Salaire par métier en 2026 : les fourchettes réelles de 28 métiers qui recrutent

Billets en euros de différentes valeurs étalés sur une surface claire

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Salaire par métier en 2026 : les fourchettes réelles de 28 métiers qui recrutent

Chercher son salaire par métier renvoie presque toujours à des moyennes nationales vieilles de deux ans, tous secteurs confondus, impossibles à opposer à un recruteur. Ce guide prend le problème par l’autre bout : nous avons mesuré ce que les annonces publiées ces six derniers mois affichent réellement, métier par métier. Vingt-huit fourchettes, 16 543 offres chiffrées, en brut mensuel — avec, à chaque fois, le nombre d’offres derrière le chiffre.

Billets en euros de différentes valeurs étalés sur une surface claire
Un salaire ne se discute pas sur une moyenne nationale, mais sur ce que les annonces de votre métier proposent en ce moment. — Photo : Ibrahim Boran / Unsplash

Ce que ces chiffres mesurent, et ce qu’ils ne mesurent pas

Avant de lire une seule fourchette, il faut savoir d’où elle sort. C’est la différence entre un chiffre que vous pouvez prononcer devant un recruteur et un chiffre qui vous fera perdre la main dès qu’il vous demandera votre source.

D’où viennent ces chiffres

Matchemploi agrège en continu les offres d’emploi publiées en France — France Travail, La Bonne Alternance, Adzuna, Jooble. Au 3 septembre 2026, la base compte 154 370 offres actives. Une partie d’entre elles publie une rémunération : un minimum, parfois un maximum, et une périodicité. Ce sont ces offres-là, et elles seules, qui alimentent les fourchettes ci-dessous.

Concrètement, chaque fourchette est calculée sur les offres du métier qui remplissent quatre conditions :

  • elles portent un code métier ROME identifié, ce qui permet de regrouper « comptable », « comptable général » et « collaborateur comptable » sous la même famille ;
  • elles affichent un salaire chiffré, pas la mention « selon profil » ;
  • elles ont été vues en ligne dans les six derniers mois — au-delà, on comparerait à un marché qui n’existe plus ;
  • le montant converti tombe entre 1 400 et 40 000 € brut mensuel, une borne qui écarte les libellés mal renseignés.

Un métier n’apparaît que s’il compte au moins cinq offres chiffrées. Deux annonces ne font pas un marché, et une fourchette calculée sur deux annonces se retournerait contre vous à la première question précise.

Brut mensuel : la seule unité comparable

Les annonces mélangent les unités sans prévenir. Une même journée de recherche vous fera croiser « 24 000 € par an », « 2 000 € par mois », « 13,50 € de l’heure » et « à partir de 1 900 € ». Comparer ces quatre lignes en l’état n’a aucun sens. Tout a donc été ramené au brut mensuel, l’unité dans laquelle se discute un contrat en France.

Annuel, horaire, mensuel : la conversion

Trois règles suffisent, et vous pouvez les appliquer vous-même en lisant une annonce :

  1. Un montant annuel se divise par 12. Attention : certaines entreprises annoncent un annuel sur 13 mois — la division par 12 donne alors un mensuel plus élevé que ce que vous toucherez chaque mois, le treizième mois étant versé à part. Demandez toujours si le montant est « sur 12 ou sur 13 ».
  2. Un montant horaire se multiplie par 151,67, la durée légale mensuelle d’un temps plein en France (35 heures hebdomadaires ramenées au mois). Un « 13 € de l’heure » vaut donc environ 1 972 € brut mensuel à temps plein — et beaucoup moins si le contrat est à 24 heures.
  3. Une fourchette (« entre 2 000 et 2 400 € ») est ramenée à son point médian, ici 2 200 €. C’est la valeur la plus honnête : le bas de fourchette est un argument de recrutement, le haut une exception.

Ces montants sont tous des bruts. Ce que vous verrez sur votre compte en banque est nettement inférieur : comptez, en ordre de grandeur, un peu plus des trois quarts pour un salarié non cadre du privé, un peu moins pour un cadre. Notre convertisseur du salaire brut en net fait le calcul selon votre statut, et c’est le premier réflexe à avoir avant de vous réjouir ou de vous inquiéter d’un chiffre affiché.

Une main pointe les touches d'une calculatrice posée sur un bureau
Annuel, horaire, mensuel, sur 12 ou sur 13 mois : tant que l’unité n’est pas la même, deux offres ne se comparent pas. — Photo : Jakub Żerdzicki / Unsplash

Ce que les quartiles disent vraiment

Chaque métier est décrit par trois nombres, et pas par une moyenne. La moyenne est le pire outil possible ici : trois postes de direction suffisent à la tirer vers le haut et à vous faire croire que le marché paie mieux qu’il ne paie. Nous publions donc des quartiles.

  • Le premier quartile (P25) : un quart des offres proposent moins, trois quarts proposent plus. C’est le bas du marché. En dessous, vous êtes en droit de demander pourquoi.
  • La médiane : la moitié des offres proposent moins, l’autre moitié plus. C’est le chiffre de référence, celui à citer.
  • Le troisième quartile (P75) : seul un quart des offres proposent davantage. C’est le haut du marché ouvert — pas l’exception, mais le plafond raisonnable d’une négociation avec un profil solide.

L’écart entre P25 et P75 est aussi parlant que la médiane elle-même. Un métier dont les quartiles sont serrés — préparateur de commandes, employé de rayon — est un métier où la négociation porte sur cent euros, pas sur cinq cents. Un métier aux quartiles écartés — développeur, commercial, conducteur de travaux — est un métier où votre dossier fait la différence, et où accepter la première proposition coûte cher.

Trois limites à connaître avant de citer un chiffre

L’honnêteté vaut mieux que la précision affichée. Ces fourchettes ont trois défauts, et il faut les connaître pour ne pas se faire reprendre :

  1. Elles ne mesurent que les offres qui affichent un salaire. Les entreprises qui écrivent « rémunération selon profil » sont invisibles ici — et ce ne sont pas les moins bien payées. Sur les postes de cadres, l’affichage est plus rare, ce qui tire mécaniquement certaines fourchettes vers le bas.
  2. Elles ne distinguent pas le temps plein du temps partiel lorsque l’annonce ne le dit pas clairement. Un salaire mensuel bas peut cacher un 24 heures hebdomadaire plutôt qu’une mauvaise paie.
  3. Elles ignorent les variables et les avantages. Primes sur objectifs, treizième mois, intéressement, véhicule, tickets restaurant : rien de tout cela n’est chiffré dans nos données. Sur un poste commercial, c’est parfois un tiers de la rémunération réelle qui manque au tableau.

Ce que vous tenez, ce n’est donc pas « le salaire du métier ». C’est ce que le marché ouvert affiche aujourd’hui pour ce métier. C’est déjà infiniment plus utile qu’une moyenne INSEE de l’an dernier, et c’est vérifiable : chaque chiffre est accompagné de son effectif.

Les 28 fourchettes de salaire par métier, du mieux payé au moins payé

Le tableau qui suit classe les métiers par médiane décroissante. Tous les montants sont en brut mensuel, temps plein. La dernière colonne indique le nombre d’offres chiffrées derrière chaque ligne : c’est votre garantie, et c’est aussi ce qui vous permet de savoir quelles lignes prendre avec des pincettes.

Comment lire le tableau

  • Le libellé est celui du référentiel ROME, pas celui que vous auriez tapé. Un « développeur » est rangé sous « Développeur informatique », un « chauffeur PL » sous « Conducteur de poids lourd ». Le regroupement est volontaire : il donne des effectifs suffisants pour que les quartiles veuillent dire quelque chose.
  • Le symbole ⚠ signale un échantillon de moins de 100 offres. La fourchette reste une indication utile, mais elle bougera d’un mois sur l’autre : ne construisez pas une négociation dessus sans la recouper.
  • La médiane est le chiffre à retenir si vous n’en gardez qu’un. Les deux quartiles servent à savoir de combien vous pouvez vous en écarter sans sortir du marché.

Le tableau complet

Métier (libellé ROME) Bas du marché
P25
Médiane Haut du marché
P75
Offres
chiffrées
Ingénieur / Ingénieure R&D en industrie
H1206
3 167 €3 571 €4 083 €282
Conducteur / Conductrice de travaux du bâtiment
F1201
2 750 €3 333 €3 781 €238
Développeur / Développeuse informatique
M1805
2 183 €2 917 €3 792 €63
Comptable
M1203
2 352 €2 708 €3 125 €1 025
Infirmier / Infirmière en soins généraux
J1506
2 400 €2 700 €2 917 €522
Technicien / Technicienne de maintenance industrielle
I1304
2 292 €2 550 €2 845 €1 031
Commercial / Commerciale auprès des entreprises
D1416
2 200 €2 500 €3 333 €182
Électricien / Électricienne de maintenance
I1309
2 094 €2 342 €2 667 €351
Chargé / Chargée de recrutement
M1502
2 050 €2 250 €2 708 €365
Assistant commercial / Assistante commerciale
D1401
2 036 €2 250 €2 500 €459
Aide-soignant / Aide-soignante
J1501
2 092 €2 250 €2 450 €904
Mécanicien / Mécanicienne automobile
I1604
2 050 €2 250 €2 460 €420
Cuisinier / Cuisinière
G1609
2 000 €2 200 €2 450 €885
Boulanger / Boulangère
D1102
2 018 €2 200 €2 436 €343
Plombier / Plombière sanitaire
F1603
2 059 €2 200 €2 500 €101
Menuisier / Menuisière
H2206
1 975 €2 185 €2 375 €81
Conducteur / Conductrice de poids lourd
N4101
1 975 €2 167 €2 418 €463
Assistant administratif / Assistante administrative
M1607
1 920 €2 083 €2 292 €1 494
Opérateur / Opératrice de production (plasturgie)
H3204
1 975 €2 083 €2 340 €86
Agent / Agente d’entretien du bâtiment
I1203
1 897 €2 064 €2 292 €827
Serveur / Serveuse en restauration
G1803
1 870 €2 059 €2 200 €1 194
Cariste
N1101
1 927 €2 050 €2 059 €606
Secrétaire médical / Secrétaire médicale
M1609
1 868 €2 025 €2 200 €281
Préparateur / Préparatrice de commandes
N1103
1 868 €1 975 €2 059 €852
Manutentionnaire
N1105
1 883 €1 975 €2 059 €536
Coiffeur / Coiffeuse
D1202
1 867 €1 950 €2 098 €289
Employé / Employée de rayon libre-service
D1507
1 867 €1 932 €1 961 €1 539
Vendeur / Vendeuse en épicerie
D1106
1 867 €1 909 €2 034 €1 124

Mesuré le 3 septembre 2026 sur 16 543 offres avec salaire publiées ces six derniers mois, sur une base de 154 370 offres actives. Brut mensuel, temps plein.

Trois enseignements sautent aux yeux avant même d’entrer dans le détail.

Premièrement, l’amplitude est faible. Entre le métier le mieux payé de ce tableau et le moins bien payé, il y a un facteur 1,9 — 3 571 € contre 1 909 €. On est loin des écarts qu’on imagine. La véritable fracture n’est pas entre les métiers du tableau, elle est entre ce tableau et les postes qui n’affichent jamais leur salaire.

Deuxièmement, un plancher se répète à l’identique. Quatre métiers ont exactement le même bas de marché, 1 867 € : coiffeur, employé de rayon, vendeur en épicerie, préparateur de commandes. Ce n’est pas une coïncidence, c’est le salaire minimum légal qui affleure. Dans ces métiers, un quart des annonces proposent le minimum et rien d’autre — l’écart se fera sur les horaires, les primes et le contrat, pas sur le taux.

Troisièmement, l’écart P25-P75 varie du simple au sextuple. Il est de 94 € pour l’employé de rayon, de 1 609 € pour le développeur informatique. Autrement dit : dans un cas, votre marge de négociation est nulle quel que soit votre dossier ; dans l’autre, deux candidats au même poste peuvent finir avec 1 600 € d’écart mensuel. C’est cette information-là, plus que la médiane, qui doit décider du temps que vous investissez dans votre négociation d’une offre reçue.

Commerce et grande distribution : le marché le plus resserré de tous

C’est le secteur où le tableau est le plus dur à lire, parce qu’il ne raconte presque rien. Employé de rayon libre-service : 1 867 € au bas du marché, 1 961 € au haut, sur 1 539 offres chiffrées. Quatre-vingt-quatorze euros séparent le quart le moins payé du quart le mieux payé. Vendeur en épicerie : 167 € d’écart sur 1 124 offres. Coiffeur : 231 € sur 289 offres.

Pourquoi la négociation n’a presque pas de prise ici

Un écart de quartiles aussi faible signifie que le taux horaire est aligné sur une grille — convention collective, minimum légal, ou politique d’enseigne — et que le recrutement ne se joue pas sur le salaire. Insister sur cent euros dans un entretien de vendeur, c’est dépenser son capital de négociation là où il ne rapportera rien.

Ce qui se négocie réellement dans ces métiers, en revanche, ne figure dans aucun tableau :

  • Le volume horaire contractuel. Un 35 heures plutôt qu’un 30 heures, c’est 17 % de salaire en plus, bien davantage que tout ce que vous obtiendrez sur le taux.
  • La stabilité du planning. Des horaires fixes contre des horaires tournants changent la vie, et coûtent moins cher à l’employeur qu’une augmentation.
  • Les dimanches et jours fériés, majorés dans la plupart des conventions du commerce : savoir combien de dimanches sont prévus par mois vaut un chiffrage.
  • La prime annuelle et la participation, très inégales d’une enseigne à l’autre pour un poste identique.

Le paradoxe du volume

Ces métiers sont aussi ceux qui recrutent le plus. Notre base contient au 3 septembre 2026 4 980 offres portant l’intitulé « commercial » et 440 pour « coiffeur », contre 228 pour « développeur ». La contrepartie d’un marché ouvert et abondant, c’est un marché où l’employeur n’a pas besoin de surenchérir : il trouvera quelqu’un.

La conséquence pratique est nette. Dans le commerce, votre levier n’est pas la négociation, c’est le nombre de candidatures et la vitesse. Postuler sur trente annonces bien ciblées vous fera trouver mieux que discuter trois heures sur une seule. C’est exactement ce que Matchemploi automatise, et c’est aussi ce qui rend décisive la qualité de votre CV : à salaire identique, ce qui vous départage, c’est d’être lu en premier.

Le cas particulier du commercial

Le commercial auprès d’une clientèle d’entreprises tranche avec le reste du secteur : 2 200 € au P25, 2 500 € en médiane, 3 333 € au P75, soit 1 133 € d’amplitude sur 182 offres chiffrées. C’est l’un des trois métiers les plus ouverts du tableau.

Cette amplitude a une explication simple, et une conséquence à ne pas manquer : sur ces postes, le fixe affiché n’est qu’une partie de la rémunération. Le variable, absent de nos données, représente couramment 20 à 40 % du total selon les entreprises. Un fixe à 2 200 € avec un variable généreux peut valoir davantage qu’un fixe à 2 600 € sans commission. La question à poser en entretien n’est donc pas « combien », mais « quelle est la part fixe, quelle est la part variable, et quel pourcentage de l’équipe atteint réellement ses objectifs ? ». Notre guide des questions à poser au recruteur détaille comment amener cette question sans passer pour méfiant.

Logistique, transport et manutention : le SMIC comme point de départ

Chariot élévateur jaune et noir dans un entrepôt de stockage
Cariste, préparateur de commandes, manutentionnaire : trois métiers, trois médianes qui tiennent dans 75 €. — Photo : Pickawood / Unsplash

Trois métiers, trois fourchettes presque superposables. Préparateur de commandes : 1 868 / 1 975 / 2 059 € sur 852 offres. Manutentionnaire : 1 883 / 1 975 / 2 059 € sur 536 offres. Cariste : 1 927 / 2 050 / 2 059 € sur 606 offres. Les trois médianes tiennent dans 75 €.

Le CACES ne change presque rien au salaire — mais tout à l’embauche

C’est le constat le plus contre-intuitif du secteur. Un cariste, qui doit détenir une autorisation de conduite, gagne en médiane 75 € de plus qu’un manutentionnaire qui n’a aucun certificat à présenter. Rapporté à l’effort de formation, le retour paraît maigre.

Il faut lire ces chiffres autrement. Le certificat ne fait pas monter le salaire, il ouvre l’accès aux offres. Nous comptons 1 927 offres portant l’intitulé « cariste » au 3 septembre 2026, contre 1 371 pour « préparateur de commandes ». Surtout, les offres de cariste sont majoritairement des missions plus longues et des contrats plus stables. Le gain n’est pas dans le taux mensuel : il est dans le nombre de mois travaillés dans l’année.

Le même raisonnement vaut pour le poids lourd. Conducteur de poids lourd : 1 975 / 2 167 / 2 418 € sur 463 offres. La médiane dépasse celle du manutentionnaire de 192 €, et surtout le P75 monte à 2 418 €, contre 2 059 € — le haut du marché est réellement plus haut, ce qui n’est pas le cas en préparation de commandes.

Ce que le plafond à 2 059 € raconte

Trois métiers différents ont exactement le même P75 : 2 059 €. Un tel alignement n’est jamais un hasard statistique. Il correspond à un taux horaire pivot très largement pratiqué dans les entrepôts, autour duquel les annonces se calent. Concrètement : au-delà de ce niveau, il n’y a presque plus d’offres ouvertes en logistique de base.

Pour un candidat, cela donne une règle claire :

  1. En dessous de 1 870 €, l’offre est au plancher du marché ; vérifiez le temps de travail contractuel avant de conclure quoi que ce soit.
  2. Entre 1 900 et 2 050 €, vous êtes dans le marché normal ; la discussion portera sur les primes de nuit, de froid ou d’équipe, pas sur le taux.
  3. Au-delà de 2 100 €, l’offre est au-dessus du marché ouvert : soit elle comporte une contrainte (nuit, 2×8, froid négatif), soit elle exige une qualification. Demandez laquelle, elle expliquera la différence.

Les primes de contrainte sont, dans ce secteur, la vraie variable d’ajustement. Une prime de nuit ou d’équipe peut représenter 150 à 300 € mensuels — davantage que tout ce qui sépare le P25 du P75. Elle ne figure pas dans nos données parce qu’elle ne figure pas dans les annonces, ce qui est précisément la raison de la poser en entretien.

Santé et soin : des fourchettes étroites, un volume considérable

Soignantes en blouse au chevet de patients dans un service hospitalier
2 290 offres d’aide-soignant et 2 148 d’infirmier dans notre base : le soin recrute, et il affiche ses salaires. — Photo : Navy Medicine / Unsplash

Le soin est l’un des rares secteurs où le marché est à la fois abondant et transparent. Aide-soignant : 2 092 / 2 250 / 2 450 € sur 904 offres chiffrées, pour 2 290 offres actives portant cet intitulé. Infirmier en soins généraux : 2 400 / 2 700 / 2 917 € sur 522 offres, pour 2 148 offres actives. Secrétaire médicale : 1 868 / 2 025 / 2 200 € sur 281 offres.

Le diplôme se voit dans le chiffre

Entre aide-soignant et infirmier, l’écart de médiane est de 450 €, soit 20 %. C’est l’un des écarts les plus francs du tableau entre deux métiers exercés côte à côte, dans les mêmes services, souvent dans le même établissement. Il correspond très exactement à la différence de diplôme et de responsabilité.

Cette lisibilité est une bonne nouvelle pour qui envisage une évolution : la question « est-ce que ça vaut le coup de passer le diplôme d’État ? » a ici une réponse chiffrée, et non un ressenti. Elle mérite d’être posée en même temps que celle du financement, que nous traitons dans notre guide de la reconversion professionnelle.

La secrétaire médicale, exception à surveiller

Avec une médiane à 2 025 €, la secrétaire médicale est payée en dessous de l’aide-soignant de 225 €, et son P25 à 1 868 € la range au niveau du plancher observé dans le commerce. C’est un métier qualifié — nos mesures montrent que 98 % des offres de la famille exigent la maîtrise d’un logiciel métier, sur un échantillon de 226 offres — mais dont la rémunération affichée ne reflète pas cette exigence.

Pour une candidate ou un candidat sur ce poste, la conclusion est directe : la compétence logicielle est un prérequis, pas un argument de négociation. Ce qui se négocie, c’est le type de structure — un cabinet de spécialistes, un centre d’imagerie et un hôpital ne paient pas pareil pour le même intitulé — et le périmètre réel du poste, entre accueil pur et gestion administrative complète.

Un secteur où l’affichage du salaire est la norme

Une remarque de méthode, qui a son importance. Dans le soin, la proportion d’offres qui affichent une rémunération est élevée : 904 offres chiffrées pour 2 290 offres d’aide-soignant, 522 pour 2 148 offres d’infirmier. Les fourchettes de ce secteur sont donc parmi les plus fiables du tableau — vous pouvez les citer sans réserve.

À l’inverse, dans les métiers où l’affichage est rare, la fourchette décrit une minorité d’annonces, et probablement pas la mieux payée. C’est la limite qu’il faut garder en tête pour la section suivante.

Bâtiment, industrie et maintenance : là où l’écart se creuse

Deux hommes en tenue de chantier discutent devant un bâtiment en construction
Du menuisier au conducteur de travaux, 1 148 € de médiane séparent deux métiers du même chantier. — Photo : Remy Gieling / Unsplash

C’est le secteur qui contient à la fois l’un des métiers les mieux payés du tableau et plusieurs métiers d’exécution proches du plancher. Conducteur de travaux du bâtiment : 2 750 / 3 333 / 3 781 € sur 238 offres. Technicien de maintenance industrielle : 2 292 / 2 550 / 2 845 € sur 1 031 offres. Électricien de maintenance : 2 094 / 2 342 / 2 667 € sur 351 offres. Plombier sanitaire : 2 059 / 2 200 / 2 500 € sur 101 offres. Menuisier : 1 975 / 2 185 / 2 375 € sur 81 offres, échantillon réduit.

Encadrer paie mieux que produire, et le chiffre le dit

Entre le menuisier et le conducteur de travaux, 1 148 € de médiane. Ce sont deux métiers du même chantier, exercés parfois par la même personne à dix ans d’intervalle. L’écart mesure ce que le marché paie la coordination, la responsabilité budgétaire et la relation client — pas l’habileté technique.

C’est une information de carrière plus que de négociation. Dans le bâtiment, le passage de l’exécution à l’encadrement est le mouvement le plus rentable qu’on puisse faire, davantage que n’importe quelle négociation annuelle. Et il est accessible : nous comptons 275 offres de conducteur de travaux au 3 septembre 2026, un volume modeste mais réel, sur un marché où l’expérience de chantier compte davantage que le diplôme initial.

La maintenance industrielle, le meilleur rapport volume-salaire du tableau

Le technicien de maintenance industrielle mérite d’être regardé de près par quiconque envisage une reconversion technique. Sa médiane à 2 550 € le place au sixième rang de nos vingt-huit métiers, mais avec 1 031 offres chiffrées et 1 353 offres actives portant cet intitulé — c’est-à-dire un volume comparable à celui des métiers du commerce, pour 600 € de plus par mois.

Peu de métiers cumulent ces deux qualités. C’est ce croisement — bien payé et abondant — qu’il faut chercher quand on choisit une formation, et c’est précisément ce qu’une moyenne nationale ne permet jamais de voir.

Le détail qui change la fourchette : la mobilité

Dans ces métiers, une part importante des offres les mieux payées comporte une contrainte de déplacement — grands déplacements, découchés, astreintes. Le supplément ne se lit pas dans le taux mais dans les indemnités, et il peut atteindre plusieurs centaines d’euros par mois. Deux offres à 2 550 € affiché ne valent donc pas la même chose selon que vous rentrez chez vous chaque soir ou une semaine sur deux. Posez la question du régime de déplacement avant de discuter du chiffre : elle recadre toute la conversation.

Bureau, gestion et informatique : les fourchettes les plus larges

Quatre métiers, et le tableau le plus contrasté de tout ce guide. Ingénieur R&D en industrie : 3 167 / 3 571 / 4 083 € sur 282 offres. Développeur informatique : 2 183 / 2 917 / 3 792 € sur 63 offres seulement. Comptable : 2 352 / 2 708 / 3 125 € sur 1 025 offres. Assistant administratif : 1 920 / 2 083 / 2 292 € sur 1 494 offres.

Le comptable, référence la plus solide du tableau

Avec 1 025 offres chiffrées, la fourchette du comptable est l’une des deux mieux étayées de tout ce guide. Sa médiane à 2 708 € et son P75 à 3 125 € décrivent un marché où la négociation a une prise réelle : 773 € séparent le bas du haut.

Ce qui explique cet écart, nous pouvons le mesurer. Sur un échantillon de 1 010 offres de la famille comptable, 91 % exigent explicitement la maîtrise de logiciels comptables. Autrement dit, ce n’est pas la compétence logicielle qui vous distinguera — elle est attendue de tout le monde. Ce qui vous placera dans le quart supérieur, c’est le périmètre : révision de bilan, consolidation, fiscalité, encadrement d’un assistant. Une candidature de comptable qui ne précise pas son périmètre exact laisse le recruteur choisir la fourchette basse par défaut. C’est l’un des points que nous détaillons dans le guide du CV : sur ces métiers, le CV doit chiffrer le périmètre, pas seulement lister les outils.

Le volume aide aussi : 2 811 offres portant l’intitulé « comptable » au 3 septembre 2026. Un marché de cette taille autorise à refuser une offre basse, ce qui est la condition matérielle de toute négociation.

Le développeur, un cas à manier avec prudence

La ligne « développeur informatique » affiche l’amplitude la plus large du tableau — 1 609 € entre P25 et P75 — mais elle repose sur 63 offres chiffrées seulement, et 228 offres actives portant cet intitulé. C’est peu, et il faut dire pourquoi.

Les métiers du développement recrutent massivement hors des canaux publics : cooptation, cabinets spécialisés, plateformes dédiées, approche directe. Ils affichent aussi rarement leur rémunération. La fourchette ci-dessus décrit donc la minorité d’annonces ouvertes qui chiffrent, et rien ne garantit qu’elle représente le marché réel du métier. Nous la publions parce qu’elle est mesurée, avec son avertissement — ne la citez pas en négociation sans la recouper avec des sources propres à votre spécialité et à votre région.

L’assistant administratif, le grand écart entre volume et rémunération

C’est la ligne la mieux documentée du tableau : 1 494 offres chiffrées, pour 1 920 offres actives. Et c’est aussi l’une des plus basses parmi les métiers de bureau, avec une médiane à 2 083 € et un P75 à 2 292 €.

Nos mesures montrent que 96 % des offres de cette famille exigent la maîtrise d’outils bureautiques, sur un échantillon de 1 105 offres. Là encore, l’exigence est universelle : elle ne se négocie pas, elle se présuppose. Le levier est ailleurs, dans la spécialisation — assistanat de direction, gestion, juridique, ressources humaines — chacune ouvrant des fourchettes différentes de celle de l’assistanat généraliste.

Une règle générale pour les métiers de bureau

Plus une compétence est exigée par une large majorité d’offres, moins elle vaut cher. C’est contre-intuitif, et c’est pourtant systématique dans nos données : les compétences présentes dans 90 % et plus des annonces sont des billets d’entrée, jamais des arguments. Ce qui paie, c’est ce que 20 % des offres demandent et que vous savez faire.

Restauration et métiers de bouche : le service et la production séparés par 141 €

Cuisinier : 2 000 / 2 200 / 2 450 € sur 885 offres chiffrées. Serveur en restauration : 1 870 / 2 059 / 2 200 € sur 1 194 offres. Boulanger : 2 018 / 2 200 / 2 436 € sur 343 offres.

Cuisinier et boulanger affichent la même médiane, 2 200 €, à l’euro près. Le serveur est 141 € en dessous. La production paie mieux que le service, mais l’écart est modeste — bien plus modeste que la différence de contraintes horaires.

Ce que les fourchettes ne disent pas de ce secteur

La restauration est le secteur où le salaire affiché s’éloigne le plus du revenu réel, dans les deux sens :

  • Les heures supplémentaires y sont structurelles. Un contrat à 39 heures est courant, et il change la lecture d’un montant mensuel de 10 % environ.
  • Les avantages en nature — repas fournis — comptent pour un montant réel, valorisé sur le bulletin de paie, qui n’apparaît nulle part dans une annonce.
  • Le pourboire, en salle, reste très inégal et jamais chiffré.
  • La coupure, c’est-à-dire l’amplitude de la journée, est le premier sujet de négociation réelle dans ce secteur, avant le taux.

Le volume, lui, est massif : 2 452 offres actives de cuisinier et 2 499 de boulanger au 3 septembre 2026. Le rapport de force n’est pas défavorable au candidat — encore faut-il le savoir avant l’entretien, et notre guide pour parler salaire en entretien explique comment amener ce chiffre sans agressivité.

Le boulanger, un métier de nuit rarement compensé dans l’annonce

Avec 343 offres chiffrées et une médiane identique à celle du cuisinier, le boulanger travaille pourtant dans un régime horaire sans commune mesure. La majoration de nuit, quand elle existe, est prévue par la convention collective et n’apparaît presque jamais dans le libellé de l’annonce. Vérifier l’heure de prise de poste et le régime de majoration appliqué, c’est retrouver plusieurs centaines d’euros qui ne figurent dans aucun de nos chiffres.

Le département compte, mais pas pour tous les métiers

« À Paris, c’est mieux payé » est l’une des idées les plus répandues, et l’une des plus trompeuses. Nos données permettent de la tester métier par métier, en recalculant les mêmes quartiles à l’échelle départementale. Le résultat est net, et il n’est pas celui qu’on attend.

Comptable : la géographie pèse lourd

Voici la médiane du comptable dans huit départements, comparée à la médiane nationale de 2 708 € :

  • Paris (75) : 3 250 € de médiane, sur 66 offres chiffrées — + 542 €, soit 20 % au-dessus du national. Le P75 y monte à 3 750 €.
  • Bouches-du-Rhône (13) : 2 833 €, sur 73 offres — + 125 €.
  • Nord (59) : 2 708 €, sur 25 offres — exactement la médiane nationale.
  • Gironde (33) : 2 667 €, sur 9 offres seulement.
  • Rhône (69) : 2 666 €, sur 80 offres — 42 € sous le national.
  • Haute-Garonne (31) : 2 658 €, sur 20 offres.
  • Loire-Atlantique (44) : 2 625 €, sur 23 offres.
  • Ille-et-Vilaine (35) : 2 250 €, sur 9 offres seulement — prudence, l’échantillon est trop mince pour en tirer une conclusion ferme.

Sur un métier qualifié, l’écart Paris–province est donc réel et important : entre Paris et Rhône, 584 € de médiane, soit près de 7 000 € par an. Encore faut-il le mettre en face du coût du logement, ce que ce tableau ne fait pas.

Préparateur de commandes : la géographie ne pèse rien, et Paris n’est pas en tête

Le même calcul sur un métier d’exécution donne un résultat radicalement différent — et une surprise :

  • Loire-Atlantique (44) : 2 059 € de médiane, sur 31 offres — le meilleur des huit départements testés.
  • Nord (59) : 2 033 €, sur 21 offres.
  • Gironde (33) : 2 029 €, sur 19 offres.
  • Ille-et-Vilaine (35) : 1 984 €, sur 20 offres.
  • Bouches-du-Rhône (13) : 1 975 €, sur 21 offres.
  • Haute-Garonne (31) : 1 955 €, sur 32 offres.
  • Paris (75) : 1 935 €, sur 6 offres seulement — en dessous de la médiane nationale de 1 975 €.
  • Rhône (69) : 1 925 €, sur 35 offres — le plus bas des huit.

Autrement dit : sur ce métier, un préparateur de commandes gagne en médiane 134 € de plus en Loire-Atlantique qu’à Lyon, et Paris se classe septième sur huit. La prime parisienne n’existe pas ici. Elle n’a jamais existé pour les métiers alignés sur le minimum légal : quand le plancher est le même partout, il n’y a rien à majorer.

La règle à retenir

La géographie agit sur le salaire proportionnellement à la marge de négociation du métier. Les deux vont ensemble :

  1. Métier à quartiles serrés (logistique, commerce, service) : la géographie ne change presque rien. Déménager pour le salaire est une mauvaise raison ; déménager pour le volume d’offres et la stabilité du contrat en est une bonne.
  2. Métier à quartiles écartés (comptabilité, ingénierie, encadrement, commerce B2B) : la géographie change tout, et il faut mesurer sa fourchette locale avant de discuter. Une candidature parisienne se négocie sur des chiffres parisiens.

Un dernier avertissement de méthode : les échantillons départementaux sont, par construction, beaucoup plus petits que les nationaux. Neuf offres pour le comptable en Gironde, six pour le préparateur de commandes à Paris. Ces lignes-là indiquent une tendance, pas une vérité. Le simulateur de salaire de Matchemploi affiche systématiquement l’effectif derrière chaque fourchette locale, et bascule sur la fourchette nationale quand le département n’a pas assez d’offres pour être crédible — c’est ce qui s’est produit pour l’aide-soignant en Gironde, en Loire-Atlantique et dans le Nord, où nous n’avons pas publié de chiffre local faute de matière suffisante.

Ce que votre fourchette change concrètement dans une candidature

Deux personnes se serrent la main au-dessus d'une table en bois
Un chiffre sourcé se prononce calmement ; un chiffre inventé se défend, ce qui n’est pas la même conversation. — Photo : Rock Staar / Unsplash

Une fourchette ne sert à rien tant qu’elle reste dans un onglet. Voici comment elle se transforme en euros, à chacune des trois étapes où le sujet apparaît.

Avant de postuler : trier, et fixer son plancher

La première utilité d’une fourchette est défensive. Elle vous évite de perdre trois semaines sur un processus dont vous refuserez l’offre finale.

  1. Notez votre plancher avant de commencer, en vous appuyant sur le P25 de votre métier. En dessous, l’offre est au bas du marché : ce n’est pas rédhibitoire, mais elle doit compenser ailleurs — proximité, horaires, formation, perspective.
  2. Repérez les annonces qui n’affichent rien. Elles ne sont pas à fuir, mais elles imposent de poser la question dès le premier échange téléphonique. Une entreprise qui refuse de donner une fourchette à ce stade vous renseigne déjà.
  3. Comparez à unité constante. Une annonce en annuel sur 13 mois, une autre en horaire : ramenez tout au brut mensuel avant de les classer, sans quoi vous éliminerez la mieux payée.
  4. Regardez le volume, pas seulement le montant. Un métier à 2 000 € avec 1 500 offres ouvertes vaut mieux, en pratique, qu’un métier à 2 300 € avec 60 offres — vous serez en poste plus vite, et vous pourrez refuser.

Pendant l’entretien : une phrase, pas un débat

La question tombe presque toujours, et presque toujours trop tôt. L’erreur classique est d’y répondre par un chiffre nu, qui vous engage sans rien vous rapporter. La fourchette permet de répondre autrement : en donnant une plage sourcée, dont vous placez le bas au niveau de la médiane du marché.

Concrètement, pour un comptable en Île-de-France :

« Sur les offres de comptable publiées ces derniers mois à Paris, la moitié se situe au-dessus de 3 250 € brut mensuel. Compte tenu du périmètre que vous décrivez — révision et fiscalité — je me situe entre 3 200 et 3 500 €. Cela correspond-il à ce que vous aviez prévu pour ce poste ? »

Trois choses se passent dans cette phrase. Vous ancrez sur un chiffre vérifiable plutôt que sur une envie. Vous reliez votre prétention au périmètre du poste, ce qui rend la discussion technique et non affective. Et vous rendez la main par une question, ce qui oblige votre interlocuteur à se positionner à son tour. La méthode complète, avec les formulations à éviter, est détaillée dans notre article sur l’annonce de ses prétentions salariales.

Ce qu’il ne faut pas faire de ce tableau

Ne l’ouvrez pas devant le recruteur, et ne dites jamais « selon Matchemploi ». Une source citée nommément invite à la contester. Dites « sur les offres publiées », qui est exact, vérifiable par tout le monde, et beaucoup plus difficile à balayer.

Après l’offre : le seul moment où la négociation existe vraiment

Tant que l’offre n’est pas écrite, vous discutez d’une hypothèse. À partir du moment où elle l’est, votre position a changé du tout au tout : l’entreprise a choisi, elle a écarté les autres candidats, et recommencer lui coûte des semaines. C’est là, et uniquement là, que quelques centaines d’euros se gagnent.

Trois leviers, dans cet ordre d’efficacité :

  • Le périmètre. « Vous mentionnez l’encadrement d’un alternant, ce dont nous n’avions pas parlé. » Élargir le poste justifie d’élargir la rémunération, sans jamais parler d’argent frontalement.
  • Le décalage avec le marché. Si l’offre est sous le P25 de votre métier dans votre département, dites-le, calmement, une seule fois.
  • Ce qui n’est pas le salaire. Jours de télétravail, date de la première révision salariale, prise en charge d’une formation certifiante : ce sont les concessions les moins coûteuses pour l’employeur, donc les plus faciles à obtenir.

Notre guide de la négociation d’une offre reçue détaille les enchaînements de phrases, y compris le cas — fréquent — où l’entreprise répond que la grille interne ne permet pas de bouger.

Sept erreurs qui coûtent de l’argent, et comment les éviter

Elles reviennent dans presque tous les parcours, et chacune se corrige en une phrase.

1. Comparer un brut à un net sans s’en apercevoir

L’erreur la plus banale et la plus coûteuse. Vous gagnez 1 700 € net, on vous propose 2 100 € : vous croyez gagner 400 €, vous en perdez peut-être. Tous les chiffres de ce guide sont des bruts. Faites la conversion avant toute réaction, avec notre convertisseur brut-net, et notez le résultat à côté de chaque offre que vous suivez.

2. Annoncer un chiffre en premier, sans l’avoir préparé

Le premier chiffre prononcé fixe le cadre de toute la discussion. S’il sort de nulle part, il sera bas — c’est mécanique, on se protège du ridicule en visant prudent. Préparez une plage, écrivez-la, et prononcez-la sans hésitation. Une fourchette dite avec assurance vaut deux cents euros de plus qu’un chiffre dit avec un point d’interrogation dans la voix.

3. Prendre la moyenne d’un métier pour son salaire d’embauche

Les moyennes publiées mélangent les débutants et les vingt ans d’ancienneté. Notre P25 décrit bien mieux ce qu’un premier poste propose, et notre P75 ce qu’un profil confirmé peut viser. Un débutant qui exige la médiane sans expérience se disqualifie ; un profil expérimenté qui accepte le P25 se dévalorise pour des années, puisque toutes ses augmentations futures partiront de là.

4. Négocier avant d’avoir l’offre

Avant l’offre, vous êtes un candidat parmi plusieurs et chaque exigence est un risque. Après l’offre, vous êtes le candidat retenu et chaque exigence est une contrariété. Toute la négociation tient dans ce déplacement. Répondez donc à la question du salaire en entretien — l’éluder agace — mais gardez la discussion fine pour après.

5. Oublier ce qui n’est pas sur la fiche de paie

Une offre à 2 300 € avec treizième mois, tickets restaurant et cinq jours de télétravail vaut davantage qu’une offre à 2 450 € sans rien. Faites la somme avant de comparer :

  • le treizième mois, qui ajoute environ 8 % au brut annuel ;
  • la participation et l’intéressement, très variables mais parfois considérables ;
  • les tickets restaurant, dont la part patronale représente couramment plusieurs dizaines d’euros par mois ;
  • la mutuelle, prise en charge à 50 % au minimum mais souvent bien davantage ;
  • le télétravail, qui a une valeur en transport et en temps, à chiffrer une fois pour toutes.

6. Ignorer le volume d’offres de son métier

Votre pouvoir de négociation ne vient pas de votre argumentaire, il vient de votre capacité à dire non. Et cette capacité vient du nombre d’offres ouvertes sur votre métier. Un comptable, avec 2 811 offres actives dans notre base, peut se permettre de refuser. Un conducteur de travaux, avec 275, doit peser davantage. Regardez ce chiffre avant d’entrer dans la salle : il vaut mieux qu’une technique de négociation.

7. Traiter le salaire comme un sujet séparé du reste de la candidature

Le montant qu’on vous propose est décidé bien avant l’entretien de négociation. Il se joue dans la manière dont votre CV décrit votre périmètre, dans ce que votre lettre de motivation démontre de votre compréhension du poste, et dans la façon dont vous répondez aux questions de fond pendant l’entretien d’embauche. Un candidat perçu comme « celui qu’il nous faut » reçoit une offre haute ; un candidat perçu comme « acceptable » reçoit le P25. Aucune phrase de négociation ne rattrape cet écart-là.

Les quatre chiffres à garder en tête

Si vous ne retenez rien d’autre de ce guide, retenez ceci :

  • La médiane de votre métier, qui est le chiffre à prononcer.
  • Le P25, qui est votre plancher de refus.
  • L’écart P25-P75, qui vous dit si la négociation vaut la peine d’être menée.
  • Le nombre d’offres ouvertes sur votre métier, qui mesure votre capacité à dire non.

Vos questions sur le salaire par métier

Les chiffres de ce guide sont-ils du brut ou du net ?

Du brut mensuel, temps plein, systématiquement. Les annonces d’emploi publient des bruts, et c’est en brut que se rédige un contrat de travail. Pour obtenir l’ordre de grandeur du net, comptez un peu plus des trois quarts pour un salarié non cadre du privé, un peu moins pour un cadre — mais le calcul exact dépend de votre statut et de votre mutuelle. Notre convertisseur brut-net le fait en quelques secondes.

Pourquoi mon métier n’apparaît-il pas dans le tableau ?

Deux raisons possibles. Soit il compte moins de cinq offres avec salaire chiffré sur les six derniers mois, et nous refusons de publier une fourchette qui n’aurait aucune valeur. Soit il existe dans nos données sous un libellé du référentiel ROME différent de celui auquel vous pensez. Le simulateur de salaire de Matchemploi rapproche automatiquement votre intitulé du bon code métier et vous donne la fourchette correspondante, y compris pour les métiers absents de ce tableau.

Ces fourchettes valent-elles pour un débutant ?

Pas telles quelles. Elles décrivent l’ensemble des offres, tous niveaux d’expérience confondus. Pour un premier poste, le P25 est la référence réaliste, et la médiane un objectif à deux ou trois ans. L’exception concerne les métiers à quartiles très serrés — logistique, commerce, service — où le débutant et le confirmé sont payés presque pareil : c’est d’ailleurs la principale raison d’en sortir.

Puis-je citer ces chiffres face à un recruteur ?

Oui, à condition de dire d’où ils viennent : « sur les offres publiées ces derniers mois pour ce métier ». C’est exact et vérifiable par n’importe qui. Évitez en revanche de citer une source nommément, qui invite à la contester, et évitez de citer une fourchette départementale reposant sur moins d’une vingtaine d’offres : un recruteur du secteur connaît son marché et repérera la fragilité de l’échantillon.

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