Code du travail (articles L1251-58-1 et suivants).
Ce que le contrat change, par rapport à l’intérim classique :
Vous êtes payé entre deux missions, au titre d’une rémunération mensuelle minimale garantie, qui ne peut être inférieure au SMIC ;
vous perdez l’indemnité de fin de mission, la « prime de précarité » de 10 %, puisque votre emploi n’est plus précaire ;
votre contrat fixe un périmètre de mobilité et les emplois que vous pouvez occuper : une mission conforme à ces termes ne se refuse pas comme en intérim classique ;
une même mission ne peut dépasser 36 mois chez un même client.
Ces règles sont la partie connue du sujet. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est l’usage que les agences font réellement du CDI. Pour le savoir, nous avons regardé leurs offres.
Ce que publient les 14 grandes agences
Nous avons mesuré, le 6 octobre 2026, toutes les offres actives des quatorze réseaux d’intérim les plus présents dans notre index, toutes agences locales confondues. Le tableau les classe par volume :
Agence
Offres
Dont CDI
Part de CDI
Adecco
4 216
766
18 %
CRIT
4 095
777
19 %
Manpower
3 808
800
21 %
Randstad
2 889
401
14 %
Synergie
2 112
311
15 %
Proman
1 947
142
7 %
Adéquat
1 736
173
10 %
Actual
1 707
286
17 %
Partnaire
1 187
182
15 %
Start People
899
115
13 %
Iziwork
811
84
10 %
Gojob
623
1
0 %
Triangle
516
55
11 %
Temporis
485
68
14 %
Trois enseignements :
Environ une offre d’agence sur sept est un CDI (15 %). Pas une exception, donc, mais loin de la règle : dans l’ensemble de notre index, le CDI pèse 46 % des offres ;
Manpower, CRIT et Adecco publient à eux trois 2 343 CDI, soit 56 % des CDI d’agence mesurés ;
Gojob n’en publie aucun, ou presque : un seul sur 623 offres. Proman, pourtant présent dans 100 départements, reste à 7 %.
Ces volumes sont des planchers : environ 12 % des offres de notre index ne nomment pas leur employeur, et une agence peut publier sans son nom.
La limite qu’il faut connaître : CDI intérimaire ou CDI chez le client ?
Une offre en CDI publiée par une agence peut recouvrir deux contrats très différents :
un CDI intérimaire, signé avec l’agence, qui vous enverra en missions ;
un recrutement en CDI pour le compte d’un client : l’agence trie les candidats, mais le contrat est signé directement avec l’entreprise, et l’agence sort du jeu.
Les données de diffusion ne distinguent pas les deux : le champ « type de contrat » indique « CDI » dans les deux cas. Les noms sous lesquels les agences publient le rappellent : « Adéquat Intérim et Recrutement » (260 offres), « Randstad Professional » (145), ou encore une agence Synergie qui signe ses annonces « Synergie Intérim CDD CDI ». Nous ne pouvons donc pas vous dire combien de ces 4 161 offres sont des CDI intérimaires. Ce que nous pouvons mesurer, en revanche, c’est pour quels métiers les agences publient du CDI. Et c’est là que le résultat devient instructif.
Une offre en CDI publiée par une agence peut être un CDI intérimaire ou un recrutement direct pour un client. — Photo : Amina Atar / Unsplash
Le CDI d’agence va aux métiers qualifiés, pas à la manutention
Nous avons croisé les offres des cinq premières agences (Adecco, Manpower, CRIT, Randstad, Synergie) avec leurs principaux métiers, code ROME par code ROME. La part de CDI varie de 2 % à près de 50 % selon le poste.
Les métiers où l’agence propose le CDI
Technicien de maintenance industrielle : 143 CDI sur 299 offres, soit 48 % (Adecco 54 sur 104, CRIT 42 sur 85, Synergie 26 sur 49, Randstad 21 sur 61) ;
Agent d’entretien du bâtiment chez Manpower : 40 CDI sur 84 offres, 48 % également ;
Usineur : 68 CDI sur 334 offres, soit 20 % ;
Responsable de ligne de production chez Adecco : 15 sur 97, soit 15 %.
Les métiers où il reste exceptionnel
Magasinier : 48 CDI sur 427 offres, 11 % ;
Assistant administratif : 21 sur 259, 8 % ;
Agent de conditionnement : 29 sur 642, moins de 5 % ;
Assembleur monteur : 26 sur 712, 4 % ;
Préparateur de commandes : 18 sur 598, 3 % ;
Agent de production alimentaire : 11 sur 442, 2 % ;
Le contraste est net : un technicien de maintenance a une chance sur deux de se voir proposer un CDI par l’agence, un cariste une sur cinquante. Notre lecture, que les données suggèrent sans la démontrer : les agences réservent le CDI aux profils rares, qu’elles veulent garder, ou qu’un client leur demande de recruter durablement. Les métiers de la logistique, où les candidats sont nombreux et les besoins fluctuants, restent dans le circuit de la mission.
Ce que cela change pour vous : si vous êtes cariste ou préparateur de commandes, attendre qu’une agence vous propose un CDI intérimaire est un pari faible. Mieux vaut viser le CDI directement chez un employeur : en grande distribution, par exemple, Super U publie 81 % de ses offres en CDI, et Lidl plus encore. Si vous êtes technicien, en revanche, vous êtes en position de le demander.
Ce que les annonces exigent dans les deux cas
Les compétences mesurées sur toute la famille de chaque métier confirment la différence de qualification. Le préparateur de commandes est décrit par deux gestes, « charger, décharger » (98 % des 1 246 offres mesurées) et « prélever selon les instructions » (97 %), puis plus rien au-dessus de 5 %. L’assembleur monteur, par quatre gestes de montage et de surveillance des machines, tous entre 97 et 99 % (609 offres). Ce sont des postes où l’on forme un nouvel arrivant en quelques jours. Le technicien de maintenance industrielle relève d’une qualification autrement plus longue à acquérir, et son salaire le reflète, comme le montre la partie suivante.
Le salaire : ce que vous gagnez, et ce que vous perdez
Le CDI intérimaire ne change pas votre taux horaire en mission : la loi impose de vous payer comme un salarié du client à poste égal. Il change ce qui s’y ajoute.
Les salaires affichés par les agences
Sur toutes leurs offres chiffrées, contrats confondus, les grandes agences affichent des médianes resserrées (brut mensuel, premier quartile / médiane / troisième quartile) :
Pour les métiers où le CDI d’agence se rencontre le plus, l’écart est net : le technicien de maintenance industrielle affiche une médiane de 2 417 € chez Adecco (47 offres chiffrées), 2 292 € chez Synergie (48) et 2 199 € chez CRIT (84). L’agent d’entretien du bâtiment, 2 375 € chez Manpower (81). Le cariste, lui, plafonne à 1 919 € chez CRIT (131) et 1 888 € chez Adecco (59). Notre étude des salaires par métier situe ces montants dans l’ensemble du marché.
Le calcul de la prime de précarité
En intérim classique, chaque fin de mission vous rapporte une indemnité de 10 % de la rémunération brute de la mission. En CDI intérimaire, elle disparaît. Sur une médiane de 1 995 €, celle de CRIT, c’est environ 200 € brut par mois de mission que vous ne toucherez plus.
En échange, vous êtes payé quand vous ne travaillez pas. Le calcul dépend donc de votre rythme :
si vous enchaînez les missions sans interruption, l’intérim classique vous rapporte davantage ;
si vous connaissez des creux réguliers, de plusieurs semaines par an, la rémunération garantie entre deux missions peut compenser la prime perdue ;
si vous cherchez un logement ou un crédit, le CDI pèse plus lourd que la différence de salaire auprès d’un bailleur ou d’une banque.
Un technicien de maintenance a une chance sur deux de se voir proposer un CDI par l’agence. — Photo : Sam Moghadam / Unsplash
Comment obtenir un CDI intérimaire
Puisque l’agence le réserve aux profils qu’elle veut garder, le CDI intérimaire se gagne plus souvent qu’il ne se trouve dans une annonce. Cinq étapes :
Repérez le mot exact. Une annonce qui mentionne « CDI intérimaire » ou « CDII » parle du contrat d’agence ; « CDI chez notre client » ou « recrutement » désigne un placement direct.
Faites vos preuves en mission. L’agence propose le CDI à l’intérimaire dont les clients redemandent le nom.
Tenez vos habilitations à jour. CACES, habilitations électriques, permis : ce sont elles qui vous rendent plaçable partout, donc rentable en CDI.
Posez la question à votre chargé de recrutement. Après quelques mois de missions réussies, la demande est légitime, surtout dans un métier qualifié. Les règles d’une négociation salariale réussie s’y appliquent.
Lisez le périmètre de mobilité avant de signer. C’est la clause qui décide de vos futurs trajets : une mission à l’intérieur de ce périmètre ne se refuse pas.
L’entretien d’inscription en agence se prépare comme un entretien d’embauche. Notre article sur l’entretien en agence d’intérim détaille les huit questions qui y décident du placement.
Le CDI intérimaire se demande souvent au chargé de recrutement après quelques mois de missions réussies. — Photo : Vitaly Gariev / Unsplash
Les questions à poser avant de signer
Quel est le montant exact de la rémunération mensuelle minimale garantie entre deux missions ?
Quel est le périmètre de mobilité, en kilomètres ou en temps de trajet ?
Quels emplois le contrat mentionne-t-il, et pourra-t-on vous proposer d’autres postes ?
Comment sont gérés les congés payés et les formations pendant les périodes sans mission ?
Ces questions relèvent de la même logique que celles à poser à tout employeur : notre liste de questions à poser au recruteur vous aidera à compléter la vôtre. Et si vous changez de métier après 45 ans, l’intérim reste l’une des portes les plus larges, comme nous l’avons montré dans notre article sur la reconversion après 45 ans.
Vos questions sur le CDI intérimaire
Qu’est-ce qu’un CDI intérimaire ?
C’est un contrat à durée indéterminée signé avec une agence d’intérim, qui vous détache en missions successives chez ses clients. Entre deux missions, vous restez salarié de l’agence et percevez une rémunération mensuelle minimale garantie, au moins égale au SMIC. En contrepartie, vous ne touchez plus la prime de fin de mission de 10 %.
Quelles agences proposent des CDI ?
Au 6 octobre 2026, Manpower publie 800 offres en CDI, CRIT 777 et Adecco 766. À l’inverse, Gojob n’en publie qu’une sur 623 offres. Attention : une offre en CDI d’agence peut être un CDI intérimaire ou un recrutement direct chez un client ; lisez l’annonce et posez la question.
Peut-on refuser une mission en CDI intérimaire ?
Une mission qui correspond aux emplois et au périmètre de mobilité prévus par votre contrat ne se refuse pas librement : un refus injustifié peut vous être reproché. Une mission hors de ces termes, en revanche, peut être déclinée. D’où l’importance de lire ces clauses avant de signer.
Le CDI intérimaire est-il mieux payé que l’intérim ?
Non, à mission égale, il l’est un peu moins : vous perdez l’indemnité de fin de mission de 10 %, soit environ 200 € brut par mois sur un salaire de 1 995 €. Vous gagnez en revanche un salaire entre deux missions. Le CDI intérimaire devient avantageux si vous connaissez des périodes sans mission.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Travailler chez Super U : 239 offres, 12 métiers et les salaires mesurés
Vous envisagez de travailler chez Super U ? Au 6 octobre 2026, notre index compte 239 offres actives publiées par des magasins de l’enseigne, dont 194 en CDI, soit 81 %. Ce sont surtout des postes de rayon, de caisse et de métiers de bouche, publiés magasin par magasin : chez Super U, chaque point de vente recrute pour lui-même. Voici les douze métiers concernés, les salaires réellement affichés, ce que les annonces exigent, et la manière de candidater auprès d’un patron indépendant.
239 offres actives portent le nom d’un magasin Super U dans notre index au 6 octobre 2026. — Photo : Peter Bond / Unsplash
Super U en cinq nombres
Avant d’entrer dans le détail, voici ce que disent nos données, mesurées le 6 octobre 2026 sur l’ensemble des offres actives de notre index :
239 offres portent le nom de Super U, sous 47 graphies différentes (« Super U », « SUPER U », « Super U Vivonne », « Super U Langeac »…) ;
194 sont en CDI (81 %), 39 en CDD, 3 en alternance, aucune en intérim ;
238 viennent de France Travail, une seule d’un autre diffuseur : les magasins publient eux-mêmes, directement ;
72 offres affichent un salaire (30 %), pour une médiane de 1 868 € brut mensuels ;
12 métiers réunissent au moins trois offres chacun, et le rayon en concentre à lui seul 69.
Un rappel de méthode, qui vaut pour toute cette série : environ 12 % des offres de notre index ne nomment pas leur employeur. Tous les volumes par enseigne sont donc des planchers. Il y a au moins 239 offres Super U en ligne, peut-être davantage.
Un réseau d’indépendants : ce que cela change pour vous
Super U n’est pas une entreprise unique avec un service de recrutement central. C’est une enseigne de la Coopérative U, dont chaque magasin appartient à un commerçant associé. Le directeur du magasin est aussi son propriétaire, ou l’un de ses proches collaborateurs. Ce modèle se lit directement dans nos données.
Chaque magasin recrute pour lui-même
Les 47 graphies du nom en sont la trace : près d’une offre sur trois porte le nom de la commune du magasin, les autres le seul « Super U ». Il n’existe pas de portail carrière unique qui centraliserait toutes ces offres. Trois conséquences pour vous :
vous écrivez à une personne, le directeur ou le responsable du rayon, pas à un service RH anonyme ;
les conditions — horaires, salaire, avantages — varient d’un magasin à l’autre, même à quelques kilomètres ;
la candidature spontanée fonctionne mieux qu’ailleurs, puisqu’elle arrive directement sur le bureau de la personne qui embauche.
Super U, Hyper U, U Express : trois enseignes, un même modèle
La Coopérative U exploite plusieurs formats. Nous les avons mesurés séparément, car leurs annonces sont signées séparément : 27 offres pour Hyper U (18 CDI, 9 CDD) et 32 pour U Express (21 CDI, 9 CDD). Si vous visez le réseau U dans son ensemble, comptez donc au moins 298 offres, dont 233 en CDI. Le reste de cet article porte sur les seuls magasins Super U, le format le plus représenté.
Les contrats : quatre offres sur cinq en CDI
Avec 81 % de CDI, Super U se range parmi les enseignes qui embauchent le plus en contrat durable, derrière Lidl et Aldi mais devant Intermarché et loin devant Carrefour. Voici la comparaison, mesurée le même jour sur les mêmes bases :
Enseigne
Offres
Part de CDI
Alternance
Salaire affiché
Lidl
397
93 %
9
88 %
Aldi
87
91 %
1
48 %
Super U
239
81 %
3
30 %
Intermarché
384
79 %
14
42 %
Carrefour
374
54 %
82
58 %
Auchan
124
35 %
64
32 %
E.Leclerc, autre réseau d’indépendants, est absent du tableau : la recherche sur son nom ramasse aussi les offres d’une agence de voyages homonyme, et le chiffre ne serait pas fiable.
Peu d’alternance, et aucune mission d’intérim
Deux traits distinguent Super U. D’abord, 3 offres d’alternance seulement, contre 82 chez Carrefour et 64 chez Auchan : si vous cherchez un contrat d’apprentissage, notre article sur Carrefour en alternance vous sera plus utile. Ensuite, aucune offre d’intérim sous le nom de l’enseigne : les magasins embauchent en direct. Le CDD, lui, existe (39 offres, 16 %), et pèse le plus lourd à la caisse, où il représente près d’une offre sur trois.
Le revers de ce modèle tient dans la dernière colonne. Seules 30 % des offres Super U affichent un salaire, la part la plus faible des six enseignes mesurées. Lidl en publie un dans 88 % de ses annonces. Chez un indépendant, le salaire se discute plus souvent en entretien qu’il ne s’écrit dans l’annonce.
Les 12 métiers qui recrutent chez Super U
Nous avons croisé chaque offre avec son code métier ROME, le répertoire de France Travail. Douze métiers réunissent au moins trois offres ; ensemble, ils en totalisent 204 sur 239.
Métier (code ROME)
Offres
CDI
CDD
Employé de rayon libre-service (D1507)
69
58
10
Hôte de caisse (D1505)
32
21
10
Vendeur en épicerie (D1106)
25
23
2
Boucher (D1101)
15
14
1
Chef de rayon produits alimentaires (D1502)
13
12
1
Préparateur au drive (N1113)
13
10
2
Attaché commercial (D1410)
10
7
3
Boulanger (D1102)
8
7
1
Pâtissier (D1104)
6
5
1
Chargé d’accueil (M1601)
6
4
2
Préparateur de commandes (N1103)
4
1
1
Poissonnier (D1105)
3
1
2
Les contrats d’une ligne ne totalisent pas toujours le nombre d’offres : quelques annonces portent un type de contrat que nous ne rangeons dans aucune de ces colonnes (saisonnier, par exemple).
Le rayon, porte d’entrée principale
Avec 69 offres, l’employé de rayon représente 29 % des recrutements Super U, et 84 % de ces postes sont en CDI. C’est le poste le plus accessible : aucun diplôme ne figure parmi les compétences les plus demandées dans cette famille de métiers. Le vendeur en épicerie (25 offres, 23 CDI) en est le cousin direct, avec davantage de contact client.
L’employé de rayon concentre 69 des 239 offres Super U, à 84 % en CDI. — Photo : Oxana Melis / Unsplash
Les métiers de bouche : une offre sur huit
Boucher, boulanger, pâtissier et poissonnier totalisent 32 offres, soit 13 % de l’ensemble. C’est la signature des supermarchés de proximité, qui gardent des comptoirs traditionnels. Ces postes se distinguent sur trois points.
Boucher : le premier métier qualifié de l’enseigne
Quinze offres, dont quatorze en CDI. C’est aussi le métier le mieux payé de la liste des postes d’employé : sur 549 offres chiffrées en France ces six derniers mois, la médiane atteint 2 150 € brut mensuels, près de 300 € au-dessus de celle du rayon.
Boulanger et pâtissier : la production sur place
Quatorze offres à eux deux, presque toutes en CDI. Au niveau national, les médianes s’établissent à 2 100 € pour le boulanger (824 offres chiffrées) comme pour le pâtissier (555).
Poissonnier : rare, et souvent en CDD
Trois offres seulement, dont deux en CDD : le rayon marée est le plus saisonnier des comptoirs.
Le boucher est le premier métier qualifié de l’enseigne : 15 offres, dont 14 en CDI. — Photo : Otto Freijser / Unsplash
Caisse, accueil et drive
L’hôte de caisse (32 offres) est le poste où le CDD pèse le plus : 10 offres sur 32, soit près d’un tiers. Le préparateur au drive (13 offres) et le chargé d’accueil (6) complètent ce pôle. Si vous débutez, ce sont, avec le rayon, les postes où l’on vous demandera le moins d’expérience.
Encadrement et commerce
Treize offres de chef de rayon produits alimentaires, dont douze en CDI, et dix offres d’attaché commercial. Ces dernières surprennent dans un supermarché : elles relèvent vraisemblablement des services traiteur, location ou vente aux professionnels que certains magasins développent. Nous ne pouvons pas le vérifier sur les seules données.
Les salaires affichés chez Super U
Sur les 72 offres Super U qui affichent un salaire, la fourchette est étroite : 1 867 € au premier quartile, 1 868 € en médiane, 2 035 € au troisième quartile, en brut mensuel. Autrement dit, la moitié des offres chiffrées se situe au plancher de la grille. C’est le même plancher, à l’euro près, que chez Intermarché, Carrefour et Aldi.
Ce que publient les magasins, métier par métier
Nous ne publions une fourchette qu’à partir de cinq offres chiffrées. Quatre métiers passent ce seuil chez Super U :
Employé de rayon : 1 867 / 1 867 / 1 871 € (28 offres chiffrées) ;
Pour le boucher, le chef de rayon et les autres métiers, moins de cinq annonces affichent un salaire : nous ne publions donc rien plutôt que d’estimer.
À la caisse, 10 offres Super U sur 32 sont des CDD. — Photo : sq lim / Unsplash
Le marché national pour les mêmes métiers
Pour situer ces chiffres, voici les fourchettes mesurées sur toutes les offres de France Travail qui affichent un salaire, toutes enseignes confondues, sur les six derniers mois (brut mensuel, premier quartile / médiane / troisième quartile) :
Métier
Fourchette nationale
Offres chiffrées
Employé de rayon
1 867 · 1 867 · 1 961 €
4 222
Hôte de caisse
1 867 · 1 867 · 1 919 €
1 359
Vendeur en épicerie
1 867 · 1 869 · 1 961 €
3 426
Préparateur au drive
1 867 · 1 867 · 1 960 €
203
Boucher
1 950 · 2 150 · 2 350 €
549
Boulanger
1 905 · 2 100 · 2 300 €
824
Pâtissier
1 900 · 2 100 · 2 300 €
555
Poissonnier
1 867 · 1 995 · 2 138 €
207
Chef de rayon produits alimentaires
2 300 · 2 430 · 2 601 €
498
Deux enseignements. Sur les postes d’employé, Super U paie comme le marché : ni plus, ni moins. L’écart réel se joue sur la boucherie, la boulangerie et l’encadrement, où les médianes nationales dépassent le plancher de 230 à 560 €. C’est là que l’entretien avec un patron indépendant laisse une vraie marge de discussion. Notre guide pour parler salaire en entretien vous y prépare, et notre comparatif des salaires à l’embauche vous aide à trier les annonces avant de postuler.
Ce que les annonces exigent, poste par poste
Les offres de France Travail listent des compétences normalisées. Nous avons mesuré leur fréquence sur toute la famille de chaque métier, toutes enseignes confondues. Ce sont les phrases que le directeur du magasin s’attend à vous entendre illustrer :
Employé de rayon (1 767 offres mesurées) : réceptionner une livraison 97 %, aménager l’espace de vente 97 %, étiqueter et contrôler le balisage 95 %. L’encaissement tombe à 3 %.
Hôte de caisse (524 offres) : encaissement 98 %, règles de tenue de caisse 97 %. L’accueil du client ne figure que dans 3 % des annonces : on attend de vous de la rigueur avant le sourire.
Vendeur en épicerie (1 730 offres) : entretenir et nettoyer l’espace 96 %, retirer les produits non conformes 18 %, encaissement 12 %.
Boucher (1 955 offres) : entretenir et nettoyer 85 %, découper, désosser, parer 12 %. L’hygiène écrase le geste technique dans l’annonce, mais pas dans l’essai en laboratoire.
Pâtissier (726 offres) : connaissance des farines et levures 95 %, façonnage 55 %, montage et décoration 37 %.
Chef de rayon (195 offres) : suivi des stocks 94 %, réception 79 %, stockage 74 %, traitement des commandes 67 %.
Le détail des questions qu’un recruteur de supermarché en tire figure dans notre article sur l’entretien en grande distribution, rayon par rayon.
Boulanger et pâtissier réunissent 14 offres Super U, presque toutes en CDI. — Photo : Liming Wang / Unsplash
Où postuler : les départements qui recrutent le plus
Les offres Super U se répartissent sur tout le territoire, avec une nette dominante dans l’Ouest et le Centre-Ouest. Les douze départements les plus actifs au 6 octobre 2026 :
Loire-Atlantique : 16 offres ;
Haute-Savoie : 11 ;
Alpes-Maritimes : 10 ;
Côtes-d’Armor, Haute-Loire, Indre-et-Loire et Tarn : 9 chacun ;
Maine-et-Loire : 8 ;
Dordogne, Deux-Sèvres, Vienne et Ille-et-Vilaine : 7 chacun.
Ces douze départements réunissent 109 offres, soit 46 % du total. Le reste se disperse à raison de quelques offres par département : dans la plupart des territoires, un magasin Super U recrute à un instant donné, rarement plusieurs.
Comment candidater chez un indépendant
Le modèle coopératif change la manière de postuler. Quatre étapes, dans l’ordre :
Repérez le magasin, pas l’enseigne. L’annonce porte souvent le nom de la commune : c’est ce magasin, et lui seul, qui recrute.
Adaptez votre CV aux compétences mesurées. Pour un poste de rayon, les mots « réception », « mise en rayon », « étiquetage » et « balisage » doivent y figurer. Si vous débutez, notre guide du CV sans expérience vous montre comment remplir la page.
Déposez-le en main propre si vous le pouvez. Demandez le responsable du rayon visé ou le directeur, en dehors des heures d’affluence (en début d’après-midi en semaine, par exemple). Dans un magasin indépendant, la personne qui reçoit votre CV est souvent celle qui décide.
Préparez un entretien court et concret. On vous parlera horaires, disponibilité le samedi, port de charges, travail en chambre froide pour les comptoirs. Nos questions d’entretien par métier couvrent le rayon, la caisse, la boucherie et la boulangerie.
Chez Super U, chaque magasin recrute pour lui-même : la candidature se joue localement. — Photo : Nathan Cima / Unsplash
Ce qu’un patron indépendant regarde en premier
La proximité : un candidat qui habite à dix minutes sera présent à 6 heures pour la mise en rayon, et le directeur le sait ;
La disponibilité : samedis, jours fériés, périodes de fêtes ;
La stabilité : avec 81 % de CDI, le magasin recrute pour durer, et cherche quelqu’un qui restera.
Pour comparer avec les autres enseignes, nos portraits de Lidl et d’Intermarché suivent la même méthode. Et pour l’ensemble de votre préparation, notre guide de l’entretien d’embauche reprend tout depuis le début.
Vos questions sur le travail chez Super U
Comment postuler chez Super U ?
Il n’existe pas de recrutement centralisé : chaque magasin, propriété d’un commerçant associé, embauche pour lui-même. Répondez aux offres qui portent le nom du magasin, ou déposez une candidature spontanée directement auprès de son directeur. Au 6 octobre 2026, 238 des 239 offres Super U de notre index sont diffusées par France Travail.
Quel est le salaire d’un employé chez Super U ?
Sur les 28 offres d’employé de rayon Super U qui affichent un salaire, la médiane est de 1 867 € brut mensuels, identique au marché national. Le boucher est mieux payé : 2 150 € de médiane au niveau national. Seules 30 % des offres Super U affichent un salaire, contre 88 % chez Lidl.
Super U embauche-t-il en CDI ?
Oui, très majoritairement : 194 offres sur 239 sont en CDI, soit 81 %, contre 54 % chez Carrefour. Le CDD (39 offres) se concentre sur la caisse, où il représente près d’un tiers des annonces. Aucune offre d’intérim n’est publiée sous le nom de Super U.
Peut-on faire une alternance chez Super U ?
C’est possible mais rare : 3 offres d’alternance seulement au 6 octobre 2026, contre 82 chez Carrefour et 64 chez Auchan. Une candidature spontanée auprès d’un magasin proche de votre centre de formation reste la meilleure piste, puisque chaque directeur décide seul.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Questions d’entretien de vendeur : les 10 qui tombent vraiment, univers par univers
Les questions d’entretien de vendeur ne sont pas les mêmes en boulangerie, en boutique de vêtements et en concession automobile. Au 1er octobre 2026, 6 427 offres de notre index portent l’intitulé « vendeur », et leurs exigences divergent d’un univers à l’autre : l’entretien des lieux domine dans 96 % des annonces alimentaires, la conclusion d’une vente pèse 52 % des annonces automobiles. Voici les dix questions qui en découlent, et comment y répondre.
6 427 offres portent l’intitulé « vendeur » au 1er octobre 2026, dans des univers aux exigences très différentes. — Photo : Clark Street Mercantile / Unsplash
Pourquoi « vendeur » recouvre au moins quatre métiers
Nous avons mesuré, pour chaque univers de vente, les compétences que les annonces exigent, en pourcentage des offres de la famille métier. La méthode est celle de notre article sur les questions d’entretien par métier : une question d’entretien se déduit d’une compétence écrite dans l’annonce. Le résultat, univers par univers :
Commerce alimentaire (boulangerie, épicerie, 1 899 offres mesurées) : « Entretenir, nettoyer un espace » 96 %, retirer les produits non conformes 18 %, encaissement 12 % ;
Prêt-à-porter (449 offres) : valoriser un produit 94 %, techniques de mise en rayon 91 %, aménager l’espace de vente 90 %, procédures d’encaissement 89 % ;
Téléphonie et équipement (600 offres) : valoriser un produit 95 %, mise en rayon 90 %, gestes et postures de manutention 83 % ;
Automobile (83 offres, échantillon mince) : conseil d’achat adapté au besoin 94 %, argumentaire technique 77 %, conclure la vente 52 %, estimer une reprise 41 %.
Sur l’ensemble des 2 948 offres de « vendeur » au sens large, c’est le nettoyage qui arrive en tête (62 %), devant la valorisation des produits (34 %) et la mise en rayon (32 %). Ce chiffre global masque des métiers très différents : préparer un entretien de vendeur sans savoir dans quel univers on postule, c’est préparer le mauvais entretien.
Une précaution : ces pourcentages portent sur les compétences que les annonces écrivent, pas sur tout ce que le recruteur attend. Ils disent ce que l’employeur a jugé assez important pour le formaliser. C’est précisément ce qui en fait de bonnes questions d’entretien.
Commerce alimentaire : les 2 questions du comptoir
Boulangerie, épicerie fine, primeur, rayon traditionnel : dans cet univers, l’annonce parle d’abord d’hygiène. Le métier de vendeur y est un métier de comptoir, où la propreté se voit et se contrôle.
1. « Comment préparez-vous votre comptoir à l’ouverture, et que faites-vous à la fermeture ? »
Avec 96 % des annonces qui citent l’entretien des lieux, c’est la question la plus probable de cet univers. Le recruteur ne cherche pas une profession de foi sur la propreté : il veut une routine, dans l’ordre.
Formulation à reprendre : « À l’ouverture, je nettoie la vitrine et le plan de travail, je contrôle les températures, je dispose les produits du jour en mettant en avant ceux qui doivent partir. À la fermeture, je retire les invendus, je nettoie le comptoir et les ustensiles, et je note ce qui a manqué dans la journée pour la commande du lendemain. »
2. « Un client vous signale un produit abîmé, ou dont la date est dépassée. Que faites-vous ? »
Retirer les produits non conformes figure dans 18 % des annonces alimentaires, contrôler l’état de conservation d’un produit périssable dans 10 %. La question mesure deux choses : votre réflexe sanitaire et votre gestion du client.
Remercier le client et lui proposer immédiatement un produit équivalent ou un remboursement ;
Retirer le produit de la vente, et vérifier le reste du lot ;
Signaler l’incident au responsable pour qu’il en trouve la cause.
Dire que vous vérifiez le reste du lot est le détail qui distingue un candidat préparé : il montre que vous traitez la cause, pas seulement le cas.
En commerce alimentaire, 96 % des annonces de vendeur citent l’entretien des lieux, avant tout geste de vente. — Photo : Ekaterina Tyapkina / Unsplash
Prêt-à-porter, chaussures, bijouterie : les 3 questions de la boutique
Ici, le profil s’inverse. Quatre compétences dépassent toutes 89 % : valoriser, mettre en rayon, aménager l’espace, encaisser. Dans les familles voisines (chaussures et bijouterie, 253 offres mesurées), on retrouve la même structure : valoriser un produit 99 %, mise en rayon 92 %, aménagement 90 %. C’est un métier de mise en scène autant que de conseil.
3. « Une nouvelle collection arrive ce matin. Comment l’installez-vous ? »
Aménager l’espace de vente (90 %) et valoriser les produits (94 %) se testent par cette question. Le recruteur attend une logique, pas un goût personnel.
Les trois éléments d’une bonne réponse
la visibilité : les nouveautés à l’entrée et en vitrine, là où le client passe en premier ;
la cohérence : des silhouettes complètes, par couleur ou par usage, pour suggérer la vente associée ;
la disponibilité : toutes les tailles en réserve repérées, pour ne jamais perdre une vente faute de taille.
4. « Le samedi après-midi, la boutique est pleine et les tables sont défaites. Comment tenez-vous le rayon ? »
Les techniques de mise en rayon sont citées dans 91 % des annonces. En boutique, le réassort et le pliage se font en pleine affluence, et c’est là qu’un vendeur se distingue. Répondez par une méthode : vous repliez au fil de l’eau entre deux clients, vous réapprovisionnez les tailles qui partent, et vous ne laissez jamais un client attendre pour plier une table. Le client d’abord, le rayon dans les creux.
5. « Une cliente veut échanger un article sans ticket. Que faites-vous à la caisse ? »
Les procédures d’encaissement figurent dans 89 % des annonces de prêt-à-porter, contre 12 % en alimentaire. En boutique, l’encaissement inclut les échanges, les retours, les avoirs et les cartes de fidélité. La bonne réponse commence par la règle du magasin, que vous demandez si vous ne la connaissez pas, et se termine par une solution pour la cliente : un échange contre un avoir, si la politique le permet, plutôt qu’un refus sec.
À dire : « J’applique la politique de retour du magasin. Si elle ne permet pas l’échange sans ticket, j’explique pourquoi et je cherche ce qui reste possible — retrouver l’achat par la carte de fidélité, proposer un avoir. Si la situation se tend, je fais appel au responsable plutôt que de prendre une décision qui n’est pas la mienne. »
En prêt-à-porter, valoriser, mettre en rayon, aménager et encaisser dépassent toutes 89 % des annonces. — Photo : Clark Street Mercantile / Unsplash
Téléphonie, équipement, sport : les 2 questions de la surface technique
La famille de la vente en téléphonie et en équipement (600 offres mesurées) réserve une surprise : « Gestes et postures de manutention » y apparaît dans 83 % des annonces, plus que l’encaissement (14 %). Côté sport, l’échantillon est mince (172 offres), mais la mise en rayon (90 %) et l’encaissement (79 %) dominent aussi, et 11 % des annonces demandent des réglages ou une maintenance de premier niveau.
6. « Vous recevez trente cartons à mettre en rayon avant l’ouverture. Comment vous organisez-vous ? »
Avec 83 % de manutention et 90 % de mise en rayon, la question est presque certaine. On attend trois points : contrôler la livraison avant de la ranger, prioriser ce qui manque en rayon, respecter les gestes et postures — dire que vous pliez les jambes et que vous ne portez pas seul une charge lourde n’est pas un détail, c’est une compétence écrite dans l’annonce.
7. « Vendez-moi ce produit. »
Valoriser un produit est cité dans 95 % des annonces de cette famille. Le recruteur vous tend un téléphone, un casque, une paire de chaussures de course, et vous laisse une minute. Le piège est de réciter des caractéristiques. La méthode qui fonctionne tient en trois temps :
Une question d’abord : « Pour quel usage le cherchez-vous ? » ;
Deux bénéfices liés à cet usage, pas dix caractéristiques ;
Une proposition de conclusion : « Voulez-vous l’essayer ? » ou « Je vous le prépare ? ».
Commencer par une question est ce qui sépare un vendeur d’un catalogue. Le recruteur le remarquera.
En téléphonie et équipement, la manutention figure dans 83 % des annonces, plus que l’encaissement. — Photo : Declan Sun / Unsplash
Automobile : les 3 questions de la concession
La vente automobile est le seul univers où la vente au sens strict domine les annonces. Sur 83 offres mesurées — un échantillon mince, à lire comme une tendance plutôt qu’une mesure fine — le conseil d’achat adapté au besoin du client atteint 94 %, l’argumentaire technique 77 %, la conclusion de la vente 52 %, l’estimation d’une reprise 41 % et la prospection 35 %. Le nettoyage n’apparaît pas.
8. « Un couple entre dans la concession sans rendez-vous. Comment découvrez-vous ce qu’il cherche ? »
C’est la traduction directe du conseil d’achat (94 %). Le recruteur attend une phase de découverte structurée : l’usage du véhicule, le kilométrage annuel, le nombre de passagers, le budget, le mode de financement, la reprise éventuelle. Citez ces points dans l’ordre où vous les abordez, et précisez que vous écoutez plus que vous ne parlez pendant cette phase.
9. « Le client hésite depuis trois visites. Comment concluez-vous ? »
Conclure une vente apparaît dans 52 % des annonces. C’est la question qui teste votre rapport à l’objectif. Une bonne réponse identifie d’abord la vraie objection — le prix, le délai, le financement, la reprise — puis y répond, puis propose une décision concrète : « Si je vous obtiens ce délai de livraison, signons-nous aujourd’hui ? ». Évitez la pression : un recruteur de concession se méfie autant du vendeur qui force que de celui qui n’ose pas conclure.
10. « Comment estimez-vous la valeur de reprise d’un véhicule d’occasion ? »
Citée dans 41 % des annonces, la reprise est la question technique de l’univers. On attend une méthode : contrôle visuel de la carrosserie et des pneus, kilométrage, carnet d’entretien, historique, cote du marché, frais de remise en état. Si vous ne l’avez jamais fait, dites-le, et décrivez comment vous procéderiez : la franchise vaut mieux qu’une estimation inventée.
Vente automobile : la conclusion de la vente pèse 52 % des annonces, l’estimation d’une reprise 41 %. — Photo : Crosby Hinze / Unsplash
Ce que chaque univers paie, d’après nos offres
Les écarts de compétences se retrouvent dans les salaires affichés. Fourchettes en brut mensuel (premier quartile / médiane / troisième quartile), mesurées sur les offres chiffrées des six derniers mois :
La vente en magasin se paie au plancher, avec un écart de moins de 100 € entre le premier et le troisième quartile : la négociation porte peu sur le fixe. En automobile, l’écart dépasse 1 100 €, et la médiane est supérieure de plus de 400 €. C’est le seul des trois univers où le salaire se discute réellement à l’entretien ; notre article sur la façon de parler salaire en entretien vous aide à formuler vos prétentions. Les données pour la téléphonie, l’ameublement ou la boulangerie ne comptent pas assez d’offres chiffrées pour être publiées.
Préparer ces 10 questions en une soirée
Identifiez l’univers de l’annonce : alimentaire, boutique, surface technique ou automobile.
Relisez l’annonce et soulignez les compétences qui reprennent celles de cet article.
Préparez un exemple vécu pour chaque question de votre univers, avec un chiffre si possible (un panier moyen, un nombre de clients, un délai).
Entraînez-vous au « Vendez-moi ce produit » à voix haute, avec un objet de chez vous : c’est la question qui se prépare le moins bien en silence.
En magasin, moins de 100 € séparent le premier et le troisième quartile : la négociation porte peu sur le fixe. — Photo : Vitaly Gariev / Unsplash
Vos questions sur l’entretien de vendeur
Quelles questions pose-t-on lors d’un entretien de vendeur ?
Elles dépendent de l’univers. En alimentaire, l’hygiène et les produits non conformes (96 % des annonces citent l’entretien des lieux). En prêt-à-porter, la mise en valeur, le réassort et l’encaissement, tous au-dessus de 89 %. En automobile, la découverte du besoin, la conclusion et la reprise. Partout, attendez-vous à un « Vendez-moi ce produit ».
Comment répondre à « Vendez-moi ce stylo » ?
Ne commencez pas par décrire le stylo. Posez d’abord une question sur l’usage — « Vous écrivez beaucoup dans la journée ? » —, présentez ensuite deux bénéfices liés à la réponse, puis proposez de conclure. Le recruteur évalue votre méthode, pas votre éloquence : une question posée en premier vaut plus qu’une tirade.
Faut-il de l’expérience pour être vendeur ?
Rarement en magasin. Les compétences exigées — nettoyer, mettre en rayon, encaisser, valoriser un produit — s’apprennent vite, et un job d’été, un stage ou une activité associative suffisent à les illustrer. L’automobile est l’exception : l’argumentaire technique et l’estimation des reprises y supposent une connaissance du produit.
Quel salaire demander pour un poste de vendeur ?
En magasin, les fourchettes mesurées sont serrées : 1 867 à 1 965 € brut mensuels en épicerie, 1 867 à 1 885 € en prêt-à-porter. Demander le haut de la fourchette est raisonnable ; au-delà, négociez plutôt les primes ou les horaires. En automobile, la médiane atteint 2 300 € et le troisième quartile 3 115 €, et la part variable se discute.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Travailler chez Carrefour en alternance : 76 offres, 9 métiers et les salaires mesurés
Vous cherchez une alternance chez Carrefour ? Au 1er octobre 2026, l’enseigne publie 76 offres en alternance dans notre index, sur 412 offres actives. C’est le premier volume d’alternance de toute la grande distribution que nous suivons, devant Auchan (56), Intermarché (14) et Lidl (4). Voici les neuf métiers concernés, ce que les annonces exigent réellement, ce que vous toucherez pendant le contrat, et ce que le même poste paie une fois embauché.
76 offres en alternance chez Carrefour au 1er octobre 2026 : le premier volume de la grande distribution. — Photo : Ishaq Robin / Unsplash
Ce que ce guide mesure, et d’où viennent les chiffres
Tous les chiffres de cet article ont été relevés le 1er octobre 2026 sur la base d’offres de Matchemploi, qui compte ce jour-là 156 797 offres actives, dont 7 265 en alternance. Ils proviennent de deux sources publiques : France Travail, qui diffuse l’essentiel des annonces de l’enseigne, et La bonne alternance, la plateforme publique dédiée aux contrats d’apprentissage et de professionnalisation.
Trois précautions de lecture, à garder en tête du début à la fin :
Un volume par employeur est un plancher. Dans notre index, 87 % des offres portent un nom d’employeur ; les autres sont anonymes, et certaines d’entre elles sont peut-être des offres Carrefour. Le vrai nombre est donc au moins égal à celui que nous citons.
« Carrefour » regroupe plusieurs graphies. Nous avons fondu sous une même clé « Carrefour » (133 offres), « Carrefour Market » (117), « Carrefour Contact » (36), « Carrefour City » (28), « Carrefour Hypermarchés » (13), « Carrefour Express » (13) et des magasins nommés par leur ville. Trois offres d’un « Carrefour social et culturel », sans rapport avec l’enseigne, se glissent dans ce regroupement : leur poids est négligeable, mais nous préférons le dire.
Les salaires cités sont ceux des salariés, pas des apprentis. Une offre d’alternance n’affiche presque jamais de salaire, parce que celui-ci est fixé par la loi selon votre âge. Les fourchettes mesurées vous disent ce que paie le poste une fois l’alternance terminée — c’est l’information qui compte pour décider.
Carrefour, l’enseigne qui publie le plus d’alternances
76 offres sur 412, soit 18 %
Sur ses 412 offres actives, Carrefour en publie 240 en CDI, 125 en CDD et 76 en alternance. Aucune en intérim : l’enseigne recrute en direct. Près d’une offre sur cinq est donc un contrat en alternance, quand la moyenne de notre index tombe sous une sur vingt (7 265 sur 156 797, soit 4,6 %).
Ce chiffre est resté stable sur un mois : nous comptions 87 alternances chez Carrefour le 3 septembre, 73 le 17 septembre, 76 aujourd’hui. Ce n’est pas un pic de rentrée qui retombe, c’est un flux continu.
Face aux autres enseignes
Le même relevé, enseigne par enseigne, toutes graphies confondues :
Carrefour : 412 offres, dont 76 en alternance (18 %) ;
Auchan : 107 offres, dont 56 en alternance (52 %) ;
Intermarché : 417 offres, dont 14 en alternance (3 %) ;
Lidl : 397 offres, dont 4 en alternance (1 %) ;
Super U : 235 offres, dont 2 en alternance ;
Aldi : 120 offres, dont 1 en alternance.
La lecture est nette. Auchan est l’enseigne qui consacre la plus grande part de ses annonces à l’alternance — plus de la moitié — mais Carrefour est celle qui en publie le plus grand nombre. Les discounters (Lidl, Aldi) et les réseaux d’indépendants (Intermarché, Super U) ne passent presque pas par les canaux publics pour leurs apprentis. Nous l’avions déjà relevé dans notre guide pour travailler chez Intermarché : chez un indépendant, c’est le magasin qui décide, souvent sans annonce.
D’où viennent ces annonces
Sur les 412 offres Carrefour, 374 viennent de France Travail et 38 de La bonne alternance. Ces 38 offres sont toutes des contrats en alternance : la moitié des alternances Carrefour de notre index nous arrivent donc par la plateforme dédiée. Si vous ne cherchez que sur les sites d’emploi généralistes, vous risquez d’en manquer une bonne partie.
Près d’une offre Carrefour sur cinq est une alternance, contre moins d’une sur vingt dans l’ensemble de notre index. — Photo : JEaLiFe Pictures / Unsplash
Les 9 métiers ouverts en alternance chez Carrefour
Nous avons croisé chaque offre en alternance avec son code métier ROME. Neuf métiers ressortent, qui totalisent 64 des 76 offres ; les douze restantes sont dispersées sur des codes isolés.
Métier (code ROME)
Alternance
Toutes offres
Employé de rayon libre-service (D1507)
33
192
Préparateur au drive (N1113)
11
25
Chef de rayon produits alimentaires (D1502)
6
11
Hôte de caisse (D1505)
5
34
Boucher (D1101)
2
14
Chef de rayon produits non alimentaires (D1503)
2
3
Préparateur de commandes (N1103)
2
3
Charcutier-traiteur (D1103)
2
2
Poissonnier (D1105)
1
3
Le rayon, porte d’entrée principale
Avec 33 offres, l’employé de rayon concentre à lui seul 43 % des alternances Carrefour. C’est le poste d’apprentissage classique de la grande distribution : on y apprend la réception des livraisons, la mise en rayon, l’étiquetage et la relation client, et il sert de support aux diplômes du commerce, du CAP au BTS.
Le drive, la surprise de ce relevé
Sur 25 offres de préparateur au drive, 11 sont en alternance, soit 44 %. C’est la plus forte proportion d’alternance de tous les métiers Carrefour qui comptent plus de dix offres. Le drive est un poste de logistique en magasin — prélever, contrôler, préparer les commandes en ligne — et il se prête bien à un rythme alterné, parce que l’activité suit des créneaux réguliers.
L’encadrement, ouvert aux alternants
Six offres de chef de rayon produits alimentaires sur onze sont en alternance, et deux sur trois pour le non-alimentaire. Ce sont des contrats qui préparent à l’encadrement, en général au niveau bac+2 ou au-delà : vous y apprenez la gestion des stocks, des commandes et d’une petite équipe. C’est le chemin le plus direct vers un salaire supérieur au plancher de la distribution, comme on va le voir.
Les métiers de bouche, en petit nombre
Boucher, charcutier-traiteur et poissonnier ne pèsent que cinq offres en alternance à eux trois. C’est peu, mais la concurrence y est faible et le savoir-faire acquis se valorise ensuite partout, en grande surface comme en boutique.
Étiquetage et balisage : deux compétences exigées par 95 % des offres d’employé de rayon. — Photo : Zoshua Colah / Unsplash
Ce que les annonces exigent réellement, métier par métier
Pour chaque métier, nous avons mesuré les compétences que les annonces de la famille demandent, en pourcentage d’offres. L’échantillon porte sur toutes les offres de la famille dans notre index, pas sur les seules offres Carrefour : c’est ce que l’ensemble des recruteurs du secteur attendent.
Employé de rayon : quatre compétences quasi systématiques
Sur 1 931 offres mesurées :
« Organiser, aménager un espace de vente » : 97 % ;
« Réceptionner des produits, vérifier la conformité d’une livraison » : 96 % ;
« Réaliser l’étiquetage de produits » : 95 % ;
« Contrôler le balisage et l’étiquetage des produits en rayon » : 95 %.
Après ces quatre-là, plus rien ne dépasse 4 %. Le poste est donc très lisible : un recruteur attend que vous sachiez recevoir une livraison, la contrôler, la ranger et l’étiqueter. Si vous n’avez jamais travaillé en magasin, citez dans votre candidature tout ce qui s’en approche — un inventaire, un rangement de stock, un job d’été en entrepôt.
Préparateur de commandes : deux gestes
Sur 1 269 offres de la famille, deux compétences dominent sans partage : « Charger, décharger, manutentionner » (98 %) et « Prélever les produits selon les instructions de préparation » (97 %). Le préparateur au drive appartient à une famille voisine, et le principe est le même : la précision du prélèvement compte plus que la vitesse.
Hôte de caisse : l’encaissement, et presque rien d’autre
Sur 591 offres : « Procéder à l’encaissement » 98 %, « Procédures d’encaissement » 97 %, « Règles de tenue de caisse » 97 %. L’accueil du client ne figure que dans 4 % des annonces. Pour un premier contrat, c’est le poste le plus simple à décrocher : il ne demande ni expérience technique, ni diplôme préalable.
Chef de rayon : la gestion avant le management
Sur 192 offres, un échantillon plus mince qu’il faut lire avec prudence :
« Assurer le suivi des stocks en temps réel » : 95 % ;
« Réceptionner des produits » : 78 % ;
« Superviser le stockage des produits » : 74 % ;
« Organiser le traitement des commandes » : 62 % ;
« Adapter le plan d’implantation des articles » : 30 % ;
« Animer, coordonner une équipe » : 5 % seulement.
Le contraste est instructif. On imagine un chef de rayon comme un manager ; les annonces le décrivent d’abord comme un gestionnaire de stock. En entretien pour une alternance de chef de rayon, parlez chiffres, inventaires, ruptures et commandes avant de parler d’animation d’équipe.
Boucher : l’hygiène avant la découpe
Sur 2 121 offres de la famille, « Entretenir, nettoyer un espace » ressort dans 86 % des annonces, et la découpe, le désossage et le parage dans 10 %. Cette famille mêle beaucoup de métiers de bouche, ce qui dilue les gestes techniques ; retenez surtout que l’hygiène est la première exigence écrite.
Le chef de rayon gère d’abord des stocks : 95 % des annonces le demandent, 5 % seulement l’animation d’équipe. — Photo : Gemma C / Unsplash
Combien gagne un alternant chez Carrefour
Pendant le contrat : le barème légal
En contrat d’apprentissage, votre salaire minimum est un pourcentage du SMIC fixé par la loi, qui dépend de votre âge et de votre année de contrat :
16-17 ans : 27 % du SMIC la première année, 39 % la deuxième, 55 % la troisième ;
18-20 ans : 43 %, puis 51 %, puis 67 % ;
21-25 ans : 53 %, puis 61 %, puis 78 % ;
26 ans et plus : 100 % du SMIC, ou le minimum conventionnel s’il est plus élevé.
Ce sont des minima : la convention collective ou l’employeur peuvent prévoir mieux, et le contrat de professionnalisation obéit à d’autres règles. Posez la question franchement à l’entretien ; c’est une question légitime, pas une maladresse.
Après le contrat : ce que paie le poste chez Carrefour
Les offres Carrefour hors alternance affichent un salaire dans 263 cas sur 412. Leur fourchette d’ensemble, en brut mensuel : 1 867 € au premier quartile, 1 868 € en médiane, 1 960 € au troisième quartile. Métier par métier, sur les offres Carrefour chiffrées :
Employé de rayon (128 offres chiffrées) : 1 867 / 1 867 / 1 952 € ;
chef de rayon produits alimentaires : 2 300 / 2 430 / 2 600 € (454 offres).
Deux enseignements. Carrefour paie ses postes d’exécution au niveau du marché, ni plus ni moins : la médiane se confond avec le plancher de 1 867 € qui revient dans toute la distribution. Et le seul saut de salaire visible dans ces données est celui de l’encadrement : un chef de rayon gagne environ 560 € de plus par mois en médiane qu’un employé de rayon. Une alternance de chef de rayon vaut donc plus, à terme, qu’une alternance d’employé, à condition d’avoir le niveau d’études qu’elle demande. Pour comparer avec d’autres secteurs, consultez nos salaires par métier.
Pendant l’apprentissage, le salaire minimum va de 27 % à 100 % du SMIC selon l’âge et l’année de contrat. — Photo : Jeswin Thomas / Unsplash
Où Carrefour recrute
Toutes offres confondues, les départements les mieux servis sont l’Essonne (33 offres), les Alpes-Maritimes (20), le Gard (17), les Landes (14), puis le Rhône, le Val-de-Marne et l’Isère (13 chacun), les Pyrénées-Atlantiques (11) et la Meurthe-et-Moselle (10). Ces volumes sont des planchers, et ils portent sur l’ensemble des contrats, pas sur la seule alternance.
Le profil est différent de celui d’Intermarché, plus rural : Carrefour, avec ses formats urbains (City, Express, Contact), recrute aussi en ville. Pour une alternance, où vous devrez concilier magasin et école, cette répartition compte : cherchez d’abord un magasin proche de votre centre de formation.
Comment décrocher une alternance chez Carrefour, en 5 étapes
Chercher sur les deux canaux. La moitié des alternances Carrefour de notre index proviennent de La bonne alternance. Consultez-la en plus des sites d’emploi.
Trouver l’école, ou le magasin, en premier. L’alternance est un contrat à trois : vous, l’entreprise, le centre de formation. Certains magasins recrutent avec une école partenaire ; d’autres attendent que vous arriviez avec votre inscription.
Écrire un CV centré sur les gestes. Réception, étiquetage, encaissement, inventaire : reprenez les mots exacts des annonces. Notre guide du CV sans expérience montre comment remplir une page quand on débute.
Doubler l’annonce d’une candidature spontanée. Avec plusieurs centaines de magasins, beaucoup de besoins ne sont jamais publiés. Une candidature spontanée courte, déposée au magasin, reste efficace.
Préparer l’entretien sur l’organisation. En alternance, la question décisive porte sur votre capacité à tenir le rythme école-magasin, et sur vos disponibilités le samedi. Nos questions d’entretien en supermarché détaillent les douze qui reviennent.
Boucher : 2 025 € brut mensuels en médiane chez Carrefour, le seul métier d’exécution au-dessus du plancher. — Photo : Dhiemas Afif Febriyan / Unsplash
Ce que nous n’avons pas pu mesurer
Par honnêteté, trois limites de ce relevé :
le diplôme préparé n’est pas un champ structuré de nos offres : nous ne pouvons pas dire combien d’alternances Carrefour préparent un CAP, un bac pro ou un BTS ;
le rythme d’alternance (une semaine sur deux, deux jours par semaine…) n’est pas mesurable non plus ;
le taux d’embauche à l’issue du contrat n’apparaît dans aucune annonce. Demandez-le en entretien : un magasin qui garde ses alternants vous le dira volontiers.
Vos questions sur l’alternance chez Carrefour
Carrefour recrute-t-il des alternants toute l’année ?
Oui. Nous avons compté 87 offres en alternance le 3 septembre 2026, 73 le 17 septembre et 76 le 1er octobre : le flux reste stable après la rentrée. Les contrats démarrent le plus souvent avec le calendrier scolaire, mais des places s’ouvrent en cours d’année, notamment au drive et en rayon.
Quel est le salaire d’un alternant chez Carrefour ?
Pendant un contrat d’apprentissage, c’est au minimum le barème légal : de 27 % du SMIC la première année avant 18 ans à 100 % à partir de 26 ans. Une fois embauché, un employé de rayon Carrefour touche 1 867 € brut mensuels en médiane sur 128 offres chiffrées, un boucher 2 025 €.
Quels métiers sont ouverts en alternance chez Carrefour ?
Neuf métiers au 1er octobre 2026 : employé de rayon (33 offres), préparateur au drive (11), chef de rayon produits alimentaires (6), hôte de caisse (5), puis boucher, chef de rayon non alimentaire, préparateur de commandes, charcutier-traiteur et poissonnier, avec une ou deux offres chacun.
Vaut-il mieux viser Carrefour ou Auchan en alternance ?
Carrefour publie plus d’offres (76 contre 56), Auchan en consacre une plus grande part à l’alternance (52 % de ses annonces contre 18 %). Si vous cherchez du volume, Carrefour ; si vous visez un employeur structuré pour former, Auchan mérite aussi votre candidature. Postuler aux deux ne coûte rien.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Entretien en agence d’intérim : les 8 questions qui décident vraiment
Un entretien en agence d’intérim ressemble à un entretien d’embauche et n’en est pas un. En face de vous, quelqu’un qui ne recrute pas pour un poste mais pour un portefeuille de missions. Au 27 septembre 2026, Adecco publie 4 289 offres actives sur 291 métiers et 90 départements, CRIT sur 381 métiers : votre interlocuteur cherche à savoir où il pourra vous placer, pas si vous collez à une fiche de poste. Voici les huit questions qui en découlent, et ce qu’elles cachent.
37 288 offres en intérim au 27 septembre 2026, soit un quart de notre index : l’agence est une porte d’entrée majeure. — Photo : Vitaly Gariev / Unsplash
Ce qu’une agence est réellement, en chiffres
Avant les questions, comprenez à qui vous parlez. Au 27 septembre 2026, notre index compte 37 288 offres en intérim sur 151 221 offres actives, soit un quart du marché. Les agences en sont les premiers employeurs déclarés de toute notre base. Toutes graphies confondues :
Adecco : 4 289 offres actives — 3 311 en intérim, 788 en CDI, 148 en CDD ;
Manpower : 3 956 offres — 2 989 en intérim, 754 en CDI ;
CRIT : 3 785 offres — 2 981 en intérim, 734 en CDI ;
Randstad : 2 736 offres — 2 296 en intérim, 358 en CDI ;
Synergie : 2 028 offres — 1 665 en intérim, 273 en CDI ;
Proman : 1 972 offres — 1 793 en intérim, 128 en CDI ;
Adéquat : 1 935 offres — 1 718 en intérim, 189 en CDI.
Deux enseignements. D’abord, une agence vend aussi du CDI : 788 offres chez Adecco, 734 chez CRIT. Se présenter en agence n’est donc pas renoncer à la stabilité. Ensuite, la largeur du catalogue explique tout le déroulé de l’entretien : un chargé de recrutement qui couvre 291 métiers ne peut pas vous interroger sur la technique de chacun. Il vous interroge sur ce qui décide du placement — disponibilité, mobilité, habilitations, polyvalence.
Un dernier chiffre pour situer l’enjeu : les sept enseignes ci-dessus totalisent à elles seules plus de 20 000 offres actives, sur un index qui en compte 151 221 et qui recense 40 130 employeurs nommés. Aucune entreprise industrielle, aucune enseigne de distribution n’atteint ce niveau de volume. C’est pourquoi un entretien d’agence réussi vaut plusieurs candidatures spontanées : il vous inscrit dans le vivier de l’acteur qui publie le plus.
Les 8 questions qui décident du placement
1. « Quelles sont vos disponibilités ? »
C’est la première, et c’est la plus lourde. Elle n’a pas l’air d’une question d’évaluation : elle en est une. Une mission se pourvoit parfois pour le lendemain matin, et le candidat retenu est celui qui peut y aller.
Ce qu’il faut dire : une réponse datée et bornée. « Je suis disponible immédiatement, du lundi au samedi, et j’accepte les 2×8. Je ne peux pas faire de nuit avant janvier. » Une contrainte annoncée franchement ne vous écarte pas ; une contrainte découverte la veille d’une mission, oui.
2. « Jusqu’où êtes-vous prêt à vous déplacer ? »
Les agences sont des réseaux nationaux : Randstad publie dans 96 départements, Proman dans 95, Manpower dans 93. La question mesure le rayon dans lequel votre dossier sera sorti.
Ce qu’il faut dire : un rayon en kilomètres et en temps de trajet, plus une mention de votre moyen de transport. « 40 kilomètres, soit 45 minutes, avec mon véhicule personnel. Au-delà, si la mission dure plus de trois semaines. » Donner un rayon large sans le tenir est la première cause de rupture de confiance avec une agence.
3. « Avez-vous des habilitations, des CACES, des permis ? »
Question centrale, et voici pourquoi elle tombe toujours : les annonces, elles, n’en parlent presque jamais. Sur les offres de cariste, la conduite d’un chariot élévateur dans le respect des normes de sécurité n’est citée que par 6 % des offres de la famille (échantillon de 1 308) ; chez les soudeurs, les techniques de soudage n’apparaissent que dans 3 % et la lecture de plans dans 3 % (échantillon de 655). Le recruteur d’agence sait que l’annonce ne le dit pas. Il vous le demande donc de vive voix, parce que c’est ce qui rend une mission facturable sans formation préalable.
Ce qu’il faut dire : la liste, avec les numéros de catégorie et les dates de validité. « CACES R489 catégories 1A et 3, valides jusqu’en mars 2028. Habilitation électrique B0. Permis B depuis 2009. » Si vous n’en avez aucune, dites-le et demandez lesquelles l’agence finance — beaucoup le font pour placer un candidat qu’elles veulent garder.
La conduite de chariot n’est citée que par 6 % des offres de cariste : c’est en entretien que l’agence vérifie le CACES. — Photo : fr0ggy5 / Unsplash
Le cas des habilitations périmées
Une habilitation expirée vaut une habilitation absente, et c’est un motif de refus immédiat au moment de l’affectation. Vérifiez vos dates avant le rendez-vous et apportez les cartes : un CACES dont vous annoncez la validité de mémoire, sans la carte, sera traité comme un CACES à repasser. Les recyclages coûtent une journée et sont souvent pris en charge par l’agence dès lors qu’elle a une mission à vous confier.
4. « Sur quels postes vous voyez-vous ? »
Le piège est de répondre par un seul intitulé. L’agence cherche l’inverse : l’étendue. Les métiers qui reviennent le plus dans les catalogues sont d’ailleurs presque toujours les mêmes — préparateur de commandes, cariste, manutentionnaire, magasinier, agent de conditionnement, assembleur monteur. Chez Adecco, l’agent de conditionnement pèse 490 offres à lui seul ; chez Manpower, l’assembleur monteur 376 ; chez CRIT, le préparateur de commandes 160.
Ce qu’il faut dire : un poste principal, puis deux postes voisins que vous accepteriez, en les nommant avec les intitulés du métier. « Préparateur de commandes en priorité. J’accepte aussi magasinier et manutentionnaire — j’ai déjà fait du chargement et du tri de colis. »
5. « Parlez-moi de votre dernière expérience »
Question classique, attente particulière. Le chargé de recrutement n’écoute pas votre trajectoire : il écoute des gestes qu’il pourra recopier dans la fiche de mission. Nos mesures montrent ce que les offres réclament vraiment :
Préparateur de commandes (échantillon de 1 259) : « charger, décharger, manutentionner des produits » 98 %, « prélever les produits selon les instructions de préparation » 96 % ;
Manutentionnaire (échantillon de 823) : charger et décharger 99 %, gestes et postures de manutention 96 %, trier et répartir les colis 93 % ;
Agent de conditionnement (échantillon de 855) : inspecter visuellement les produits finis 99 %, conditionner des produits 98 %, approvisionner une machine 96 % ;
Assembleur monteur (échantillon de 604) : vérifier le montage 99 %, positionner et fixer les pièces 98 %, contrôler la qualité 33 %.
Ce qu’il faut dire : trois phrases, trois gestes, un volume. « Sur ma dernière mission, je préparais 180 colis par jour au scan vocal, je chargeais les palettes au transpalette électrique, et je signalais les non-conformités au chef d’équipe. » La méthode complète pour construire ce type de réponse est dans notre article sur la présentation en entretien.
« Charger, décharger, manutentionner des produits » apparaît dans 98 % des offres de préparateur de commandes, sur un échantillon de 1 259. — Photo : Alberto Rodríguez / Unsplash
6. « Le travail posté, le port de charges, le froid : c’est possible pour vous ? »
Ce n’est pas une question de curiosité, c’est une question de responsabilité. L’agence est votre employeur juridique : elle répond des conditions dans lesquelles elle vous envoie travailler. Les gestes et postures de manutention apparaissent dans 96 % des offres de manutentionnaire — l’agence a intérêt à savoir avant, pas après.
Ce qu’il faut dire : la vérité, précisément. « Le port de charges jusqu’à 25 kilos, sans problème. Le froid positif, oui. Le surgelé, non, j’ai une contre-indication. » Cacher une limite pour obtenir une mission finit par une mission interrompue et un dossier abîmé.
7. « Quelles sont vos prétentions ? »
En intérim, la marge est étroite, et vous pouvez la connaître à l’avance. Voici les médianes du brut mensuel relevées sur les offres chiffrées des six derniers mois :
Préparateur de commandes : 1 900 € de médiane, fourchette 1 867–2 000 € (2 717 offres chiffrées) ;
Les médianes des agences elles-mêmes confirment cet étalement : Adecco affiche 1 916 € de médiane sur 2 210 offres chiffrées, Manpower 1 961 € sur 3 220, CRIT 1 995 € sur 3 607, Synergie 1 975 € sur 1 876.
Ce qu’il faut dire : un taux horaire, pas un salaire annuel, et n’oubliez pas ce qui s’ajoute. « Je me situe à 12,50 € brut de l’heure sur ce type de poste. J’imagine que s’ajoutent l’indemnité de fin de mission et l’indemnité de congés payés. » Mentionner ces deux indemnités vous fait passer pour quelqu’un qui connaît le cadre. Pour convertir ces montants, notre outil de conversion du salaire brut en net fait le calcul.
8. « Avez-vous des questions ? »
Ne la traitez pas comme une politesse de sortie : c’est la seule où vous mesurez la qualité de l’agence. Trois questions suffisent, et elles portent toutes sur le concret.
« Combien de missions correspondant à mon profil avez-vous ouvertes en ce moment, et dans quel rayon ? »
« Sous quel délai me rappelez-vous, et par quel canal ? »
« Financez-vous des habilitations — CACES, habilitation électrique — pour les intérimaires que vous placez régulièrement ? »
Randstad publie dans 96 départements, Proman dans 95, Manpower dans 93 : le rayon que vous annoncez décide de ce qu’on vous propose. — Photo : RONNAKORN TRIRAGANON / UnsplashLe chargé de recrutement qui vous reçoit gère un catalogue de 291 à 381 métiers : il vous reverra pendant des années. — Photo : Vitaly Gariev / Unsplash
Les trois erreurs qui coûtent le plus cher en agence
Annoncer une mobilité qu’on ne tient pas. Un refus de mission à 50 kilomètres après en avoir annoncé 60 sort votre dossier de la liste courte pendant des semaines.
Se présenter avec un seul intitulé. Face à un catalogue de 291 à 381 métiers, un candidat mono-poste est un candidat difficile à placer.
Traiter l’agence comme un guichet. Le chargé de recrutement qui vous reçoit vous reverra pendant des années. C’est une relation, et elle se cultive par un appel toutes les deux semaines, pas par dix relances en trois jours.
Après l’entretien : ce qui se passe réellement
Vous ne repartez presque jamais avec une mission. Vous repartez inscrit dans un vivier, et c’est là que la suite se joue. Trois gestes utiles dans les quarante-huit heures :
Envoyez un message court qui redonne vos disponibilités, votre rayon et vos habilitations en trois lignes. Notre modèle de mail de remerciement après entretien s’adapte en changeant l’objet.
Inscrivez-vous dans deux autres agences. Les catalogues se recoupent peu : Adecco met en avant l’agent de conditionnement, Manpower l’assembleur monteur, Gojob le métier de facteur avec 92 offres. Trois inscriptions triplent réellement votre exposition.
Rappelez au bout de dix jours, une fois, en citant le métier et le rayon. Pas pour demander où ça en est : pour signaler que vous êtes toujours disponible.
Si l’agence vous propose un poste en CDI plutôt qu’une mission, l’entretien qui suivra sera un entretien classique, chez le client. Le guide complet de l’entretien d’embauche reprend alors la main.
Un contrat de mission se signe avant le premier jour travaillé : exigez-le, c’est votre seul document opposable. — Photo : Gabrielle Henderson / Unsplash
Vos questions sur l’entretien en agence d’intérim
Comment se déroule un entretien en agence d’intérim ?
En vingt à trente minutes, dans les locaux de l’agence ou en visio. Le chargé de recrutement vérifie votre identité et vos documents, passe en revue vos disponibilités, votre mobilité et vos habilitations, puis balaie vos expériences pour repérer les gestes réutilisables. Il ne teste presque jamais la technique métier : son catalogue est trop large pour cela — de 291 à 381 métiers chez les grandes enseignes.
Faut-il apporter un CV en agence d’intérim ?
Oui, et un CV orienté gestes plutôt que parcours. Listez les tâches, les volumes, les machines et les habilitations, avec les intitulés exacts des métiers visés. Notre guide complet du CV détaille la structure ; en agence, la partie compétences pèse plus lourd que la chronologie.
Une agence d’intérim propose-t-elle des CDI ?
Oui, et bien plus qu’on ne l’imagine. Au 27 septembre 2026, nous comptons 788 offres en CDI publiées sous le nom d’Adecco, 754 sous celui de Manpower et 734 sous celui de CRIT. À cela s’ajoute le CDI intérimaire, qui vous salarie en continu entre les missions. Demandez explicitement si l’agence en propose.
Combien gagne-t-on en intérim ?
Les médianes mesurées sur les offres chiffrées des six derniers mois vont de 1 869 € brut par mois pour manutentionnaire à 2 048 € pour soudeur, la plupart des postes logistiques se situant entre 1 875 et 1 975 €. S’y ajoutent l’indemnité de fin de mission, égale à 10 % de la rémunération brute totale, et l’indemnité compensatrice de congés payés, égale à 10 % également.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Reconversion après 45 ans : les 7 vérités que révèlent nos offres
Tout le monde a un avis sur la reconversion après 45 ans, et presque personne ne regarde les offres. Nous avons fait l’inverse. Au 27 septembre 2026, notre index compte 151 221 offres actives : nous y avons cherché ce que les employeurs exigent réellement, diplôme par diplôme, geste par geste, salaire par salaire. Sept constats en sortent, tous chiffrés, et plusieurs contredisent ce qu’on vous répète depuis des mois.
151 221 offres actives au 27 septembre 2026 : voilà le marché réel dans lequel une reconversion se joue. — Photo : Centre for Ageing Better / Unsplash
Le marché dans lequel vous entrez, en cinq nombres
Avant les sept vérités, le décor. Notre index agrège les offres de France Travail, d’Adzuna, de Jooble et de La Bonne Alternance. Au 27 septembre 2026, il porte 151 221 offres actives, réparties ainsi :
69 034 offres en CDI, soit 46 % du stock ;
37 288 offres en intérim, soit 25 % ;
32 554 offres en CDD, soit 22 % ;
7 360 offres en alternance, soit moins de 5 % ;
15 offres de stage — le stage n’existe pratiquement pas sur les canaux publics.
Retenez cette répartition : elle décide de la stratégie. Une reconversion qui mise l’essentiel de son énergie sur l’alternance joue sur 5 % du marché. Une reconversion qui accepte de passer par l’intérim en joue 25 %. C’est le fait le plus structurant de cet article, et le premier que la plupart des conseils ignorent. Si vous n’avez pas encore posé les bases de votre projet, notre guide de la reconversion professionnelle déroule la méthode en dix étapes ; le présent article ne traite que de ce que l’âge change.
Vérité 1 — Le diplôme est exigé beaucoup moins souvent qu’on vous le dit
C’est le blocage numéro un après 45 ans : « il faudrait que je reprenne trois ans d’études ». Nous avons mesuré, métier par métier, la fréquence à laquelle le diplôme apparaît dans les compétences exigées par les offres. Les pourcentages ci-dessous sont calculés sur les offres de la famille de métiers concernée, dont l’effectif est indiqué entre parenthèses.
Aide-soignant : le diplôme d’État d’aide-soignant est cité par 27 % des offres (échantillon de 353). Ce que 50 % d’entre elles demandent en premier, c’est de distribuer les repas et les collations.
Accompagnant éducatif et social : le diplôme d’État d’AES est cité par 21 % des offres (échantillon de 280).
Secrétaire médicale : la mention du titre de secrétaire médical apparaît dans 7 % des offres (échantillon de 291). Ce qui apparaît dans 97 %, c’est « accueillir, orienter et renseigner un patient ».
Conduite de voyageurs : la FIMO est citée par 4 % des offres et la FCO par 3 % (échantillon de 305), alors que ce sont les titres réglementaires du métier.
Électricien : aucun diplôme n’entre dans les dix compétences les plus demandées (échantillon de 713). En tête : « réaliser un diagnostic technique », dans 65 % des offres.
Ce que ce résultat veut dire, et ce qu’il ne veut pas dire
Il ne veut pas dire que vous pouvez exercer comme aide-soignant sans le diplôme : certains actes sont réglementés, et l’employeur vous le rappellera. Il veut dire que le diplôme n’est pas le critère de tri des annonces. Les offres trient sur des gestes. Lorsque la FIMO n’est citée que par 4 % des annonces de conduite, c’est que le recruteur considère le permis et le titre comme une formalité à régler après l’accord, pas comme le filtre d’entrée.
La conséquence pratique
Ne remettez pas votre candidature à la fin d’une formation. Candidatez pendant, ou même avant, en nommant dans votre dossier les gestes que vous savez déjà faire. La formation financée par le CPF est un accélérateur, pas un préalable.
Le diplôme d’État d’aide-soignant n’est cité que par 27 % des offres de sa famille de métiers. — Photo : Centre for Ageing Better / Unsplash
Vérité 2 — L’alternance vous est à moitié fermée, et personne ne vous le dit clairement
L’alternance est le conseil réflexe donné aux personnes en reconversion. Deux faits doivent tempérer cet enthousiasme.
Le premier est un fait de droit. L’alternance recouvre deux contrats très différents. Le contrat d’apprentissage est réservé aux 16-29 ans révolus, sauf situations particulières — travailleur reconnu handicapé, sportif de haut niveau, projet de création ou de reprise d’entreprise. Après 45 ans, la voie qui vous reste ouverte est le contrat de professionnalisation, qui n’a aucune limite d’âge supérieure pour un demandeur d’emploi. Or les deux sont annoncés sous le même mot, « alternance », dans la quasi-totalité des annonces.
Le second est un fait de volume : 7 360 offres en alternance sur 151 221, soit moins d’une offre sur vingt. Et sur ce total, 3 206 seulement proviennent de La Bonne Alternance, le canal spécialisé. Autrement dit, vous vous battez sur le segment le plus étroit du marché, contre des candidats de vingt ans à qui l’apprentissage, lui, est ouvert.
La règle à en tirer
Ne cherchez pas « alternance » : cherchez « contrat de professionnalisation », et vérifiez la nature du contrat avant de rédiger quoi que ce soit.
Traitez l’alternance comme une voie parmi d’autres, jamais comme la voie.
Pour les 95 % restants du marché, ce qui compte est votre CV de reconversion et la traduction de votre expérience, pas un statut de stagiaire.
Vérité 3 — L’intérim est la porte la plus large, et elle débouche sur du CDI
37 288 offres en intérim : un quart du marché accessible. Après 45 ans, c’est la voie la plus rapide pour obtenir une première expérience dans le métier visé, qui est exactement ce qui manque à votre dossier. Et contrairement à sa réputation, l’agence ne vend pas que de la mission courte. Au 27 septembre 2026, nous comptons, toutes graphies confondues :
Adecco : 4 289 offres actives, dont 3 311 en intérim mais aussi 788 en CDI ;
Manpower : 3 956 offres, dont 754 en CDI ;
CRIT : 3 785 offres, dont 734 en CDI ;
Randstad : 2 736 offres, dont 358 en CDI ;
Synergie : 2 028 offres, dont 273 en CDI.
Une agence d’intérim est donc aussi un cabinet de recrutement en CDI. Se présenter en agence, c’est se présenter à plusieurs centaines d’employeurs à la fois — Adecco publie sur 291 métiers et 90 départements, CRIT sur 381 métiers. L’entretien qu’on y passe n’a rien à voir avec un entretien classique, et nous le détaillons dans notre article sur l’entretien en agence d’intérim.
37 288 offres en intérim, contre 7 360 en alternance : le rapport est de un à cinq. — Photo : Centre for Ageing Better / Unsplash
Vérité 4 — Les offres décrivent des gestes, pas des années d’expérience
C’est la vérité la plus rassurante des sept, et la plus mal exploitée. Quand nous relevons les compétences citées par les offres, ce ne sont presque jamais des années : ce sont des actions. Quelques relevés du 27 septembre 2026 :
Auxiliaire de vie (échantillon de 994) : « effectuer les courses d’une personne » dans 92 % des offres, « aider une personne à s’habiller » dans 12 %.
Agent de sécurité (échantillon de 814) : « relayer de l’information » 97 %, « contrôler l’accès et la circulation des personnes » 96 %.
Assistant administratif (échantillon de 1 187) : « mettre à jour un dossier, une base de données » 97 %, « classer des documents » 94 %, « gérer les agendas » 90 %.
Cuisinier (échantillon de 1 520) : « dresser des plats pour le service » 95 %, « cuire des viandes, poissons ou légumes » 45 %.
Un parent qui a tenu un foyer, un délégué qui a géré un planning, un artisan qui a suivi ses commandes ont déjà posé ces gestes. Votre travail n’est pas d’en acquérir de nouveaux : il est de les nommer avec les mots de l’offre. C’est précisément ce que les filtres automatiques recherchent, et nous expliquons la mécanique dans notre article sur les filtres ATS.
« Effectuer les courses d’une personne » apparaît dans 92 % des offres d’auxiliaire de vie, sur un échantillon de 994. — Photo : Nani Chavez / Unsplash
Vérité 5 — Le salaire d’entrée est public avant l’entretien
Après 45 ans, la question qui angoisse est celle de la perte de revenu. Elle se mesure. Voici les médianes du brut mensuel relevées sur les offres chiffrées des six derniers mois, avec l’effectif de chaque mesure :
Ces chiffres ne sont pas des estimations : ce sont les salaires que les employeurs affichent. Ils vous permettent de décider avant de vous engager, et d’arriver en entretien en sachant ce qui se pratique. Notre observatoire des salaires par métier tient la mesure à jour, métier par métier.
2 208 € de médiane pour aide-soignant, mesurés sur 1 861 offres chiffrées des six derniers mois. — Photo : EqualStock / Unsplash
Vérité 6 — Une offre sur huit ne dit pas qui recrute
Sur les 151 221 offres actives, 131 646 nomment leur employeur et 19 575 ne le nomment pas : une offre sur huit est anonyme. Elles se répartissent entre 40 130 employeurs identifiés.
Cela change votre méthode de deux façons. D’abord, l’anonymat vous protège : dans une offre anonyme, personne ne peut vous écarter au vu d’un nom d’entreprise que vous auriez quitté, ni comparer votre parcours à celui d’un ancien collègue. Ensuite, il vous prive de la préparation par l’employeur — impossible de lire la culture maison avant l’entretien. Sur ces offres, tout votre travail de préparation doit porter sur le métier et sur les gestes de l’annonce, ce que nous détaillons dans les questions d’entretien par métier.
Vérité 7 — L’intitulé que vous visez ne désigne pas toujours le métier que vous croyez
C’est le piège le plus coûteux, et il se lit dans nos mesures. Deux exemples relevés le 27 septembre 2026 :
« Agent d’entretien » ramène une famille de 3 142 offres dans laquelle 40 % demandent de « réparer ou remplacer poignées, vitres et rails de portes » et 35 % de « contrôler la qualité des installations électriques ». Ce n’est pas du nettoyage : c’est de la maintenance de bâtiment.
« Employé de rayon » : 91 offres seulement portent cet intitulé exact, alors que sa famille de métiers en compte 1 968. Chercher le mot exact vous fait passer à côté de vingt fois plus d’offres.
À 45 ans, vous avez un avantage que vous n’utilisez probablement pas : vous savez à quoi ressemble une journée de travail. Servez-vous en pour lire les tâches de l’annonce avant son titre. Un intitulé se change en deux clics ; une compétence, non.
Les quatre semaines qui suivent cette lecture
Un plan court, mesurable, qui découle directement des sept constats.
Semaine 1 — Choisissez deux métiers cibles, pas huit. Relevez pour chacun les cinq compétences les plus citées dans les annonces, et rangez-les en deux colonnes : « je l’ai déjà fait » et « à apprendre ».
Semaine 2 — Réécrivez votre CV autour de la colonne de gauche, avec les mots de l’offre. Un titre de poste visé en haut, l’expérience traduite en gestes, jamais en intitulés d’anciens postes.
Deux métiers cibles, cinq compétences relevées par métier, dix candidatures : le plan tient sur une page. — Photo : Romain Dancre / Unsplash
Vos questions sur la reconversion après 45 ans
Est-il trop tard pour se reconvertir à 45 ans ?
Non, et nos mesures expliquent pourquoi : les offres trient sur des gestes, pas sur des années. Le diplôme d’État d’aide-soignant n’est cité que par 27 % des offres de sa famille, et aucun diplôme n’apparaît dans les dix compétences les plus demandées aux électriciens. Ce qui compte est votre capacité à nommer, avec les mots de l’annonce, ce que vous savez déjà faire.
Peut-on faire une alternance à 45 ans ?
Un contrat de professionnalisation, oui : il n’a pas de limite d’âge supérieure pour un demandeur d’emploi. Un contrat d’apprentissage, non, sauf cas particuliers (travailleur handicapé, sportif de haut niveau, création ou reprise d’entreprise), car il s’arrête à 29 ans révolus. Vérifiez toujours la nature du contrat : les deux sont annoncés sous le mot « alternance ».
Quels métiers recrutent le plus après 45 ans ?
Nos offres ne portent pas l’âge des candidats, nous ne pouvons donc pas mesurer un taux d’embauche par tranche d’âge. Ce que nous mesurons, c’est le volume : les familles les plus fournies sont l’aide à la personne, la logistique, la restauration et l’administratif, avec des échantillons de 1 000 à 3 000 offres chacune. Ce sont aussi celles où le diplôme est le moins souvent exigé.
Faut-il accepter une baisse de salaire pour se reconvertir ?
Pas nécessairement, et le chiffre se vérifie avant de décider. Les médianes du brut mensuel vont de 1 975 € pour magasinier à 2 208 € pour aide-soignant, mesurées sur plusieurs milliers d’offres chiffrées. Comparez ces fourchettes à votre salaire actuel avant de vous engager dans une formation : l’écart réel est souvent plus faible que celui qu’on imagine.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Entretien en grande distribution : les 12 questions qui reviennent, rayon par rayon
Un entretien en grande distribution ne ressemble pas à un entretien de bureau. Il est court, concret, et il porte moins sur votre parcours que sur votre disponibilité, votre rigueur et votre rapport au rythme. Nous avons croisé les compétences exigées dans des milliers d’offres de supermarché avec les contrats et les salaires publiés par sept enseignes. Il en sort douze questions qui reviennent, rayon par rayon, et la façon d’y répondre.
Du rayon à la direction du magasin, chaque poste a ses questions : elles se déduisent de ce que les offres exigent. — Photo : Jack Lee / Unsplash
Comment ces 12 questions ont été choisies
Nous n’avons pas interrogé de recruteurs, et nous ne vous raconterons pas « ce que pensent les DRH ». Nous sommes partis de ce qui se mesure : les compétences que les employeurs écrivent dans leurs offres, les contrats qu’ils proposent et les salaires qu’ils affichent. Une question d’entretien, dans l’immense majorité des cas, sert à vérifier une compétence ou une contrainte écrite dans l’annonce.
Trois sources, toutes mesurées le 17 septembre 2026 sur notre index de 147 854 offres actives :
les compétences exigées par famille de métiers, en pourcentage des offres qui les citent ;
les contrats et les salaires publiés par Lidl, Intermarché, Carrefour, E.Leclerc, Super U, Aldi et Auchan ;
la structure des postes : quels métiers chaque enseigne publie, et en quel volume.
Un avertissement : les questions techniques propres à l’employé de rayon et à l’hôte de caisse — la palette abîmée, l’écart de caisse, le client qui conteste un prix — sont déjà traitées dans notre article sur les questions d’entretien par métier. Nous ne les répétons pas ici. Ce guide couvre ce qui entoure ces postes, et les postes qui les encadrent.
Disponibilité, contrat, salaire : les 4 questions du premier entretien
Dans un magasin, le premier échange sert surtout à vérifier que votre situation est compatible avec le fonctionnement du point de vente. Ces quatre questions tombent quel que soit le poste.
1. « Quelles sont vos disponibilités, y compris le samedi et en horaires décalés ? »
C’est souvent la toute première question, et elle n’a rien de piège. Un magasin ouvre tôt, ferme tard et fait une part importante de son activité le samedi. Le recruteur a besoin de savoir, avant tout le reste, si vous pouvez tenir les créneaux qu’il cherche à pourvoir.
Notre base ne contient pas les horaires des offres, et nous ne vous donnerons donc pas de chiffre. Mais la manière de répondre ne dépend pas d’un chiffre :
Soyez précis : « disponible du lundi au samedi, à partir de 6 h, sauf le mercredi après-midi » vaut mieux que « très flexible ».
Annoncez vos contraintes d’emblée : une contrainte découverte après l’embauche coûte bien plus cher, à vous comme au magasin.
Parlez de trajet si le magasin ouvre tôt : « j’habite à dix minutes, je suis autonome » rassure immédiatement.
2. « Un CDD, ou un temps partiel, vous conviendrait-il ? »
Cette question dit beaucoup du poste. Sur les offres que nous mesurons, la part de CDD varie fortement selon le métier. Chez Intermarché, par exemple, elle atteint 38 % pour le préparateur au drive et 32 % pour l’hôte de caisse, contre 8 % pour le boucher et zéro pour le chef de rayon. Chez Carrefour, 22 des 59 offres d’hôte de caisse sont des CDD. Chez Lidl, aucune.
Si la question vous est posée, c’est probablement qu’un CDD ou un temps partiel est envisagé. Deux réponses efficaces :
Si vous pouvez l’accepter : dites-le, puis posez à votre tour la question de la suite. « Oui, et j’aimerais savoir si ce type de contrat a déjà débouché sur un CDI dans le magasin. »
Si vous ne le pouvez pas : dites-le calmement, en expliquant pourquoi. Un refus argumenté ne ferme pas la porte ; il permet au recruteur de vous proposer un autre poste s’il en a un.
3. « Pourquoi notre enseigne plutôt qu’une autre ? »
La plupart des candidats répondent par le salaire ou la réputation. C’est une erreur, et les chiffres montrent pourquoi : sur le poste d’employé de rayon, la médiane affichée est de 1 867 € brut mensuel chez Intermarché, Carrefour, E.Leclerc, Aldi et Auchan, et de 1 873 € chez Super U. Seul Lidl s’en écarte, avec 1 961 €. Le salaire ne distingue presque aucune enseigne d’une autre.
Ce qui les distingue, et ce qui fait une bonne réponse :
la proximité du magasin, qui garantit votre ponctualité ;
le type de magasin : un supermarché avec rayons traditionnels n’est pas un discounter, et vous pouvez dire lequel vous préférez et pourquoi ;
le contrat proposé : un CDI dans une enseigne qui en publie beaucoup est un argument légitime.
Dans un réseau d’indépendants comme Intermarché, Super U ou E.Leclerc, parlez du magasin plutôt que de l’enseigne : c’est lui qui recrute. Nos portraits d’enseigne pour travailler chez Intermarché et travailler chez Lidl vous donnent la matière pour une réponse précise.
4. « Quelles sont vos prétentions salariales ? »
Sur un poste d’exécution en grande distribution, la réponse est plus simple qu’ailleurs, parce que le salaire d’embauche est une grille. Chez Intermarché, les offres chiffrées d’hôte de caisse, de vendeur en épicerie et de préparateur au drive affichent toutes 1 867 € du premier au troisième quartile : il n’y a rien à négocier sur le montant.
Sur les postes d’exécution, le salaire d’embauche est une grille : la discussion porte sur le contrat et la durée du travail. — Photo : Chris Liverani / Unsplash
Répondez donc en montrant que vous connaissez le marché, puis déplacez la discussion vers ce qui se négocie vraiment :
« Je sais que les postes comme celui-ci se situent autour de 1 870 € brut mensuel à temps plein, et cela me convient. Ce qui compte le plus pour moi, c’est le nombre d’heures et la perspective d’un CDI. »
La situation change pour les métiers qualifiés. Pour un boucher, la médiane nationale est de 2 199 € sur 367 offres, avec un troisième quartile à 2 400 € : là, votre expérience justifie un montant. Pour préparer cette réponse sans vous fermer de porte, notre guide pour parler salaire en entretien propose des formulations complètes.
Le poste au quotidien : les 2 questions sur la polyvalence
5. « Le nettoyage fait partie du poste. Cela vous pose-t-il un problème ? »
Beaucoup de candidats sont surpris par cette question. Les chiffres, eux, ne le sont pas. Dans la famille du vendeur en épicerie, mesurée sur 2 013 offres, la compétence la plus citée n’est pas la vente : c’est « Entretenir, nettoyer un espace, un lieu, un local », écrite dans 96 % des annonces. Dans la famille des métiers de bouche, elle atteint 85 % pour le boucher et 79 % pour le boulanger.
La bonne réponse ne se contente pas d’un « non, aucun problème ». Elle montre que vous comprenez pourquoi c’est important :
« Aucun. Dans un commerce alimentaire, la propreté du rayon fait partie de la sécurité des clients. Dans mon précédent emploi, je nettoyais mon poste à chaque fin de service et je vérifiais les dates des produits en même temps. »
6. « Pouvez-vous passer du rayon à la caisse dans la même journée ? »
Les compétences écrites dans les offres dessinent deux métiers distincts. Pour l’employé de rayon (2 208 offres), la réception, l’implantation, l’étiquetage et le balisage atteignent 95 à 96 %, et l’encaissement 3 %. Pour l’hôte de caisse (665 offres), la tenue de caisse et l’encaissement atteignent 96 à 98 %, et l’accueil 6 %.
Pourtant, la question de la polyvalence revient, précisément parce que les annonces ne l’écrivent pas : un magasin a besoin de renforcer la caisse aux heures de pointe et le rayon le reste du temps. Chez Lidl, où l’employé de rayon représente l’essentiel des offres et l’hôte de caisse très peu, cette polyvalence est la norme. Chez Intermarché, qui publie 85 offres d’hôte de caisse, les rôles sont plus séparés — mais le dépannage reste attendu.
Répondez oui, avec un exemple, et montrez que vous connaissez les exigences propres à chaque poste : « Oui. En caisse, je sais que la priorité est l’exactitude du fond ; en rayon, que c’est la rotation et le balisage. Je sais basculer de l’un à l’autre. »
En caisse, la tenue de caisse est écrite dans 98 % des offres ; en rayon, l’encaissement dans 3 %. — Photo : David Trinks / Unsplash
Rayons traditionnels et drive : les 3 questions de métier
7. « Comment vérifiez-vous la fraîcheur d’un produit à l’étal ? »
C’est la question des rayons frais : poissonnerie, boucherie, fruits et légumes, traiteur. Dans la famille du poissonnier — un échantillon mince de 81 offres, à lire comme une indication —, deux compétences sont écrites dans presque toutes les annonces : « Réceptionner des produits, vérifier la conformité d’une livraison » à 96 % et « Trier les poissons et effectuer leur préparation » à 95 %. Dans la famille du boucher, « Retirer des produits non conformes » arrive en deuxième position, à 18 %, et le contrôle de l’état de conservation à 10 %.
Une réponse solide suit la chaîne du produit :
À la réception : contrôle des températures et de l’aspect, refus ou réserve si nécessaire.
À la mise en place : rotation, les produits les plus anciens devant, glace ou froid renouvelés.
Pendant la journée : contrôle visuel régulier, retrait immédiat de tout produit douteux, information du responsable.
8. « Savez-vous désosser et parer ? Pouvez-vous nous le montrer ? »
Pour les métiers de bouche, l’entretien comporte souvent une partie pratique. Les compétences écrites expliquent pourquoi : dans la famille du charcutier-traiteur, mesurée sur 319 offres, « Découper, désosser, parer de la viande » est citée dans 78 % des annonces, les techniques de parage et de désossage dans 75 % chacune, la salaison dans 22 %.
Ces postes sont très présents dans les supermarchés à rayons traditionnels. Le 17 septembre 2026, Intermarché publie 26 offres de boucher, E.Leclerc 19, Carrefour 15, Super U 9 — et Lidl comme Aldi aucune. Chez Intermarché, 24 de ces 26 offres sont des CDI.
Préparez-vous à trois choses :
nommer vos gestes avec le vocabulaire du métier, pièce par pièce ;
parler d’hygiène avant qu’on vous le demande : nettoyage du laboratoire, entretien des outils, chaîne du froid — l’entretien des équipements est écrit dans 23 % des offres de la famille ;
apporter votre tenue si l’on vous propose un essai, et le demander à l’avance.
9. « Un produit commandé est en rupture. Que faites-vous pour la commande drive ? »
Le préparateur au drive est un métier à part, publié par Carrefour (29 offres), Intermarché (21), Super U (14) et E.Leclerc (9). Son salaire affiché est le plancher commun : 1 867 € de médiane nationale sur 141 offres. Nous n’avons en revanche pas pu mesurer ses compétences : notre base n’en isole pas assez pour ce métier, et nous ne vous inventerons pas de pourcentage.
La question de la rupture revient parce qu’elle résume le poste : rapidité, exactitude et sens du client. Une bonne réponse applique la règle du magasin — substitution par un produit équivalent si le client l’a autorisée, signalement sinon — et montre que vous pensez au client qui viendra chercher sa commande : « Je propose le produit le plus proche si la commande l’autorise, je le signale clairement, et je préviens mon responsable pour que le rayon soit réapprovisionné. »
Le drive est la porte d’entrée où les CDD sont les plus fréquents : 38 % des offres chez Intermarché. — Photo : Maria Lin Kim / Unsplash
Encadrement : les 3 questions pour chef de rayon, responsable de caisses et directeur
Les postes d’encadrement ont leurs propres questions, et elles sont plus prévisibles qu’on ne le croit : les compétences écrites dans les offres sont très concentrées.
10. Chef de rayon : « Comment suivez-vous vos stocks, et que faites-vous d’une démarque qui dérape ? »
Dans la famille du chef de rayon, mesurée sur 184 offres, les compétences écrites décrivent un métier de gestion :
« Assurer le suivi des stocks en temps réel » : 96 % ;
« Réceptionner des produits, vérifier la conformité d’une livraison » : 79 % ;
« Superviser le stockage des produits » : 76 % ;
« Organiser le traitement des commandes » : 60 % ;
« Contrôler la mise en rayon » : 35 %, et « Adapter le plan d’implantation » : 34 %.
Attendez-vous donc à une question sur les stocks, puis à une question sur la démarque — la perte de marchandise. Répondez avec un exemple chiffré : un taux de rupture que vous avez fait baisser, une commande que vous avez ajustée, une démarque que vous avez réduite en modifiant l’implantation. Au niveau national, le salaire affiché de ce poste s’établit à 2 430 € de médiane sur 329 offres.
11. Responsable de caisses : « Comment organisez-vous votre équipe un samedi de forte affluence ? »
La famille du responsable de caisses ne compte que 71 offres, un échantillon mince, mais ses compétences sont d’une netteté remarquable : « Réaliser les transactions monétaires entre le coffre et les caisses » et « Organiser le travail d’une équipe » à 99 %, « Planification des tâches et gestion des priorités » et « Expliquer et faire respecter les règles et procédures » à 97 %.
La question du samedi combine les quatre. Une réponse structurée :
Anticiper : un planning construit sur l’affluence des semaines précédentes, avec des pauses décalées.
Sécuriser les fonds : prélèvements réguliers vers le coffre, fonds de caisse vérifiés à l’ouverture.
Réagir : ouvrir une caisse supplémentaire en mobilisant un employé formé, gérer une absence imprévue.
Faire respecter les procédures même sous pression, notamment sur les annulations et les remboursements.
Le salaire national du poste est de 2 214 € de médiane sur 202 offres. Chez Lidl, les 41 offres chiffrées affichent la même médiane, avec un premier quartile à 2 182 €.
12. Directeur de magasin : « Un rayon sous-performe depuis trois mois. Que faites-vous ? »
Dans la famille du directeur de magasin, mesurée sur 590 offres, trois compétences dominent : « Présenter et valoriser un produit ou un service » à 80 %, « Assurer le suivi des stocks en temps réel » à 77 % et « Organiser le traitement des commandes » à 75 %. L’élaboration d’une stratégie commerciale n’arrive qu’à 19 %.
Le poste est donc décrit comme très opérationnel : la mise en valeur des produits et la maîtrise des flux passent avant la stratégie. Votre réponse doit suivre le même ordre : analyser les chiffres du rayon (ventes, ruptures, démarque), vérifier l’implantation et la mise en avant, contrôler les commandes, puis seulement ajuster l’équipe ou l’offre.
Un point à connaître si vous visez ce poste : il est surtout publié par les enseignes intégrées. Chez Lidl, 39 offres de directeur de magasin sont ouvertes au 17 septembre 2026, avec une médiane de 4 426 € sur 33 offres chiffrées. Dans les réseaux d’indépendants, la direction est souvent assurée par le propriétaire du magasin, et le poste est rarement publié.
Préparer ces 12 questions en une soirée
Vous n’avez pas besoin de réponses apprises par cœur. Vous avez besoin de quatre choses prêtes :
vos disponibilités exactes, écrites, avec vos contraintes ;
un chiffre de salaire et la phrase qui déplace la discussion vers le contrat et les heures ;
trois exemples concrets tirés de votre expérience : un exemple de rigueur, un exemple de polyvalence, un exemple d’hygiène ou de sécurité ;
deux questions à poser au recruteur, par exemple sur les plannings et sur le passage de CDD en CDI.
Vos questions sur l’entretien en grande distribution
Combien de temps dure un entretien en supermarché ?
Nous ne mesurons pas la durée des entretiens, et nous ne vous donnerons pas de chiffre inventé. Ce que l’on peut dire, c’est que les postes d’exécution sont décrits par peu de compétences — trois ou quatre, citées dans plus de 95 % des offres — et que l’entretien porte donc sur peu de sujets : disponibilité, contrat, rigueur, polyvalence. Préparez-les à fond plutôt que de préparer votre parcours en détail.
Faut-il de l’expérience pour être embauché en grande distribution ?
Les compétences exigées pour l’employé de rayon, l’hôte de caisse ou le préparateur au drive sont des gestes — réceptionner, étiqueter, encaisser, nettoyer — et non des années d’ancienneté. Les métiers de bouche et l’encadrement font exception : le désossage est écrit dans 75 % des offres de charcutier-traiteur, le suivi des stocks dans 96 % des offres de chef de rayon.
Peut-on négocier son salaire en grande distribution ?
Rarement sur les postes d’exécution : la médiane de l’employé de rayon est de 1 867 € dans cinq des sept enseignes mesurées, et la fourchette de l’hôte de caisse chez Intermarché est identique du premier au troisième quartile. La marge porte sur le contrat et la durée du travail. Sur les métiers qualifiés, comme boucher, la fourchette s’ouvre et l’expérience compte.
Quelle tenue porter pour un entretien en supermarché ?
Une tenue propre et simple, adaptée au poste : inutile de porter un costume pour un poste en rayon, mais évitez la tenue de sport. Pour un métier de bouche, demandez à l’avance si un essai pratique est prévu et s’il faut apporter une tenue de travail. Pour un poste d’encadrement, alignez-vous sur la tenue du directeur du magasin.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.
Travailler chez Intermarché : salaires affichés, contrats et 15 métiers mesurés sur nos offres
Chercher ce que vaut le fait de travailler chez Intermarché mène à des avis contradictoires et à des salaires que personne ne source. Nous avons préféré mesurer ce que l’enseigne publie elle-même. Au 17 septembre 2026, notre index compte 454 offres actives publiées sous le nom Intermarché : contrats, métiers, salaires affichés, départements, compétences exigées, et la comparaison avec Lidl, Carrefour, Super U, Aldi, Auchan et E.Leclerc. Tout est chiffré, et chaque chiffre porte son effectif.
454 offres actives publiées sous le nom Intermarché au 17 septembre 2026, dont 352 en CDI : c’est la matière de ce guide. — Photo : Marjan Blan / Unsplash
Ce que ce guide mesure, et ce qu’il ne peut pas mesurer
Avant le premier chiffre, une précision qui décide de tout le reste : ce guide ne raconte pas ce que c’est que travailler chez Intermarché. Il raconte ce qu’Intermarché publie quand il recrute. Ce sont deux choses différentes, et la seconde est la seule que l’on puisse vérifier.
D’où viennent ces chiffres
Matchemploi agrège en continu les offres d’emploi diffusées en France. Au 17 septembre 2026, l’index compte 147 854 offres actives, dont 128 402 portent un nom d’employeur, soit 87 %. Les 19 452 autres sont anonymes : l’annonceur ne se nomme pas, et aucune méthode honnête ne permet de les rattacher à une enseigne.
Parmi les offres nommées, nous avons isolé celles qui portent le nom Intermarché. Le périmètre retenu pour ce guide compte 454 offres. Elles arrivent sous plusieurs graphies, qu’il faut connaître pour lire correctement la suite :
« INTERMARCHE », en capitales et sans accent : 244 offres ;
« Intermarché », avec accent : 164 offres ;
des noms de magasin : « INTERMARCHE BARATIER » et « INTERMARCHE VALENCE D AGEN » (6 offres chacun), « INTERMARCHE CONTACT » (5), « INTERMARCHE FAYL BILLOT » et « INTERMARCHE VDM » (3 chacun), puis une dizaine de libellés à une ou deux offres.
Un point de méthode mérite d’être dit franchement. Certains magasins publient sous un nom accentué suivi de leur ville — « Intermarché Caussade », « Intermarché Condom », « Intermarché Saint Flour ». En recensant tous les employeurs dont le nom contient « intermarch », on trouve 52 noms distincts et 498 offres. L’écart avec nos 454 offres tient à ces libellés de magasin, que notre rapprochement principal ne capte pas tous. Nous avons gardé le périmètre de 454 offres pour une raison simple : c’est le seul sur lequel nous pouvons croiser métiers, contrats, salaires et départements avec la même requête. Retenez donc que tous les volumes de ce guide sont des planchers.
Les six limites de cette méthode
Un chiffre sans ses limites induit en erreur. Voici ce que ces 454 offres ne disent pas :
Elles ne mesurent pas les effectifs. Une enseigne qui recrute beaucoup par le bouche-à-oreille ou par candidature spontanée paraîtra petite ici. Nous comparons des volumes d’annonces, jamais des nombres de salariés ou de magasins.
Elles ne disent rien des conditions de travail. Horaires, ambiance, management, charge physique : rien de cela n’est mesurable dans une annonce, et nous ne l’inventerons pas.
Elles ne donnent que le salaire affiché à l’embauche, hors primes, hors ancienneté, hors intéressement. Et chez Intermarché, nous le verrons, ce salaire n’est affiché que dans une minorité d’offres.
Elles ne précisent pas toujours la durée du travail. Un montant mensuel peut correspondre à un temps plein comme à un temps partiel, et notre base ne contient pas la durée hebdomadaire.
Elles viennent presque toutes d’un seul canal. Les 454 offres proviennent de France Travail. Aucune n’arrive par La Bonne Alternance ni par un autre diffuseur, ce qui pèse sur ce que l’on peut dire de l’alternance.
Elles décrivent un instant. Le 17 septembre 2026, pas l’année. Nous verrons d’ailleurs que le volume a nettement bougé en deux semaines.
La particularité qui explique presque tout : un réseau d’indépendants
Intermarché n’est pas organisé comme Lidl ou Aldi. Ses magasins sont exploités par des chefs d’entreprise indépendants, adhérents du Groupement Les Mousquetaires, qui réunit aussi Netto et Bricomarché. Chaque point de vente est une entreprise à part entière, qui recrute pour elle-même.
Ce n’est pas un détail d’organigramme. C’est la clé de lecture de presque tous les chiffres qui suivent : la dispersion des graphies, la rareté du salaire affiché, l’implantation hors des grandes villes, la présence de métiers de bouche. Quand vous postulez chez Intermarché, vous ne postulez pas auprès d’un siège national : vous postulez auprès d’un magasin et de son patron. Gardez cette idée en tête, elle revient à chaque section.
Combien Intermarché recrute, et sous quel contrat
Commençons par le volume et la nature des contrats, parce que c’est la première question que se pose un candidat : est-ce un employeur qui embauche durablement, ou qui remplit des trous ?
454 offres, et 78 % de CDI
Sur les 454 offres actives au 17 septembre 2026, la répartition est la suivante :
CDI : 352 offres, soit 78 % ;
CDD : 100 offres, soit 22 % ;
Intérim : aucune offre ;
Alternance : 9 offres, soit 2 % ;
Stage : aucune offre.
Pour situer ces proportions, rappelons la structure de l’ensemble de notre index le même jour : 65 605 CDI sur 147 854 offres actives, soit 44 %, suivis de 35 525 missions d’intérim et de 33 005 CDD. Intermarché publie donc presque deux fois plus de CDI, en proportion, que le marché dans son ensemble.
L’absence totale d’intérim est un signal à lire correctement. Elle ne veut pas dire qu’aucun magasin n’a jamais recours à une agence : elle veut dire qu’aucune offre publiée sous le nom Intermarché n’est une mission d’intérim. Quand une agence recrute pour un magasin, l’annonce porte le nom de l’agence, pas celui de l’enseigne. Ce que nous voyons, c’est donc le recrutement direct — et ce recrutement direct est très majoritairement en CDI.
Où se trouvent les CDD
Les 100 CDD ne se répartissent pas uniformément. En les rapportant au nombre d’offres de chaque métier, on obtient une carte assez nette de la précarité relative des postes :
Préparateur au drive : 8 CDD sur 21 offres, soit 38 % ;
Hôte de caisse : 27 CDD sur 85 offres, soit 32 % ;
Vendeur en épicerie : 14 CDD sur 49 offres, soit 29 % ;
Employé de rayon : 42 CDD sur 179 offres, soit 23 % ;
Boucher : 2 CDD sur 26 offres, soit 8 % ;
Chef de rayon produits alimentaires : aucun CDD sur 19 offres.
La logique est lisible : plus le poste demande un savoir-faire qui s’apprend long, plus l’employeur cherche à le garder. Un boucher ou un chef de rayon se recrute en CDI ; la caisse et le drive absorbent les variations d’activité. Si vous visez la stabilité, cette liste est plus utile que la moyenne de 78 %.
L’alternance, quasi absente des canaux publics
Neuf offres en alternance, dont sept sur le poste d’employé de rayon. C’est très peu, et la comparaison avec d’autres enseignes le confirme : le même jour, Carrefour en publie 73 et Auchan 75. Deux réserves s’imposent pourtant. D’abord, aucune des 454 offres Intermarché ne vient de La Bonne Alternance, principal canal des contrats d’apprentissage dans notre index. Ensuite, un magasin indépendant peut très bien signer des contrats d’apprentissage sans jamais les publier. Ce que nous pouvons affirmer se limite donc à ceci : si vous cherchez une alternance chez Intermarché, les annonces ne vous y mèneront pas ; la démarche directe auprès des magasins est la voie réaliste.
Un volume qui a reculé de 21 % en deux semaines
Le 3 septembre 2026, en préparant notre guide consacré à Lidl, le même comptage donnait 574 offres Intermarché, dont 450 en CDI et 13 en alternance. Le 17 septembre, nous en mesurons 454, dont 352 en CDI et 9 en alternance. Le recul est de 21 %, alors que l’index entier n’a baissé que de 4 % sur la même période (de 154 370 à 147 854 offres actives).
Nous ne savons pas l’expliquer avec certitude, et nous ne prétendrons pas le faire. Deux hypothèses sont compatibles avec les données : la fin des recrutements de la rentrée, pourvus puis retirés, ou un décalage dans la publication chez France Travail. La proportion de CDI, elle, n’a pas bougé : 78 % dans les deux cas. Le volume fluctue, la structure reste. C’est la structure qu’il faut retenir.
179 offres d’employé de rayon, soit 39 % du volume : le cœur du recrutement d’Intermarché. — Photo : Vitaly Gariev / Unsplash
Les 15 métiers qu’Intermarché publie, et ce qu’ils pèsent
Chaque offre de notre index porte, quand France Travail le fournit, un code ROME : la nomenclature officielle des métiers. Les quinze codes les plus fréquents couvrent 422 des 454 offres Intermarché, soit 93 %. Le tableau ci-dessous les classe par volume.
Métier (libellé ROME)
Offres
Part du total
Employé / Employée de rayon libre-service D1507
179
39 %
Hôte / Hôtesse de caisse D1505
85
19 %
Vendeur / Vendeuse en épicerie D1106
49
11 %
Boucher / Bouchère D1101
26
6 %
Préparateur / Préparatrice au drive N1113
21
5 %
Chef / Cheffe de rayon produits alimentaires D1502
19
4 %
Responsable de département en grande distribution D1509
8
2 %
Boulanger / Boulangère D1102
6
1 %
Responsable de caisses D1508
5
1 %
Charcutier-traiteur / Charcutière-traiteuse D1103
5
1 %
Chargé / Chargée d’accueil M1601
4
1 %
Chef / Cheffe de rayon produits frais D1513
4
1 %
Agent / Agente de propreté de locaux K2205
4
1 %
Responsable de boutique D1302
4
1 %
Poissonnier / Poissonnière D1105
3
1 %
Mesuré le 17 septembre 2026 sur 454 offres actives publiées sous le nom Intermarché. Les parts sont arrondies à l’unité.
Le cœur du recrutement : rayon, caisse, épicerie
Trois métiers concentrent 313 offres, soit 69 % du volume : employé de rayon (179), hôte de caisse (85) et vendeur en épicerie (49). C’est la base de tout supermarché, et il n’y a là aucune surprise. Ce qui est plus instructif, c’est ce qui les entoure.
Chez Lidl, que nous avons mesuré de la même façon, l’employé de rayon pèse plus de la moitié des offres, et l’hôte de caisse presque rien : le modèle du discounter repose sur un poste polyvalent unique. Chez Intermarché, la caisse existe comme métier à part entière, avec 85 offres. Les rôles y sont plus découpés, ce qui est cohérent avec des magasins plus proches du supermarché traditionnel.
Les métiers de bouche : 40 offres qu’on ne trouve pas chez les discounters
C’est la vraie singularité du tableau. En additionnant boucher (26), boulanger (6), charcutier-traiteur (5) et poissonnier (3), on obtient 40 offres de métiers de bouche, soit 9 % du volume. Ajoutez-y les 4 offres de chef de rayon produits frais, qui encadrent précisément ces rayons.
À titre de comparaison, le même jour, Lidl ne publie aucune offre de boucher, et Aldi non plus. Carrefour en publie 15, Super U 9, Auchan 5. Intermarché est l’enseigne qui en publie le plus parmi celles que nous avons mesurées — E.Leclerc suit avec 19.
Pourquoi est-ce important pour vous ? Parce que ces postes sont presque tous en CDI (24 sur 26 pour le boucher), qu’ils demandent un savoir-faire réel, et que c’est là que les salaires affichés décollent du plancher. Si vous avez un CAP boucher, poissonnier ou charcutier-traiteur, Intermarché est probablement l’enseigne de grande distribution où votre diplôme a le plus de débouchés publiés.
Le drive, un métier à part
Avec 21 offres, le préparateur au drive est un métier minoritaire, mais il mérite une ligne parce qu’il est souvent la porte d’entrée la plus accessible. Les compétences demandées ne supposent pas d’expérience en vente, les horaires sont généralement décalés par rapport à l’ouverture du magasin (c’est une lecture, pas une mesure : la base ne contient pas les horaires), et c’est le poste où la part de CDD est la plus forte, à 38 %. Un CDD au drive qui se passe bien est une manière classique d’entrer dans un magasin.
Un encadrement intermédiaire qui recrute à l’extérieur
Cinq métiers d’encadrement apparaissent dans le tableau : chef de rayon produits alimentaires (19), responsable de département (8), responsable de caisses (5), chef de rayon produits frais (4) et responsable de boutique (4). Au total, 40 offres d’encadrement, dont 39 en CDI.
La structure diffère nettement de celle de Lidl, où l’encadrement publié passe par le responsable de boutique, le responsable de caisses et le directeur de magasin. Chez Intermarché, c’est le chef de rayon qui domine. Aucune offre de directeur de magasin n’apparaît dans les quinze premiers métiers : dans un magasin indépendant, la direction est le plus souvent assurée par l’adhérent lui-même, qui n’a pas à se recruter.
Pour un candidat, la conséquence est concrète : le premier échelon d’encadrement, chef de rayon, est publié et ouvert à des profils extérieurs. Vous n’êtes pas obligé d’avoir fait toute votre carrière dans le magasin pour y prétendre.
Les salaires affichés chez Intermarché, métier par métier
Le salaire est la question que tout le monde pose, et celle à laquelle les annonces d’Intermarché répondent le moins. Commençons par ce constat, parce qu’il conditionne la lecture de tous les montants qui suivent.
Seulement 38 % des offres affichent un salaire exploitable
Sur les 454 offres, 172 affichent une rémunération exploitable, soit 38 %. Les autres n’indiquent rien, ou indiquent une formule que l’on ne peut pas convertir en brut mensuel. La comparaison est parlante :
Lidl : 432 offres chiffrées sur 483, soit 89 % ;
Carrefour : 260 sur 454, soit 57 % ;
Aldi : 53 sur 140, soit 38 % ;
Intermarché : 172 sur 454, soit 38 % ;
Auchan : 50 sur 151, soit 33 % ;
Super U : 79 sur 264, soit 30 %.
Le classement recoupe la distinction entre enseignes intégrées et réseaux d’indépendants, sans s’y réduire. Lidl, qui publie depuis une organisation centralisée, affiche presque toujours le salaire. Super U et Intermarché, dont les magasins recrutent chacun pour soi, l’affichent moins d’une fois sur deux. Aldi et Auchan brouillent un peu le tableau : la règle n’est pas mécanique, mais la tendance est nette.
Pour vous, cela signifie une chose : dans près de deux offres Intermarché sur trois, le salaire se découvre en entretien. Il faut donc arriver avec un chiffre en tête, et ce guide est fait pour vous le donner.
Le tableau des salaires mesurables
Nous ne publions une fourchette que lorsqu’au moins cinq offres chiffrées la soutiennent. En deçà, un chiffre n’est qu’une anecdote. Cinq métiers passent ce seuil chez Intermarché. Pour chacun, la colonne de droite donne le marché national du même métier, tous employeurs confondus.
Métier
Chez Intermarché P25 · médiane · P75
Offres chiffrées
Marché national P25 · médiane · P75
Offres chiffrées
Boucher D1101
1 867 · 2 150 · 2 300
7 ⚠
1 971 · 2 199 · 2 400
367
Employé de rayon libre-service D1507
1 867 · 1 867 · 1 907
83 ⚠
1 867 · 1 869 · 1 961
2 937
Hôte de caisse D1505
1 867 · 1 867 · 1 867
35 ⚠
1 867 · 1 867 · 1 940
870
Vendeur en épicerie D1106
1 867 · 1 867 · 1 867
14 ⚠
1 867 · 1 875 · 1 975
2 309
Préparateur au drive N1113
1 867 · 1 867 · 1 867
9 ⚠
1 867 · 1 867 · 1 960
141
Chef de rayon produits alimentaires D1502
moins de 5 offres chiffrées — non publié
—
2 300 · 2 430 · 2 600*
329
Tous métiers confondus —
1 867 · 1 867 · 1 960
172
—
—
Brut mensuel. Colonne Intermarché : offres actives au 17 septembre 2026. Colonne nationale : offres avec salaire publiées ces six derniers mois sur France Travail, ce qui explique des effectifs plus larges. ⚠ = moins de 100 offres chiffrées, à lire avec prudence. * Libellé rendu par notre référentiel : « chef de rayon produits alimentaires », rapprochement non exact.
Le constat principal : un salaire d’embauche calé sur le plancher
Sur quatre des cinq métiers mesurables, les trois repères — premier quartile, médiane, troisième quartile — valent 1 867 € ou s’en écartent de quelques dizaines d’euros. Pour l’hôte de caisse, le vendeur en épicerie et le préparateur au drive, l’écart entre le bas et le haut de la fourchette est nul : toutes les offres chiffrées du quartile inférieur au quartile supérieur affichent le même montant.
Ce montant de 1 867 € n’est pas propre à Intermarché. C’est le plancher qui revient dans toute la grande distribution de notre index : on le retrouve comme premier quartile national de l’employé de rayon, de l’hôte de caisse, du vendeur en épicerie et du préparateur au drive. Intermarché ne paie donc pas moins que le marché à l’embauche. Il paie exactement le marché, là où Lidl, nous le verrons, affiche un peu plus.
Une réserve importante : ces montants sont des bruts d’embauche. Ils ne disent rien des primes, du treizième mois éventuel, de l’intéressement ou de la participation, qui varient d’un magasin à l’autre dans un réseau d’indépendants et n’apparaissent presque jamais dans une annonce.
L’exception du boucher
Le boucher est le seul métier où la fourchette s’ouvre : 1 867 € au premier quartile, 2 150 € de médiane, 2 300 € au troisième quartile. L’écart entre le bas et le haut atteint 433 €, contre zéro en caisse. Au niveau national, la médiane du métier est à 2 199 € sur 367 offres.
Prudence cependant : ces montants reposent sur 7 offres chiffrées seulement. Ils suffisent à dire que le boucher se paie au-dessus de l’employé de rayon chez Intermarché comme ailleurs ; ils ne suffisent pas à dire que l’enseigne paie ses bouchers moins bien que le marché. La différence de 49 € entre les deux médianes est bien inférieure à ce qu’un échantillon de sept offres permet de trancher.
Ce qui est solide, en revanche, c’est la logique : un savoir-faire rare ouvre la fourchette. C’est le seul endroit du tableau où il y a quelque chose à discuter en entretien.
Ce qui a changé depuis le 3 septembre, et pourquoi c’est une leçon
Dans notre guide Lidl, le 3 septembre, l’employé de rayon Intermarché affichait une médiane de 1 960 € — mais sur 32 offres chiffrées seulement. Le 17 septembre, sur 83 offres chiffrées, la médiane est tombée à 1 867 €.
Les magasins n’ont pas baissé leurs salaires en deux semaines. Ce qui a changé, c’est l’échantillon : davantage d’offres affichent un montant, et elles l’affichent au plancher. C’est la meilleure illustration possible de la règle que nous appliquons partout : une médiane sur quelques dizaines d’offres bouge à chaque mise à jour. C’est pourquoi chaque fourchette de ce guide porte son effectif, et pourquoi le symbole ⚠ n’est pas décoratif.
Une grille d’embauche, et une négociation qui se joue ailleurs
Si le salaire affiché est le même partout, faut-il renoncer à en parler ? Non. Mais il faut comprendre où se trouve la marge.
Ce que l’amplitude vous apprend
La colonne la plus utile du tableau n’est pas la médiane, c’est l’écart entre premier et troisième quartile. Quand il est nul, comme en caisse ou au drive, le salaire d’embauche est une grille : le magasin propose le montant, et il y a très peu de chances qu’il le modifie pour un débutant. Quand il s’ouvre, comme chez le boucher, le montant dépend du profil, et c’est votre expérience qui le fixe.
Nous détaillons cette lecture, métier par métier, dans notre article sur le salaire à l’embauche, qui classe trente métiers selon l’amplitude de leurs fourchettes.
Ce que cela change pour votre entretien
Sur un poste à grille, trois leviers restent à votre portée, et aucun ne consiste à réclamer cent euros de plus :
Le contrat. Un CDI plutôt qu’un CDD, sur les métiers où les deux coexistent (caisse, drive, épicerie). C’est souvent plus facile à obtenir qu’une augmentation, et cela vaut davantage.
La durée du travail. Un temps plein plutôt qu’un temps partiel. Le montant mensuel qui s’affiche dépend directement du nombre d’heures, et c’est une question légitime à poser dès le premier entretien.
La polyvalence. Un employé qui peut tenir la caisse, remplir un rayon et dépanner au drive est plus facile à garder et à faire évoluer. C’est un argument d’embauche, et plus tard un argument d’augmentation.
Pour formuler vos prétentions sans vous fermer de porte, notre guide pour parler salaire en entretien propose des formulations prêtes à l’emploi. Et si une offre vous est déjà faite, c’est l’article sur la négociation salariale qui prend le relais.
Dans un réseau d’indépendants, c’est le magasin qui décide
Voici la conséquence la plus pratique de l’organisation d’Intermarché, et c’est une lecture plutôt qu’une mesure : puisque chaque magasin est une entreprise, les éléments de rémunération qui ne figurent pas dans l’annonce — primes, avantages, organisation des horaires — relèvent de chaque point de vente. Deux magasins voisins peuvent donc proposer le même salaire d’embauche et des conditions différentes. Posez la question en entretien, magasin par magasin, plutôt que de vous fier à ce que vous avez entendu sur l’enseigne.
26 offres de boucher chez Intermarché, aucune chez Lidl ni chez Aldi le même jour. — Photo : Nick Guenov / Unsplash
Intermarché face aux autres enseignes : le même métier, sept employeurs
Comparer des enseignes est l’exercice le plus demandé et le plus risqué. Nous l’avons fait avec une règle stricte : même date, même méthode de rapprochement, même seuil de cinq offres chiffrées, et les mêmes codes ROME.
Vue d’ensemble
Enseigne
Offres
dont CDI
CDD
Alternance
Salaire affiché
P25 · médiane · P75
Lidl
483
461 (95 %)
16
5
89 %
1 932 · 1 961 · 2 712
Intermarché
454
352 (78 %)
100
9
38 %
1 867 · 1 867 · 1 960
Carrefour
454
278 (61 %)
132
73
57 %
1 867 · 1 867 · 1 960
Super U
264
211 (80 %)
45
6
30 %
1 867 · 1 919 · 2 040
Auchan
151
49 (32 %)
20
75
33 %
1 867 · 1 870 · 2 003
Aldi
140
122 (87 %)
15
1
38 %
1 867 · 1 867 · 1 909
Mesuré le 17 septembre 2026, tous métiers confondus. Le nombre d’offres mesure ce que chaque enseigne publie sur nos canaux, pas sa taille ni ses effectifs. E.Leclerc est absent de cette vue d’ensemble : son rapprochement ramène aussi 158 offres de « LECLERC VOYAGES », sans rapport avec les magasins. Il reste présent dans les comparaisons par métier, où ce bruit disparaît.
Trois enseignes publient un volume comparable — Lidl, Intermarché, Carrefour — et chacune a un profil très différent :
Lidl recrute presque exclusivement en CDI, affiche presque toujours le salaire, et son troisième quartile monte à 2 712 € parce qu’il publie beaucoup de postes d’encadrement chiffrés.
Carrefour mêle CDI, CDD et alternance : 73 offres en alternance, huit fois plus qu’Intermarché.
Intermarché se situe entre les deux : une forte majorité de CDI, peu d’alternance, et un salaire rarement affiché.
Employé de rayon : le poste que tout le monde publie
Enseigne
Offres
dont CDI
Chiffrées
P25 · médiane · P75
Lidl
277
261
262
1 932 · 1 961 · 1 961
Carrefour
222
143
129
1 867 · 1 867 · 1 960
Intermarché
179
137
83 ⚠
1 867 · 1 867 · 1 907
E.Leclerc
127
94
22 ⚠
1 867 · 1 867 · 1 938
Super U
89
74
35 ⚠
1 867 · 1 873 · 1 964
Aldi
89
78
29 ⚠
1 681 · 1 867 · 1 867
Auchan
30
14
18 ⚠
1 867 · 1 867 · 1 917
Marché national, tous employeurs (6 mois)
—
—
2 937
1 867 · 1 869 · 1 961
Code ROME D1507, mesuré le 17 septembre 2026. Brut mensuel.
La lecture tient en deux phrases. Toutes les enseignes sauf une affichent une médiane à 1 867 € ou à quelques euros près. Lidl est la seule à s’en écarter, avec 1 961 € de médiane, soit 94 € de plus par mois qu’Intermarché, sur un échantillon solide de 262 offres chiffrées.
Le premier quartile d’Aldi, à 1 681 €, mérite une remarque : il tombe sous le plancher commun, ce qui évoque des contrats à temps partiel plutôt qu’un taux horaire plus faible. C’est une lecture, pas une mesure — notre base ne contient pas la durée hebdomadaire.
Chez Intermarché, un employé de rayon sur quatre est recruté en CDD (42 sur 179), contre un sur seize chez Lidl (16 sur 277). Si le CDI immédiat est votre priorité, c’est un écart qui compte davantage que les 94 €.
Les autres métiers, enseigne par enseigne
Sur les métiers moins publiés, les effectifs deviennent minces et la comparaison des salaires perd en solidité. Les volumes, eux, restent instructifs.
Hôte de caisse, code D1505
Intermarché est l’enseigne qui en publie le plus : 85 offres, devant Carrefour (59), E.Leclerc (35), Super U (33) et Lidl (25). Là où le salaire est mesurable, il est identique : 1 867 € de médiane chez Intermarché (35 offres chiffrées), Carrefour (39) et Super U (8). La part de CDD, en revanche, varie : 27 sur 85 chez Intermarché, 22 sur 59 chez Carrefour, aucune chez Lidl.
Vendeur en épicerie, code D1106
Intermarché publie 49 offres, E.Leclerc 38, Carrefour et Super U 30 chacun, Auchan 6. Les médianes se tiennent dans un mouchoir : 1 867 € chez Intermarché (14 offres chiffrées), 1 893 € chez Super U (10), 1 899 € chez Auchan (6), 1 934 € chez Carrefour (22), 1 960 € chez E.Leclerc (7). Aucun de ces écarts n’est significatif avec de tels effectifs.
Boucher, code D1101
Intermarché en tête avec 26 offres, devant E.Leclerc (19), Carrefour (15), Super U (9) et Auchan (5). Lidl et Aldi : zéro. Chez Carrefour, les 5 offres chiffrées donnent une médiane de 1 960 € ; chez Intermarché, les 7 offres chiffrées donnent 2 150 €. Ne tirez pas de conclusion de ces deux chiffres : ils reposent sur douze offres à eux deux.
Préparateur au drive, code N1113
Carrefour en publie 29, Intermarché 21, Super U 14, E.Leclerc 9. Médiane de 1 914 € chez Carrefour (19 offres chiffrées), 1 867 € chez Intermarché (9) et Super U (5). Carrefour propose aussi 5 de ces postes en alternance ; Intermarché aucun.
Chef de rayon produits alimentaires, code D1502
Intermarché publie 19 offres, toutes en CDI. Auchan en publie 14, toutes en alternance : ce ne sont pas des postes de chef de rayon, ce sont des formations pour le devenir. Carrefour et E.Leclerc en publient 13 chacun, Super U 12, Lidl 1. Seul Carrefour atteint le seuil de salaire, avec une médiane de 1 996 € sur 8 offres chiffrées — un montant étonnamment bas pour un poste d’encadrement, probablement tiré par ses 4 offres en alternance. Chez Intermarché, le salaire du chef de rayon n’est pas mesurable.
Ce que dit cette comparaison, et ce qu’elle ne dit pas
Elle dit que, à l’embauche et sur les postes d’exécution, Intermarché paie comme le marché — ni moins, ni plus — et que seul Lidl se distingue par le haut. Elle dit qu’Intermarché publie davantage de postes en caisse et en boucherie que ses concurrents directs, et davantage de CDI que Carrefour ou Auchan.
Elle ne dit rien des évolutions de salaire après l’embauche, de la politique de primes de chaque magasin, ni de la qualité de vie au travail. Ces sujets se traitent en entretien, avec les questions que nous proposons dans notre guide des questions à poser au recruteur.
Aucune offre Intermarché à Paris le 17 septembre 2026, 21 dans le Tarn-et-Garonne. — Photo : @felkhadri / Unsplash
Où Intermarché recrute : la France des villes moyennes et des campagnes
La répartition géographique est le chiffre qui surprend le plus, et celui qui illustre le mieux le modèle de l’enseigne.
Les vingt départements les mieux servis
Département
Offres Intermarché
Tarn-et-Garonne (82)
21
Hautes-Alpes (05)
20
Haute-Marne (52)
17
Eure-et-Loir (28)
16
Cantal (15)
14
Haute-Loire (43)
14
Puy-de-Dôme (63)
12
Ardèche (07)
11
Landes (40)
11
Hautes-Pyrénées (65)
11
Var (83)
11
Aude (11)
10
Alpes-de-Haute-Provence (04)
10
Ariège (09)
9
Corrèze (19)
9
Doubs (25)
9
Gers (32)
9
Gironde (33)
9
Orne (61)
9
Pyrénées-Orientales (66)
9
Mesuré le 17 septembre 2026. Volume par département = plancher : une offre dont le lieu n’est pas identifiable n’est rattachée à aucun département. Le nom principal « INTERMARCHE » couvre à lui seul au moins 79 départements.
Ces vingt départements rassemblent 241 offres, soit 53 % du total. Regardez maintenant les grandes métropoles, le même jour :
Paris : aucune offre ;
Bouches-du-Rhône : 1 offre ;
Rhône : 2 offres ;
Loire-Atlantique : 3 offres ;
Haute-Garonne : 5 offres ;
Nord : 8 offres.
Le Tarn-et-Garonne publie plus d’offres Intermarché que le Rhône, les Bouches-du-Rhône, la Loire-Atlantique et la Haute-Garonne réunis. Le Cantal, l’un des départements les moins peuplés de France, en publie quatorze.
Ce que cette répartition veut dire pour vous
Deux conséquences pratiques, très différentes selon l’endroit où vous vivez.
Si vous habitez une ville moyenne ou une zone rurale, Intermarché est probablement l’un des employeurs privés qui publient le plus d’offres près de chez vous, souvent en CDI. Dans beaucoup de ces départements, les grandes enseignes intégrées sont moins présentes, et le supermarché local est l’un des rares recruteurs de volume. C’est une vraie opportunité, notamment pour une reconversion sans diplôme.
Si vous habitez une grande métropole, ne vous fiez pas aux annonces : leur rareté ne signifie pas que les magasins n’embauchent pas, mais qu’ils ne passent pas par les canaux que nous mesurons. La candidature spontanée, déposée directement au magasin, devient alors la voie principale. Nous y revenons dans la section consacrée à la candidature.
Un recrutement de proximité, magasin par magasin
La présence de libellés comme « INTERMARCHE BARATIER » (Hautes-Alpes), « INTERMARCHE VALENCE D AGEN » (Tarn-et-Garonne) ou « INTERMARCHE FAYL BILLOT » (Haute-Marne) confirme la lecture : chaque magasin publie ses propres offres, souvent plusieurs à la fois. Les 6 offres d’Intermarché Valence d’Agen, toutes en CDI et toutes chiffrées, représentent à elles seules plus d’un quart des offres du Tarn-et-Garonne. Un seul magasin qui ouvre un rayon ou renouvelle une équipe peut faire bouger les chiffres d’un département entier.
Au-delà d’Intermarché : les autres enseignes du groupement
Le Groupement Les Mousquetaires ne se limite pas à Intermarché. Si votre projet est de travailler dans cet univers, trois autres noms publient des offres dans notre index au 17 septembre 2026.
Bricomarché : 80 offres, 64 en CDI
L’enseigne de bricolage du groupement publie 80 offres sous quatre graphies (« BRICOMARCHE » 45, « Bricomarché » 31, puis deux magasins). 64 sont en CDI, 16 en CDD, aucune en alternance. Sur les 35 offres chiffrées, la fourchette est de 1 867 € · 1 867 € · 1 884 € : la même grille d’embauche qu’en alimentaire.
Netto : 35 offres, à isoler avec soin
Le discounter du groupement publie 35 offres sous les noms « Netto » et « NETTO », dont 26 en CDI et 9 en CDD. Attention si vous cherchez vous-même : une recherche sur « netto » ramène aussi des dizaines d’entreprises de nettoyage, qui n’ont rien à voir avec l’enseigne. Seules 12 offres Netto sont chiffrées, trop peu pour une fourchette fiable par métier.
Le groupement et sa logistique
« Groupement Mousquetaires » publie 43 offres en son nom, dans au moins 16 départements et sur 13 métiers différents. Aucune n’affiche de salaire mesurable. S’y ajoutent 5 offres d’« ITM Logistique Alimentaire International », toutes en CDI et toutes chiffrées. Ce sont les postes des fonctions support et de la chaîne d’approvisionnement : un autre univers que le magasin, avec d’autres métiers.
Ce que les offres exigent réellement
Les offres de France Travail portent souvent une liste de compétences structurées. En les comptant sur l’ensemble d’une famille de métiers, on obtient ce que les employeurs écrivent vraiment — pas ce qu’on imagine qu’ils attendent. Les pourcentages ci-dessous portent sur tous les employeurs de la famille, pas sur Intermarché seul : les effectifs de l’enseigne seraient trop minces pour être fiables, et le contour d’un métier varie très peu d’une enseigne à l’autre.
Employé de rayon, sur 2 208 offres
Quatre compétences saturent les annonces, pratiquement à égalité :
« Réceptionner des produits, vérifier la conformité d’une livraison » : 96 % ;
« Organiser, aménager un espace de vente » : 96 % ;
« Réaliser l’étiquetage de produits » : 96 % ;
« Contrôler le balisage et l’étiquetage des produits en rayon » : 95 %.
Aucune autre compétence ne dépasse 5 %. Le poste est donc décrit avec une précision rare : réception, implantation, étiquetage, contrôle. Si votre CV ou votre entretien ne cite aucun de ces quatre gestes, vous parlez à côté de l’annonce.
Hôte de caisse, sur 665 offres
« Règles de tenue de caisse » : 98 % ;
« Procéder à l’encaissement » : 97 % ;
« Procédures d’encaissement » : 96 % ;
« Accueillir, informer et orienter les clients » : 6 %.
La relation client n’est écrite que dans 6 % des offres. Cela ne veut pas dire qu’elle ne compte pas ; cela veut dire que l’employeur recrute d’abord sur la fiabilité de la caisse. Un écart de caisse se voit tous les soirs. Mettez en avant la rigueur avant le sourire.
Vendeur en épicerie, sur 2 013 offres
« Entretenir, nettoyer un espace, un lieu, un local » : 96 % ;
« Retirer des produits non conformes » : 20 % ;
« Procéder à l’encaissement » : 13 % ;
« Contrôler l’état de conservation d’un produit périssable » : 11 % ;
« Informer, renseigner une personne sur les articles en vente » : 10 %.
Le résultat surprend, et il est pourtant solide : dans la famille du vendeur en épicerie, l’entretien de l’espace de vente arrive largement en tête, loin devant la vente elle-même. C’est un métier polyvalent, où l’on nettoie, retire les produits périmés, encaisse et conseille. Montrer que ces tâches ne vous rebutent pas est un argument réel.
Dans la famille du boulanger, l’entretien de l’espace est écrit dans 79 % des offres, le façonnage dans 18 %. — Photo : Elisha Terada / Unsplash
Les métiers de bouche : ce que les chiffres montrent, et ce qu’ils brouillent
Ici, une précaution de lecture s’impose. Quand on interroge notre base sur le boucher ou le boulanger, l’échantillon mesuré regroupe une large famille de métiers de l’alimentation — plus de 2 000 offres — et la compétence qui domine est commune à toute la famille : l’entretien des locaux. Les gestes du métier y sont dilués. Voici ce que donne chaque mesure, avec cette réserve en tête.
Boucher, sur 2 258 offres de la famille
« Entretenir, nettoyer un espace, un lieu, un local » : 85 % ;
« Retirer des produits non conformes » : 18 % ;
« Découper, désosser, parer de la viande » : 11 % ;
« Contrôler l’état de conservation d’un produit périssable » : 10 %.
Charcutier-traiteur, sur 319 offres
Échantillon plus resserré, et bien plus parlant sur le savoir-faire :
« Découper, désosser, parer de la viande » : 78 % ;
« Techniques de parage des viandes » : 75 % ;
« Techniques de désossage » : 75 % ;
« Entretenir, nettoyer un espace » : 24 % ;
« Entretenir un équipement, une machine » : 23 % ;
« Réaliser la salaison d’une viande » : 22 %.
Poissonnier, sur 81 offres
Échantillon mince, sous le seuil de 100 offres : à lire comme une indication.
« Réceptionner des produits, vérifier la conformité d’une livraison » : 96 % ;
« Trier les poissons et effectuer leur préparation » : 95 %.
Boulanger, sur 2 505 offres de la famille
« Entretenir, nettoyer un espace, un lieu, un local » : 79 % ;
« Bouler et effectuer la tourne ou le façonnage des pâtons » : 18 %.
La leçon commune est simple : en rayon traditionnel, l’hygiène est écrite avant le geste. Un candidat qui maîtrise la découpe mais ne dit pas un mot du nettoyage du laboratoire, de la chaîne du froid et du retrait des produits non conformes rate la moitié de ce qui est demandé.
Dans la famille du poissonnier, la réception et la préparation du poisson sont écrites dans plus de neuf offres sur dix. — Photo : Brett Jordan / Unsplash
Chef de rayon, sur 184 offres
C’est le poste d’encadrement qu’Intermarché publie le plus. Ses compétences dessinent un métier de gestion plus que de vente :
« Assurer le suivi des stocks en temps réel » : 96 % ;
« Réceptionner des produits, vérifier la conformité d’une livraison » : 79 % ;
« Superviser le stockage des produits » : 76 % ;
« Organiser le traitement des commandes » : 60 % ;
« Contrôler la mise en rayon des articles » : 35 % ;
« Adapter le plan d’implantation des articles » : 34 %.
Le suivi des stocks est écrit dans presque toutes les annonces ; l’animation d’équipe n’apparaît pas dans les compétences structurées les plus fréquentes. Ce n’est pas qu’elle soit absente du poste, c’est que l’employeur formalise d’abord ce qui se mesure : la rupture et la démarque. Préparez des exemples chiffrés sur ces deux sujets.
Responsable de caisses, sur 71 offres
Échantillon mince, mais d’une netteté remarquable :
« Réaliser les transactions monétaires entre le coffre et les caisses » : 99 % ;
« Organiser le travail d’une équipe » : 99 % ;
« Planification des tâches et gestion des priorités » : 97 % ;
« Expliquer et faire respecter les règles et procédures » : 97 %.
Ici, l’encadrement est explicitement écrit, aux côtés de la gestion des fonds. C’est le poste naturel d’évolution pour un hôte de caisse expérimenté.
Quel poste viser : l’escalier, marche par marche
En réunissant volumes, contrats, salaires et compétences, on peut dessiner la progression que suggèrent les offres d’Intermarché. Ce n’est pas un plan de carrière garanti : c’est ce que les chiffres rendent plausible.
Marche
Poste
Offres
Part de CDI
Salaire affiché
1
Préparateur au drive
21
57 %
1 867 € (9 chiffrées ⚠)
1
Hôte de caisse
85
67 %
1 867 € (35 chiffrées ⚠)
1
Vendeur en épicerie
49
71 %
1 867 € (14 chiffrées ⚠)
1
Employé de rayon
179
77 %
1 867 € (83 chiffrées ⚠)
2
Métiers de bouche (boucher, boulanger, charcutier, poissonnier)
40
93 %
boucher : 2 150 € (7 chiffrées ⚠)
3
Responsable de caisses
5
4 sur 5
non mesurable
3
Chef de rayon (produits alimentaires et frais)
23
100 %
non mesurable
4
Responsable de département
8
100 %
non mesurable
Mesuré le 17 septembre 2026 sur les offres Intermarché. Médianes de salaire brut mensuel. Métiers de bouche : 37 CDI sur 40 offres.
Trois observations qui changent la stratégie
La première marche est large et homogène. Quatre postes, 334 offres, le même salaire d’embauche. Le choix entre eux ne se fait pas sur l’argent mais sur le contrat : l’employé de rayon offre la meilleure probabilité de CDI, le drive la moins bonne.
Le diplôme fait sauter une marche. Un CAP de boucher, de poissonnier ou de charcutier-traiteur vous place directement sur des postes à 93 % en CDI, où le salaire s’ouvre. C’est la seule marche où la formation initiale se traduit immédiatement dans les annonces. Si vous envisagez une reconversion, notre article sur les formations CPF qui débouchent détaille les métiers où une formation courte paie.
L’encadrement est publié, mais pas chiffré. 36 offres d’encadrement intermédiaire, aucune avec un salaire mesurable. Pour vous situer, les repères nationaux restent le meilleur outil : 2 430 € de médiane pour un chef de rayon produits alimentaires sur 329 offres, 2 214 € pour un responsable de caisses sur 202 offres. Notre guide des salaires par métier en détaille d’autres.
Le calcul à faire avant de postuler
Avant d’envoyer une candidature, posez-vous trois questions simples, dans cet ordre :
L’offre affiche-t-elle un salaire ? Si non — c’est le cas de 62 % des offres —, prenez 1 867 € brut mensuel comme référence pour un poste d’exécution à temps plein, et vérifiez la durée du travail dès le premier échange.
Est-ce un CDI ou un CDD ? Sur un CDD en caisse ou au drive, demandez en entretien si des CDI ont été proposés à l’issue de contrats précédents. La réponse vous en apprendra beaucoup sur le magasin.
Le magasin est-il près de chez vous ? Dans un réseau d’indépendants, chaque magasin est un employeur distinct. Postuler dans le magasin le plus proche n’est pas un pis-aller : c’est la bonne cible.
Dans un réseau d’indépendants, chaque magasin est un employeur : la candidature se prépare magasin par magasin. — Photo : Kelly Sikkema / Unsplash
Comment candidater chez Intermarché, étape par étape
Les chiffres qui précèdent ne servent à rien s’ils ne changent pas votre façon de postuler. Voici la méthode qu’ils suggèrent.
1. Choisir entre l’annonce et la candidature spontanée
Tout dépend de l’endroit où vous vivez. Dans les départements où Intermarché publie beaucoup — Tarn-et-Garonne, Hautes-Alpes, Haute-Marne, Eure-et-Loir, Cantal, Haute-Loire —, les annonces sont nombreuses et il faut commencer par elles. Dans les grandes métropoles, où elles sont presque absentes, la candidature spontanée devient la voie principale.
Dans les deux cas, la candidature spontanée est plus efficace qu’ailleurs, pour une raison structurelle : le destinataire est le patron du magasin, qui décide lui-même. Notre article consacré à la lettre de candidature spontanée propose sept modèles, dont plusieurs adaptés à un commerce de proximité.
2. Écrire un CV qui reprend les mots de l’annonce
Les compétences mesurées plus haut sont votre liste de mots-clés. Pour un poste d’employé de rayon, les mots « réception », « étiquetage », « balisage » et « implantation » doivent apparaître, rattachés à des expériences concrètes. Pour un poste en caisse, « tenue de caisse » et « encaissement ». Notre guide complet du CV détaille la structure qui passe les filtres, et si vous n’avez aucune expérience de la vente, l’article sur le CV sans expérience montre comment remplir une page à partir de rien.
Quelques exemples de formulations qui reprennent la langue des annonces :
« Réception et contrôle des livraisons, deux fois par semaine, avec vérification des bons de livraison » ;
« Mise en rayon et étiquetage selon le plan d’implantation, balisage des promotions » ;
« Tenue d’une caisse sans écart pendant six mois » ;
« Nettoyage quotidien du poste et respect des règles d’hygiène alimentaire ».
3. Une lettre courte, tournée vers le magasin
Pour un poste d’exécution, une lettre de dix lignes suffit, et beaucoup de magasins n’en demandent pas. Si vous en écrivez une, parlez du magasin plutôt que de l’enseigne : sa localisation, son rayon traditionnel si vous visez la boucherie, votre disponibilité. Le guide de la lettre de motivation propose une structure en quatre paragraphes qui fonctionne très bien pour ce type de poste.
4. Préparer l’entretien sur ce qui n’est pas écrit
Les annonces vous disent ce qui est exigé ; l’entretien porte sur ce qui ne l’est pas : disponibilités, week-ends, polyvalence, tenue du rythme, rapport à l’hygiène. Pour chaque métier de la grande distribution, les questions les plus probables se déduisent des compétences mesurées. Nous les avons détaillées pour l’employé de rayon et l’hôte de caisse dans notre article sur les questions d’entretien par métier, et le guide complet de l’entretien couvre le reste.
Trois questions à poser vous-même, spécifiques à un magasin indépendant :
« Comment sont organisés les plannings, et avec quel délai sont-ils communiqués ? »
« Les CDD de ce poste ont-ils déjà débouché sur des CDI dans le magasin ? »
« Existe-t-il des primes ou des avantages propres au magasin, en plus du salaire de base ? »
5. Postuler en volume, magasin par magasin
Parce que chaque magasin est un employeur distinct, une candidature refusée dans l’un ne dit rien de vos chances dans le magasin voisin. Dans un rayon de trente kilomètres, il peut y avoir plusieurs points de vente de l’enseigne, plus des Netto et des Bricomarché du même groupement. Chacun est une candidature à part entière.
Ce que nous n’avons pas pu mesurer
Par honnêteté, voici la liste de ce que ce guide ne contient pas, et pourquoi :
Le salaire des postes d’encadrement chez Intermarché : aucun des métiers d’encadrement n’atteint cinq offres chiffrées.
Les horaires et la durée du travail : notre base ne les contient pas. Un montant mensuel peut désigner un temps partiel.
Les primes, l’intéressement, la participation : ils figurent rarement dans une annonce et varient d’un magasin à l’autre.
Les évolutions de carrière réelles : l’escalier présenté plus haut décrit ce que les offres rendent plausible, pas ce que vivent les salariés.
Les compétences propres à Intermarché : les effectifs de l’enseigne sont trop minces pour une mesure fiable ; nous avons mesuré les familles de métiers, tous employeurs confondus.
Les offres des magasins publiées sous un nom sans rapport avec l’enseigne (raison sociale de la société d’exploitation) : elles sont invisibles pour notre rapprochement, ce qui fait de chaque volume un plancher.
Ce guide vous donne le chiffré, le vérifiable et le comparable. Il ne remplace pas une conversation avec quelqu’un qui travaille dans le magasin qui vous intéresse — il vous permet d’arriver à cette conversation en sachant de quoi vous parlez. Si vous hésitez encore entre deux enseignes, notre guide pour travailler chez Lidl applique exactement la même méthode.
Vos questions sur le travail chez Intermarché
Quel est le salaire d’un employé de rayon chez Intermarché ?
Sur les 83 offres chiffrées au 17 septembre 2026, la médiane affichée est de 1 867 € brut mensuel, avec un premier quartile à 1 867 € et un troisième à 1 907 €. C’est le salaire du marché : la médiane nationale du métier est de 1 869 €. Seul Lidl affiche plus, avec 1 961 €. Ces montants sont des bruts d’embauche, hors primes et hors ancienneté.
Intermarché recrute-t-il en CDI ?
Oui, majoritairement : 352 offres sur 454 sont des CDI, soit 78 %, contre 44 % sur l’ensemble du marché. La part de CDI varie selon le poste : toutes les offres de chef de rayon sont en CDI, 24 sur 26 pour le boucher, mais seulement 57 % pour le préparateur au drive, où les CDD sont les plus fréquents.
Peut-on travailler chez Intermarché sans expérience ?
Les compétences exigées sur les postes d’exécution sont des gestes — réceptionner, étiqueter, encaisser, nettoyer — et non des années d’ancienneté. Rien dans les annonces ne ferme ces postes à un débutant. Le préparateur au drive et l’employé de rayon sont les portes d’entrée les plus larges, avec 200 offres à eux deux. En revanche, notre mesure ne dit pas ce que chaque magasin exige en pratique.
Intermarché propose-t-il des alternances ?
Très peu sur les canaux publics : 9 offres au 17 septembre 2026, contre 73 chez Carrefour et 75 chez Auchan. Aucune n’est publiée par La Bonne Alternance. Comme chaque magasin est une entreprise indépendante, la démarche la plus réaliste est de proposer directement votre projet d’apprentissage au magasin, avec une candidature spontanée.
Préparez votre prochain entretien avec Matchemploi
Coach entretien, dossier de préparation personnalisé, questions à poser par interlocuteur : votre profil travaille pour vous.