Préparateur de commandes : 8 chiffres à connaître avant de postuler en entrepôt

Une allée d'entrepôt bordée de rayonnages chargés de cartons

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Préparateur de commandes : 8 chiffres à connaître avant de postuler en entrepôt

Le métier de préparateur de commandes recrute partout, mais pas comme on l’imagine. Au 15 octobre 2026, 1 895 offres actives de notre index relèvent de ce métier, et les mêmes chiffres reviennent : deux gestes exigés dans la quasi-totalité des annonces, neuf offres sur dix publiées par une agence d’intérim, un salaire serré autour de 1 900 € brut. Voici les huit mesures à connaître avant d’envoyer votre candidature, et ce qu’elles changent pour vous.

Une allée d'entrepôt bordée de rayonnages chargés de cartons
1 895 offres actives relèvent du métier de préparateur de commandes au 15 octobre 2026. — Photo : Lance Chang / Unsplash

Comment nous avons mesuré le métier

Les chiffres de cet article viennent tous de la base d’offres de Matchemploi, interrogée le 15 octobre 2026. Elle compte ce jour-là 155 891 offres actives, toutes sources confondues. Pour le préparateur de commandes, nous avons croisé trois lectures :

  • le code métier (fiche ROME N1103, « préparation de commandes ») : 1 895 offres actives, dont 1 320 portent l’intitulé exact ;
  • les compétences écrites dans les annonces, mesurées sur un échantillon de 1 207 offres qui les détaillent ;
  • les salaires affichés sur six mois d’offres France Travail, soit 3 773 annonces chiffrées.

Une précaution vaut pour toute la suite : ces chiffres décrivent ce que les employeurs écrivent. Ils ne disent rien des horaires réels, de la cadence ou de l’ambiance d’un entrepôt, que nos données ne contiennent pas. Nous le signalons chaque fois que la tentation de conclure plus loin se présente.

1. 98 % et 96 % : deux gestes, et presque rien d’autre

La première mesure est la plus frappante. Sur les 1 207 annonces qui détaillent leurs compétences, deux reviennent presque systématiquement :

  • « Charger, décharger, manutentionner des produits » : 98 % des offres ;
  • « Prélever les produits selon les instructions de préparation de commande et constituer les colis » : 96 %.

Puis plus rien. La troisième compétence, « préparer les commandes en suivant les procédures », tombe à 4 %. Le conditionnement est à 3 %, le suivi des stocks sur informatique, l’inventaire et les gestes et postures de manutention à 1 % chacun.

Ce que cela veut dire pour votre candidature

Les annonces de préparateur de commandes sont standardisées : elles reprennent la définition du métier et s’arrêtent là. Un recruteur n’attend donc pas une liste de dix compétences. Il attend la preuve que vous savez faire les deux gestes, et que vous les tenez dans la durée. Sur un CV, cela s’écrit en une ligne concrète plutôt qu’en adjectifs :

  • « Préparation de 120 à 150 colis par poste, au scanner, en entrepôt de produits frais » ;
  • « Chargement et déchargement de semi-remorques, filmage et étiquetage des palettes ».

Si vous n’avez jamais travaillé en entrepôt, notre guide pour remplir un CV sans expérience montre comment traduire un job étudiant ou un déménagement associatif dans ce langage.

2. 90 % : la porte d’entrée est une agence d’intérim

Qui publie ces offres ? Nous avons classé les 200 premiers employeurs du métier, qui totalisent 1 255 offres. 140 d’entre eux sont des agences d’intérim, et ils publient à eux seuls 1 128 offres, soit 90 % du volume.

Des préparateurs au travail dans un entrepôt, entre cartons et chariots
140 des 200 premiers employeurs du métier sont des agences d’intérim, et publient 90 % de leurs offres. — Photo : Remy Gieling / Unsplash

Les agences qui recrutent le plus

Les volumes ci-dessous fondent les graphies d’un même nom quand l’agence publie sous plusieurs enseignes :

  1. CRIT : 143 offres (CRIT Intérim 76, CRIT 67) ;
  2. Proman : 121 offres, réparties sur 44 départements ;
  3. Manpower : 115 offres (Manpower France 68, Manpower 47) ;
  4. Adecco : 105 offres (Adecco 70, Adecco France 35) ;
  5. Randstad : 87 offres, dans 42 départements ;
  6. Synergie : 84 offres, dans 42 départements.

Viennent ensuite Adéquat (39), Iziwork (36), Partnaire (32) et Start People (27). Le métier compte 632 employeurs distincts, mais la demande visible est concentrée dans une douzaine de réseaux.

Ce que cela change pour vous

Postuler à une annonce d’agence, c’est rarement postuler à un poste précis : c’est entrer dans un vivier. L’agence vous rappellera pour la mission du moment, puis pour la suivante. Il est donc plus efficace de s’inscrire dans deux ou trois agences proches de chez vous que de répondre à vingt annonces identiques. Et l’entretien d’agence obéit à ses propres règles, que nous détaillons dans notre article sur l’entretien en agence d’intérim.

3. 10 % : le CDI existe, mais il est rare

Sur les 1 255 offres des 200 premiers employeurs, la répartition des contrats est sans appel :

  • intérim : 1 080 offres, soit 86 % ;
  • CDI : 120 offres, soit 10 % ;
  • CDD : 43 offres ;
  • alternance : 12 offres, portées notamment par un GEIQ, un CFA et quelques agences.

Pour comparaison, le CDI pèse 46 % de l’ensemble de notre base, tous métiers confondus (71 269 offres sur 155 891). Le préparateur de commandes est donc l’un des métiers où l’intérim domine le plus nettement.

Où trouver les CDI directs

Les employeurs « en direct » sont rares et publient peu chacun. Parmi eux : Leader Temps Partagé, qui propose 8 CDI, Lidl (7 offres, dont 4 CDI), le distributeur alimentaire Sysco (4), Elior Restauration et le transporteur STEF (3 chacun). Une partie des CDI publiés par les agences elles-mêmes sont des CDI intérimaires : notre analyse du CDI intérimaire explique ce que ce contrat garantit, et ce qu’il ne garantit pas.

La stratégie la plus fréquente reste l’embauche à l’issue d’une mission : un intérimaire fiable, sur un site qui recrute, finit souvent par se voir proposer un contrat. Nos données ne permettent pas de chiffrer ce passage, nous ne le chiffrerons donc pas.

4. 1 884 € : un salaire au plancher, et seulement 108 € d’écart

Sur 3 773 offres chiffrées publiées ces six derniers mois, le salaire brut mensuel du préparateur de commandes s’établit ainsi :

  • premier quartile : 1 867 € ;
  • médiane : 1 884 € ;
  • troisième quartile : 1 975 €.

Moins de 110 € séparent une offre du quart bas d’une offre du quart haut. C’est l’une des fourchettes les plus serrées de notre salaire par métier : le fixe se négocie peu. Ce qui fait varier la fiche de paie, ce sont les éléments que l’annonce mentionne parfois et que nos chiffres ne captent pas — primes de froid, de nuit ou d’équipe, heures supplémentaires, prime de productivité. Pour passer du brut au net, notre simulateur de salaire brut en net fait le calcul.

Vue aérienne d'une personne tirant un transpalette jaune sur un sol pavé
Sur 3 773 offres chiffrées, moins de 110 € séparent le premier et le troisième quartile. — Photo : Thomas Rodriguez / Unsplash

Ce que paient les départements qui recrutent le plus

Mesurés sur les seules offres de chaque département (premier quartile / médiane / troisième quartile, offres chiffrées) :

  • Loire-Atlantique : 1 867 / 1 972 / 2 059 € (111 offres), la médiane la plus haute du lot ;
  • Ille-et-Vilaine : 1 867 / 1 919 / 1 975 € (116 offres) ;
  • Gironde : 1 867 / 1 919 / 2 026 € (99 offres) ;
  • Bouches-du-Rhône : 1 867 / 1 902 / 1 975 € (141 offres) ;
  • Rhône : 1 867 / 1 889 / 1 987 € (161 offres) ;
  • Nord : 1 867 / 1 867 / 1 941 € (131 offres), où la médiane se confond avec le plancher.

L’écart entre départements ne dépasse pas une centaine d’euros sur la médiane. Déménager pour gagner davantage n’a donc guère de sens dans ce métier ; choisir le bon entrepôt, avec ses primes, en a beaucoup plus.

5. 80 offres : où se trouvent les entrepôts qui recrutent

Les offres se concentrent le long des grands axes logistiques, loin des centres-villes. Les dix départements qui en comptent le plus au 15 octobre :

  1. Ille-et-Vilaine : 80 offres ;
  2. Rhône : 70 ;
  3. Nord : 70 ;
  4. Eure-et-Loir : 66 ;
  5. Isère : 58 ;
  6. Ain : 53 ;
  7. Somme : 52 ;
  8. Pas-de-Calais : 47 ;
  9. Loiret : 46 ;
  10. Loire-Atlantique : 46.

Ensemble, ils réunissent 588 offres, soit 31 % du total. À l’inverse, Paris n’en compte que 2 et les Hauts-de-Seine 5, quand la Seine-et-Marne en affiche 41 et l’Essonne 20. Le métier vit en périphérie, là où le foncier permet de grands bâtiments.

Ce que cela suppose côté transport

Un entrepôt de grande périphérie est rarement desservi aux heures de prise de poste, surtout en équipe du matin ou de nuit. Des annonces le disent à leur manière, en demandant un « véhicule » ou « permis B ». Nous ne pouvons pas chiffrer cette exigence, mais vérifiez le trajet avant de postuler : c’est souvent lui, plus que le salaire, qui décide si un poste est tenable.

6. Moins de 1 % : le CACES n’est presque jamais écrit

On lit partout que le CACES est indispensable pour travailler en entrepôt. Les annonces de préparateur de commandes disent autre chose : aucune certification de conduite ne figure parmi les quinze compétences les plus citées, dont la dernière pèse 1 %. Même chez les caristes, « conduire un chariot élévateur en respectant les normes de sécurité » n’est écrit que dans 7 % des annonces (échantillon de 1 288 offres).

Notre lecture, qui n’est pas une mesure : le CACES est rarement écrit parce qu’il est vérifié ailleurs, au moment de l’inscription en agence ou de l’accueil sur site. Le préparateur de commandes utilise souvent un transpalette électrique, qui relève de la catégorie 1A du CACES R489 (transpalettes à conducteur porté et préparateurs de commandes au sol). Le posséder ne vous sera pas toujours demandé, mais il vous fera passer devant.

Un homme debout dans un entrepôt, à côté d'un chariot élévateur
Le CACES est rarement écrit dans les annonces, mais il ouvre l’accès aux postes de cariste. — Photo : Andy Sartori / Unsplash

7. 2 333 € : les postes vers lesquels évoluer

Le préparateur de commandes n’est pas un métier sans suite. Trois évolutions se dessinent dans nos données, chacune avec son salaire médian mesuré sur six mois :

  • Cariste : 1 867 / 1 919 / 2 048 € (2 740 offres chiffrées). L’accès passe par le CACES R489, catégorie 3 pour les chariots frontaux, finançable par le CPF ;
  • Magasinier : 1 868 / 1 972 / 2 075 € (3 307 offres). Le métier ajoute la gestion des stocks, citée dans 6 % des annonces seulement : la marche est courte ;
  • Chef d’équipe logistique : 2 137 / 2 333 / 2 708 € (430 offres). C’est le premier vrai saut de salaire, environ 450 € de médiane au-dessus du préparateur.

Pour mesurer le chemin, comparez aussi avec le manutentionnaire, payé 1 867 / 1 868 / 1 975 € (2 775 offres) : le préparateur gagne un peu plus parce qu’il prélève et contrôle, pas seulement parce qu’il porte. Si vous envisagez de financer un CACES ou un titre professionnel, notre sélection des formations CPF qui débouchent recense celles qui mènent à des métiers qui recrutent.

8. Ce que nos chiffres ne disent pas

Un article honnête doit aussi dire ses limites. Trois réalités du métier échappent à nos mesures :

  • la cadence : beaucoup d’entrepôts fixent un nombre de colis ou de lignes par heure. Les annonces le mentionnent rarement de manière structurée ;
  • les horaires : travail en équipe, de nuit, le week-end, dans le froid pour les produits frais. Rien de tout cela n’est un champ exploitable de nos offres ;
  • la pénibilité : le port de charges est implicite dans les 98 % de « manutentionner », mais son poids réel varie d’un entrepôt à l’autre.

Demandez ces trois points à l’agence ou au chef d’équipe avant d’accepter une mission. Ce ne sont pas des questions déplacées : ce sont celles d’un candidat qui compte rester.

Décrocher un poste de préparateur de commandes en 5 étapes

  1. Repérez les entrepôts à moins de trente minutes de chez vous, en tenant compte des horaires de prise de poste.
  2. Inscrivez-vous dans deux ou trois agences parmi celles qui publient le plus dans votre département.
  3. Écrivez un CV d’une page qui illustre les deux gestes exigés, avec un chiffre par expérience.
  4. Préparez l’entretien d’agence : disponibilités, mobilité, permis, expérience du scanner.
  5. Visez la mission qui embauche : demandez dès le départ si le site recrute en CDI à l’issue des missions.
Un homme pousse un chariot chargé de cartons dans un entrepôt
S’inscrire dans deux ou trois agences proches de chez soi vaut mieux que répondre à vingt annonces identiques. — Photo : Kat von Wood / Unsplash

Si ce métier est pour vous une étape de reconversion, notre guide de la reconversion professionnelle détaille les dix étapes, du bilan au premier emploi.

Vos questions sur le métier de préparateur de commandes

Quel est le salaire d’un préparateur de commandes ?

Sur 3 773 offres chiffrées publiées ces six derniers mois, le salaire brut mensuel médian est de 1 884 €, avec un premier quartile à 1 867 € et un troisième quartile à 1 975 €. Les primes de nuit, de froid ou de productivité, que ces chiffres n’incluent pas, font l’essentiel de la différence entre deux postes.

Faut-il un diplôme pour devenir préparateur de commandes ?

Non. Aucune certification ne figure parmi les compétences les plus citées par les annonces, qui exigent surtout de savoir manutentionner (98 %) et prélever selon les instructions (96 %). Un CACES R489, catégorie 1A, reste un atout : il vous fait passer devant les candidats qui n’en ont pas.

Peut-on trouver un CDI de préparateur de commandes ?

Oui, mais il est rare : 10 % des offres des 200 premiers employeurs du métier, contre 86 % d’intérim. La voie la plus courante passe par une mission d’intérim sur un site qui recrute. Les employeurs en direct, comme les enseignes de la distribution ou les transporteurs, publient peu d’offres chacun.

Où recrute-t-on le plus de préparateurs de commandes ?

Dans les départements logistiques : Ille-et-Vilaine (80 offres au 15 octobre 2026), Rhône et Nord (70 chacun), Eure-et-Loir (66), Isère (58). Paris n’en compte que 2. Les entrepôts sont installés en périphérie, ce qui rend souvent le permis ou un véhicule nécessaire.

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